LILAS FLEURIS
A Madame Léon Garnier,
Comme on les voit avec plaisir Ces premiers lilas de l'année !
On croit presque en eux ressaisir I^ jeunesse à jamais fanée.
Ces arbustes adolescents Ont plus de fleurs que de feuillage :
Leurs parfums semblent caressants, Et leur murmure est un langage.
Ils me disent le temps passé,
Le temps heureux où l'on soupire,
Où d'espoir on est oppressé,
Où l'amour est l'air qu'on respire.
Ils me montrent, éclair soudain, Les murs gris tapissés de lierre.
L'étroit et paisible jardin, La vieille maison familière.
Muse ei M use lie.
Us me foQl voir, regrel lointain, La coquette et jalouse amie, Que j'aimais d'uu cœur enfantin.
Pour toujours, hélas! endormie.
Comme on les voit avec plaisir, Ces premiers lilas de l'année !
On croit presque en eux re La jeunesse â jamais fanée.
Paysages et Souvenirs, 13