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REVE BLEU

A Charles Ogier.

Le ciel était bleu clair ; la terre était bleu sombre;

Sous les nuages bleus dont l'horizon s'encombre

La lune insinuait sa bleuâtre clarté :

Ma mie aux purs contours, sur le fond bleu des arbres

Dessinait son profil, du bleu pâli des marbres;

La pervenche enviait ^on œil bleu velouté.

Au loin, la mer plissait sa nappe bleuissante, Où l'indigo marquait d'une ride puissante Les courants emportés vers un obscur exil.

Une haleine montait, brume, vapeur, fumée :

Dispersée en flocons, dans la brise embaumée Elle se résolvait en parfum bleu, subdl.

Une musique bleue, éclairant le silence,

Versait parmi l'éther une harmonie immense,

Dont les ondes charmaient mon oreille et mes yeux.

Mon âme dans l'azur flottait, comme perdue,

Et je sentais passer en ma tête éperdue,

Sylphes et papillons, l'essaim des rêves bleus.

Muse et Muselle.

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