‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 155 sur 188 · LE GIVRE · texte numérisé non relu

LE GIVRE

Est-il maîtresse de maison plus sémillante et plus coquette Que Nature en toute saison !

Tous les reflets de Fhorizon Étincellent dans sa toilette.

Hier, elle avait de son écrin Tiré ses diamants sans nombre,, Dont les nôtres ne sont que Tombrc;.

G*était un faste souverain ; Les arbres, où brillait le givre, Étaient des lustres constellés.

Les gazons étaient emperlés De diamants qui semblaient vivre.

Est-il maîtresse de maison

Plus sémillante et plus coquette Que Nature en toute saison !

Tous les reflets de Thorizon Étincellent dans sa toilette.

Le. ciel semblait de satin bleu, La forêt était argentée ; Eu plein jour, la route lactée Semblait resplendir au milieu.

Neige, cygnes, hermines blanches N'ont pas cet éclat; le soleil, D*un rayon rose ou bien vermeil.

Empourprait ou dorait les branches.

Est-il maîtresse de maison Plus sémillante et plus coquette Que Nature en toute saison I Tous les reflets de Thorizon Étincellent dans sa toilette.

C'est le printemps blanc de Thiver, Au lieu d'être de la peinture, C'est une divine sculpture Ciselée et brodée à Tair.

Roitelets, verdiers, alouettes.

Ébattez-vous, prenez Tessor!

Vous ne trouverez pas la mort Devant ces miroirs à facettes.

Est-il maîtresse de maison Plus sémillante et plus coquette Que Nature en toute saison!

Tous les reflets de Thorizon Étincellent dans sa toilette.

Belle dame permettez-moi»

De colorer mes rêveries A Téclat de vos pierreries; Prenez en pitié mon émoi !

A rinstant où je m'extasie U survient un brusque dégel ;

Vite, vite, remonte au ciel.

Fuis la boue, ô ma poésie !

Est-il maîtresse de maison Plus sémillante et plus coquette Que Nature en toute saison !

Tous les reflets de l'horizon Ëtincellent dans sa toilette.

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