LA MAISON DES AÏEUX
A M, Ed, Pélicier.
La maison des aïeux me reste toujours chère.
Je n'y pénètre pas sans un secret frisson Et, dans ce lourd silence où ne veille aucun son, Je crois entendre encor le rire de ma mère.
Oui, c'est votre maison, douce vie éphémère.
Voix dont la mort a mis sur mon cœur un glaçon, Ame qui ne connus ni haine, ni soupçon, Bouche qui n'eus jamais une parole amère.
Le logis est étroit; mais mon œil voit plus loin.
vJne souvenance est tapie en chaque coin ;
Tout est vivant pour moi dans la demeure morte ;
C'est ici que je prends l'avenir en pitié, Et si, par aventure, on murait cette porte, . Mon univers serait amoindri de moitié.