‹ Muse et musetteChapitre 41 sur 133 · LE VIEUX CHRIST · texte numérisé non relu

LE VIEUX CHRIST

A Madame Dauvert,

Au tournant du chemin où la lande commence, Dans la gloire du ciel que le couchant rougit, Un vieux Christ, étendant ses bras maigres, surgit, Tordu par un élan d'indicible souffrance.

Plus bas, un poteau neuf droit comme un mât s'élance. Ridant le soir profond dont Tombre s'élargit. Les souples fils d'acier, lorsque le vent mugit. Vont caresser le flanc percé d'un coup de lance.

Télégraphe de fer et toi, Christ de granit.

Adversaires qu'ici le Siècle réunit.

De ce rapprochement que devons-nous attendre?

Je voudrais contempler l'avenir sans effroi : Donne-nous, donne-nous. Christ, si tu peux m'entendrc, Beaucoup plus de science ou beaucoup plus de foi !

Page 1