‹ Muse et musetteChapitre 20 sur 133 · LE MIROIR FELE · texte numérisé non relu

LE MIROIR FELE

C'est un méchant miroir, qu'elle prit, au hasard, Dans la case à cinq sous de Dieu sait quel bazar, Un matin qu'à mon bras elle parlait pour Sèvres, Des fleurs au sein, la joie au cœur, le rire aux lèvres.

Je le revois, poudreux, de buée obscurci Et d'un coup du mouchoir odorant éclaîrci, S'illuminer soudain, radieuse fenêtre Qu'un baiser du soleil fait frémir et pénètre ;

Et là-bas, tout au fond du verre merveilleux Balafré d'une mince et coupante fêlure, Sous l'ébène assombri de l'ample chevelure.

Je vois toujours fleurir le bleuet de ses yeux.

Depuis lors sont venus les jours mélancoliques ;

L'ouragan a sévi sur nos cœurs dévastés ;

I dans le cher trésor des troublantes reliques Tardé le miroir où ses veux sont restés.

Paysages et Souvenirs, 29

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