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LE SIÈGE DE SEBASTOPOL

D'Odessa la blanche fumée.

Et de Bomarsund le canon*

Au gré de notre double armée Ont-ils vengé Sinope? Non.

De TAlma la claire victoire Dlnkerman le sanglant succès, N'étaient que des arrhes de gloire:

Ce n'était pas encore assez.

L'aigle double tient bon sur cette citadelle. Et Ton a beau Tirer sur cet oiseau; n crie encore et bat toujours de Taile :

Soldats, il faut Viser plus haut !

Nous avions débarqué sans peine, Et nous pensions, d*un tour de main.

Après avoir battu la plaine, Battre les forts le lendemain.

Ces tours de granit imprenables N'ont d'accès que par le ciel bleu ; Nos soldats, quoique vulnérables, Sont des salamandres au feu.

L*aigle double tient bon sur cette citadelle, Et Ton a beau Tirer sur cet oiseau; U crie encore et bat toujours de Faile : Soldats, il faUt Viser plus haut !

Dans ces lamentables batailles.

Quel mutuel acharnement !

Les Russes comme des murailles Résistaient au bombardement.

Les zouaves comme des chèvres Escaladaient les défilés :

Les ennemis comme des lièvres Fuyaient, une fois ébranlés.

L'algie double tient bon sur cette citadelle, Et Ton a beau

Tirer sur cet oiseau ; Il crie encore et bat toujours de Taile :

Soldats il faut Viser plus haut 1 ,

Embourbés jusqu'à la ceinture, Dans la pluie et le froid des nuits.

Les fléaux, la température, Sont nos plus cruels ennemis.

De nos chasseurs la carabine Ajuste à plus de mille pas, Et leur calcul certain devine Le but que leur œil ne voit pas.

Uaigle double tient bon sur cette citadelle.

Et Ton a beau Tirer sur cet oiseau ; 11 crie encore et bat toujours de Taile :

Soldats, il faut Viser plus haut!

Vers les murs la tranchée avance ; On les enjamberait d'un saut :

On bride notre impatience ; Que le clairon sonne Tassautl Prenons le chemin de la bombe, Qui s*élève au-dessus du sol.

Trace une courbe immense et tombe Sur les toits de Sébastopol.

L'aigle double tient bon sur cette citadelle^ Et Ton a beau Tirer sur cet oiseau ; Il crie encore et bat toujours de Taile :

Soldats, il faut Viser plus haut !

Des deux parts quelle boucherie !

Que de morts! 11 faut en finir; Mais non pas sans que la Patrie

soi CHANTS ET POÉSIES

N'ait, au retour, à nous bénir :

Du droit des gens elle est jalouse ; Appuyons-le de nos fusils, Et songeons qu'en dix-huit cent douze Un autre czar nous a trahis'.

L'aigle double tient bon sur cette citadelle, Et Ton a beau Tirer sur cet oiseau; U crie encore et bat toujours de Taile :

Soldats, il faut Viser plus haut !

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