RIMES OPULENTES
Œil de femme, flambeau luisant dans la nuit sombre, Etang de volupté joyeuse où l'ennui sombre.
Feu qui vas réchauffer même un infirme amant, Es- tu rouge brasier, es-tu claire étincelle. Astre capricieux, dont la flamme éteint celle De tout ce qui, là-haut, scintille au firmament?
Corps de femme, chef-d'œuvre étourdissant, unique, Qui ravis tous les yeux sans robe et sans tunique Mieux qu'avec un splendide et riche ajustement. Chaste corps qu'un baiser flétrit, fleur éphémère. Etre vierge par Dieu, qui par l'homme es fait mère. Qui rends le sage fou, pour qui le juste ment ;
Cœur de femme, grimoire, effrayant palimpseste Où sur un amour pur se greffe un pâle inceste. Où, molosses perdant la piste, à cous pelés.
Le dévoûment fidèle et le traître adultère.
Si lâche que l'amant lui-même a dû le taire.
Se mordant, se léchant, croupissent accouplés ;
Créature sans nom, mystérieuse, étrange, O femme qui, démon, sais aussi bien être ange Sans que, pas même toi, personne Tait prévu, N*es-tu pas, tour à tour et plus souvent ensemble, Le bien suprême et, pour dire ce qu'il m'en semble, I^ pire mal que Thomme après la lèpre ait Wi ?
Ironies. 22