‹ Muse et musetteChapitre 31 sur 133 · CREPUSCULE · texte numérisé non relu

CREPUSCULE

A M. Henri Porée.

Au versant du coteau Tobscuriié s'allonge.

Une lueur révèle à peine le lavoir.

Dans le gris crépuscule au magique pouvoir,

Les peupliers trembleurs prennent des airs de songe.

J*ai cueilli dans les bois la goimelle et Toronge Jusqu'à rheure où mes yeux ont cessé de les voir, Et le grand cheval blanc qu'on mène à l'abreuvoir A mon aspect s'ébroue et tire sur sa longe.

Plains-moi , vieux CQmpagnon ! tous deux nous sommes las. J'ai peur d'une ombre aussi, peur de moi-même, hélas! Mais toi, tu dormiras d'un bon sommeil sans rêve;

Et moi, hanté, traqué par les morts que j'aimais, Je devrai, sous le poids dont l'angoisse me grève. Dormir rongé d'un mal qui ne s'endort jamais.

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