‹ Muse et musetteChapitre 63 sur 133 · VITA DOLOROSA · texte numérisé non relu

VITA DOLOROSA

A M. Ame dé e Béesau,

Oui, la vie est mauvaise, et, si quelque bonheur Interrompt, par instant, la trame douloureuse, Une maille échappée au tissu de malheur Ne fait pas que l'étoffe en semble moins rugueuse.

Et ces bonheurs furtifs, comme on les a payés ! Espoirs toujours déçus, amour mêlé de haiiîe, Irréparables deuils, pleurs jamais essuyés, Tout Tépouvantement de la souffrance humaine.

Ericor si de l'enfant on conservait la foi ; Mais l'homme n'y voit plus qu'une fade ironie. Ne savoir à qui dire : « Ayez pitié de moi ! » C'est traîner dans la nuit une lente agonie.

Eh bien ! si je n'ai pas celle simple vertu Qui produit les héros, qui conduit les apôtres. Devoir, viens relever mon courage abattu :

Sursum cordai Tâchons de vivre pour les autres !

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