‹ Muse et musetteChapitre 71 sur 133 · IMPUISSANCE · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE

Mes morts, c'est quand je suis tout seul que je les vois. Ils sont là, sans que nul ait entr*ouvert la porte : Par où sont-ils entrés ? Je ne sais ; il n'importe. Leurs yeux sont sans regards et leurs lèvres sans voix ;

Mais, bien qu'ils soient venus et mainte et mainte fois, Qu'ils se rangent toujours, toujours de même sorte, Mon angoisse à leur V4ie est toujours aussi forte Et le pareil frisson parcourt mes membres froids.

Que voulez-vous de moi, pâle et spectrale engeance? Serait-ce de la Mort qu'il faut tirer vengeance ? Hélas ! je ne puis rien contre votre assassin.

La victime à frapper dès demain, c'est moi-même Et contre le poignard dirigé sur mon sein.

Ridicule plastron, je n'ai que le blasphème !

Muse et Muselte.

Page 1