‹ Muse et musetteChapitre 14 sur 133 · CLAIRS MATINS DE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

CLAIRS MATINS DE PRINTEMPS

A M, Léo Lucas,

Clairs matins de printemps, où, seuls, dans la campagne. Sur le chemin montant, bordé d'ormes tordus.

Nous bâtissions, tous deux, des châteaux en Espagne, Qu*à mesure peuplaient nos rêves confondus ;

Clairs matins de printemps, ruisselants de lumière. Où le soleil d'avril ouvrait son œil ardent, Où le vent tournoyait alerte, où la poussière Nous poudrait à frimas et craquait sous la dent ;

Où mille fleurs riaient tout au long de la route ; Où, comme des enfants aux plaisirs ingénus.

Nous ignorions l'ennui, la tristesse et le doute, Clairs matins de printemps, qu'êtes- vous devenus?

Vous avez disparu, comme l'oiseau s'envole.

Et vous avez fini, puisque tout doit finir; Mais nous gardons, mêlé, dans notre cœur frivole, Un éternel regret à votre souvenir.

14 Muse et Muselle,

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