SACRIFICE VAIN
Toi qui pour nous sauver mourus sur le Calvaire, Une sueur de sang à ton front désolé, Agneau sans tache aux niains des bourreaux immolé, Espérant désarmer la loi d'un Dieu sévère,
On ne t'adore plus ; à peine on te révère.
Parmi ce peuple ingrat qui se rue, affolé, Bientôt tu resteras sur ta croix isolé, Sans que dans ta doctrine un homme persévère.
Il nous faut désormais des dogmes démontrés.
Regarde ! Les marchands au temple sont rentrés. Le chrétien vainement croit, pleure, prie, espère.
Le mal a-t-il cessé de flageller le bien ?
Pauvre rêveur, qui n'as pas su fléchir ton Ton supplice et la mort ne nous servent d
Quelle inspiration te dicte une morale,
Homme, qui n'en vois point d'exemple autour de toi,
Et dans tout l'univers ne trouves d'autre loi
Que la nature aveugle et la force brutale ?
Poursuis stoïquement une lutte inégale Contre un monde qui n'a ni scrupule, ni foi, Parmi des animaux dont le plus fort est roi, Ayant, proche ou lointain, pour but là mort fatale.
Tu seras brisé, soit ! Mais dans ton juste orgueil
Tu pourras mépriser qui te jette au cercueil
" dire ; « Tout roseau que je suis, moi, je pense.
dans mon dur chemin, je tombe à chaque pas, Justice est la cime où tend ma conscience :
;u me l'a révélée et ne l'observe pas. »
Miettes de Philosophie, 125