‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 108 sur 188 · SOUVENIRS D'ALORS · texte numérisé non relu

SOUVENIRS D'ALORS

€ Alors c'était le bon temps, § Répète le vieil adage.

'Qui donc a vu le printemps Sans neige, pluie et nuage?

En Bohème comme ailleurs Tout n'était pas rose et fraise; J'en connais, et des meilleurs.

Qui soutiendraient cette thèse.

Alors, vers la fin du mois, Quand on avait fait ripaille, Le second jour, aux abois, On restait sans sou ni maille.

En jeûnant on soupirait Après deux jours de bien-être; Le liseron bleu mourait Desséché sur la fenêtre.

Alors quelques faux amis, A notre table commune Fraternellement admis, Y nourrissaient la rancune; Us faisaient beaucoup de bruit, Aux autres barraient Vissue...

Où grelotte leur esprit Et Itur vanké déçue.

Alors ce qui semblait bon L'est encor : qui donc en doute?

Un bohémien barbon Déjà rangé par la gouttt?, Gens à qui demain fait peur.

Tremblant devant une ride:

A la porte de leur cœur Ne flippez pas, il est vide.

A l'angle fleuri des toits Que plus d'un rapin dessine, 11 niche comme autrefois Pierrot et sa Colombine.

Il sort de maint soupirail, Entr'ouvert avant Taurore, Comme un parfum de travail :

La France étudie encore.

Allons» blasé que je hais !

Mets de l'argent dans ta poche; Porte sur ces deux étais Un poulet froid cuit en broche; De ton vin non frelaté Débouche mainte bouteille, Et fais boire à ta santé Cette jeunesse qui veille.

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