A U BOIS DE LA CHAISE
A M. Alfred Bonsergeni.
Entre les pins, les chênes verts
De la sombre et large avenue
Nous sondons, les yeux grands ouverts,
L*obscurité trop tôt venue.
Sous un ciel qui mêle Téiain, Le plomb, la cendre, avec la suie.
Nous tâtons d'un pied incertain Le sol détrempé par la pluie.
Tandis qu'on se sent retenir Dans un bourbier d'épaisse crotte, Derrière nous voici venir A grand bruit un cheval qui trotte :
On ne voit rien ; mais on entend Souffler la bête qui s'ébroue.
Et la voiture, cahotant.
Nous frôle presque de la roue.
Ed pressant le pas, on atteint, Au hcxA du bois, la triste plaine Où ciel, terre, tout semble éteint, Sans un soupir, sans une haleine.
C'est à peine si l'on perçoit.
Dans le silence taciturne, Ce cri, le plus navrant qui soit.
Que gémit un oiseau nocturne.
Et le phare de l'île d'Yeu, De sa lueur intermittente Jette un muet reproche à Dieu Qui fait la nuit inquiétante.
Paysages et Souvenirs, 4.3