‹ Muse et musetteChapitre 67 sur 133 · LE SOUPÇON · texte numérisé non relu

LE SOUPÇON

Oh ! qu'il nous en faut peu pour perdre confiance ! Une ceillade surprise, un sourire indiscret, Deux mots où noire esprit veut voir un sens secret ; Deux mots, c'est trop; un seul; moins encore, un silence;

Un geste sans portée, une étreinte à la danse

Oui vous perce le cœur comme un coup de fleuret ;

Une lettre qui traine, aperçue à regret,

El dont on n'a pas lu le mot qui la commence ;

Nuage insaisissable! Et pourtant, c'est fini.

Ainsi que se répand sur un terrain uni

Sans secousse et sans bruit une couche de lave,

Tel l'odieux soupçon rampe, nous envahit.

S'infiltre en notre sang, venin que rien ne lave. Et que seule la mort de notre amour trahit.

Muse et Muselle.

Page 1