NUIT DE NOËL
■■ l'inerte manteau de neige qui la couvre, ense, la campagne éblouissante s'ouvre :
i qu'une lueur s'échappe d'un miroir, clarté d'en bas monte vers le ciel noir.
laine s'arrondit, se courbe en larges ondes; lirait d'une mer figée, aux eaux profondes.
e linceul ouaté le son s'étouffe et meurt; demeni, au lointain, s'élève une rumeur ;
lar cette rumeur qui croît et croit sans cesse, troupe s'annonce avant qu'elle jwraisse :
hommes s'avançant au milieu du chemin; des femmes, menant des enfants par la main.
: sont, confiants en la sainte promesse, érmîers du hameau qui s'en vont à la messe ant le froid, le gel, le vent, l'obscurité, i sont partis ; l'aïeul, perclus, est seul resté.
Paysages et Souvenirs.
Ils chantent en marchant. Eux passés, tout retombe Au silence funèbre et morne de la tombe, Et sur la plaine blanche on n'entend d'autre bruit Que la cloche sonnant la messe de minuit.
LA NUIT D'UKRAINE (Imité de Gogol.)
oaissez-vous la nuit d'Ukraine?
vous ne la connaissez pas !
templez sa splendeur sereine ; ;îel, la lune rit tout bas.
'oùte céleste, élargie, ant son immensité, eille de sa léthargie, le et respire en liberté ;
i terre, sous sa caresse, geule d'un reilel luisant, vent frais, chargé de mollesse, îc, vaguement oppressant,
fable et tendre cantique, file d'amour au loin semé.
uit divine, nuit magique!
fums de l'éther embaumé!
Paysages et Souvenirs.
Immobiles et recueillies, Les forêts, avec majesté, Jettent sur les souches vieillies Un long voile d'obscurité.
Les étangs, en nappes tranquilles,
Aux murs vert sombre des roseaux Encloseut les senteurs subtiles Et le froid morne de leurs eaux.
Les guigniers se penchent, avides, Auprès des syringas en fleur, Poussant leurs racines timides Vers cette source de fraîcheur,
Et, balbutiant, leur feuillage Parfois semble se mutiner Contre le baiser qu'au passage Le vent de nuit vient lui donner.
La campagne s'est endoruiîe; Mais, là-haut, tout est triomphant.
L'âme s'ouvre, mal affermie, Aux douces visions d'argent,
El leur image tyraanique Se reflète et s'imprime au fond.
O nuit divine, nuit magiqic!
Comme le silence est profond 1
Muse et Muselle.
Soudain, voici que tout s'anime, Les bois, les steppes, les étangs; Le rossignol, chanteur sublime, Répand ses trilles éclatants;
I-a lune au sein du ciel s'arrête Et semble l'avoir écouté ; Le village, assis sur la crête, Sommeille en son rfive enchanté;
Et de plus en plus resplendissent Aux flancs escarpés du coteau Les cabanes qui se blottissent Comme, au soir, un frileux troupeau ;
Et toujours plus éblouissantes Trouant l'ombre de leurs clartés, Les murailles, au bord des sentes, Tracent des sillons argentés.
Plus de chansons. Tout est silence.
Les bonnes gens dorment déjà.
Quelque étroite fenêtre lance A peine un rayon çà et là.
Au seuil, une famille traîne I-a fin de son tardif repas.
Connaissez -vous la nuit d'Ukraine?
Non ! vous ne la connaissez pas I