‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 142 sur 188 · LE GAI GARÇON · texte numérisé non relu

LE GAI GARÇON

Le gai garçon

Vit sans façon,

Et dans sa chance

A confiance ; Pour la gaieté, pour la yaillance, Chacun veut être à l'unisson

Du gai garçon.

Est-il de race noble ou gueuse,

Vient-il des Gaulois ou des Francs?

Son pied grand et sa main rugueuse

Attestent de rudes parents.

L'épaule est largement voûtée ;

Les yeux sont bleus comme un beau ciel;

Par le travail originel

La race est pétrie et domptée.

Le gai garçon

Vit sans façon,

Et dans sa chance

A confiance; Pour la gaieté, pour la vaillance, Chacun veut être à Tunisson

Du gai garçon.

Ses bras nus laissent voir leurs yeines; Son front où i^che la sueur, Porte la trace de ses peines, Qui n'ont jamais aigri son cœur.

La peau semble une rude écorce.

Les cheveux sont comme du crin ;

Jarrets de fer, cuisses d'airain.

Cou de taureau, telle est sa force.

Le gai garçon

Vit sans façon,

Et dans sa chance

A confiance ; Pour la gaieté, pour la vaillance Chacun veut être à Tunisson

Du gai garçon.

Avec tout cela bonne mine.

Bien découplé, sain et dispos, Il fut pris par la discipline, Et, sept ans, suivit les drapeaux.

L'Afrique a bronzé son visage Et fait ses mains de couleur d'or :

II en est revenu plus fort.

Mais pas plus fier, car il est sage.

Le gai garçon

Vit sans façon.

Et dans sa chance

A confiance ; Pour la gaieté, pour la vaillance, Chacun veut être à l'unisson

Du gai garçon.

Mûrissent les champs, la prairie!

Il va moissonner ou faucher !

Sa main, à la poudre aguerrie, Mine et fait sauter le rocher.

Dans les travaux noirs des usines On ne connaît pas son égal ; Il dirige comme un cheval La vapeur, âme des macliines.

Le gai garçon Vit sans façon, Et dans sa chance

A confiance ; Pour la gaieté, pour la vaillance, Chacun veut être à Vunisson

Du gai garçon.

Or, sa vertu n'est point morose ; Il cueillerait avec plaisir Une fleur sur le sein de Rose, Si Rose y voulait consentir ; Et, si le ciel un jour s'ennuie De faire pleuvoir, et qu'enfin Il tombe, après de Veau, du vin.

Il se vengera de la pluie.

Le gai garçon

Vit sans façon,

Et dans sa chance

A confiance ; Pour la gaieté, pour la vaillance, Chacun veut être à funisson

Du gai garçon.

Si Rose à sa flamme s'allume, Il va faire des nourrissons.

Forts à soulever une enclume, Dès le berceau, de gais garçons; S'il fait des filles, je suppose Que chacune se mariera.

Et pour d'autres continuera Ce que pour elle aura fait Rose.

Le gai garçon

Vit sans façon,

Et dans sa chance

A confiance ; Pour la gaieté, pour la vaillance.

Chacun veut être à funisson

Du gai garçon.

DE PIEURE DUPONT. S'ÎS

Page 1