LE GIVRE
Est-il maîtresse de maison plus sémillante et plus coquette Que Nature en toute saison !
Tous les reflets de Fhorizon Étincellent dans sa toilette.
Hier, elle avait de son écrin Tiré ses diamants sans nombre,, Dont les nôtres ne sont que Tombrc;.
G*était un faste souverain ; Les arbres, où brillait le givre, Étaient des lustres constellés.
Les gazons étaient emperlés De diamants qui semblaient vivre.
Est-il maîtresse de maison
Plus sémillante et plus coquette Que Nature en toute saison !
Tous les reflets de Thorizon Étincellent dans sa toilette.
Le. ciel semblait de satin bleu, La forêt était argentée ; Eu plein jour, la route lactée Semblait resplendir au milieu.
Neige, cygnes, hermines blanches N'ont pas cet éclat; le soleil, D*un rayon rose ou bien vermeil.
Empourprait ou dorait les branches.
Est-il maîtresse de maison Plus sémillante et plus coquette Que Nature en toute saison I Tous les reflets de Thorizon Étincellent dans sa toilette.
C'est le printemps blanc de Thiver, Au lieu d'être de la peinture, C'est une divine sculpture Ciselée et brodée à Tair.
Roitelets, verdiers, alouettes.
Ébattez-vous, prenez Tessor!
Vous ne trouverez pas la mort Devant ces miroirs à facettes.
Est-il maîtresse de maison Plus sémillante et plus coquette Que Nature en toute saison!
Tous les reflets de Thorizon Étincellent dans sa toilette.
Belle dame permettez-moi»
De colorer mes rêveries A Téclat de vos pierreries; Prenez en pitié mon émoi !
A rinstant où je m'extasie U survient un brusque dégel ;
Vite, vite, remonte au ciel.
Fuis la boue, ô ma poésie !
Est-il maîtresse de maison Plus sémillante et plus coquette Que Nature en toute saison !
Tous les reflets de l'horizon Ëtincellent dans sa toilette.