‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 102 sur 188 · LE PRÉLUDE · texte numérisé non relu

LE PRÉLUDE

Amis, il faut chanter encore Pour charmer le temps qui s'enfuit; On voit toujours poindre une aurore Au sein de la plus sombre nuit.

De mes pipeaux, de ma vieille musette Mon souffle grêle a su tirer des sons, £t maintes fois, embouchant la trompette, J'oi fait vibrer la foule à mes chansons; Lassé déjà, si mon souffle moins rude Enfle au hasard Tun ou l'autre instrument, Mes chanls, mûris par Tàge ou par l'étude, Respireront le même sentûnent.

Amis, il faut chanter encore Pour charmer le temps qui s'enfuit ; On voit toujours poindre une aurore Au seul de la plus sombre nuit.

Amis, chantons de l'aube à la nuit brune Les dons sacrés que le ciel nous départ, Et réclamons d'une voix importune Pour que chacun bientôt en ait sa pari.

Ennoblissons le travail qui féconde Le sol aride, et fait, dans Tatelier, De la matière éclore un nouveau monde Par les sueurs et l'art de l'ouvrier.

Amis, il faut chanter encore Pour charmer le temps qui s'enfuit; On voit toujours poindre une aurore Au sein de la plus sombre nuit.

Amis, chantons la science inventive Qui d'heure en heure active le progrès,

m ^ CUiNTS ET POÉSIES

Et dit : Je veux que tout le inonde yive»

De la nature éventant les secrets.

Gloire au savant peaché sur sa cornue.

Dont le calcul pèse chaque élément, Et dont Toeil d aigle au-dessus de la nue Sait découvrir les lois du mouvement.

Amis, ri faut chanter encore Pour charmer le temps qui s'enfuit ; On voit toujours poindre une aurore Au seîn de la plus sombre nuit.

Rendons honneur à Fartiste sincère

Dont le crayon» la lyre ou le ciseau,

Dans riurmonie et la pure lumière

Font entrevoir à Thomme un jour plus beau;

Qui du réel à Tidéal promène

Sa fantaisie aux longues ailes d'or.

Et, sur sa trace, éblouis nous entraine

Du chaume obscur aux clartés du Thabor.

Amis, il faut chaater ^core Pour charmer le temps qui s'enfuit; On voit toujours poindre une aurore Au sein de la plus sombre naît.

Amis, thaoïtons la moderne alcbimie Qui change en or le sable et le rocber, Et des humains fait une race amie.

Les condamnant tous à se rapprocher.

En attendant cette calme victoire, Qui ne devrait coûter aucun trépas, Chantons le vin tant qu^s n'oM pas à boM^ €hantoAs Tamour tant qu'ils «le s'ttOMiit pas.

Amis^ il faut dianter encore Pour charmer le temps qui s'enfuit ; On voit toujours poindre une aurore Au sein de la plus sombre nuit.

Chantons la terre, et de notre planète.

Dont les contours désormais sont connus^ Prophétisons la prochaine conquête Par le progrés et les dieux inconiUKu.

Trombe de feu, la Tapeur nous disperse Aux lieux déserts comme des grains de blé; L'Agriculture appelle le Gooimevce ; L'Art fleurira quand tout sera peup^.

Amis, il faut chanter encore Pour charmer le temps qui s'enfuît; On voit toujours poindre une aurore Au sein de h plus sombre nuit,

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