‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 184 sur 188 · A CERTAINES ABEILLES · texte numérisé non relu

A CERTAINES ABEILLES

Aux flancs blonds delà ruche, ioniques abeilles, Dés que le nniel ouvré pend en grappes vermeilles, Suc embaumé des fleurs, esprits des végétaux. Comme aux rochers sculptés le prisme des cristaux, Lés paysans unis, ardents à vous poursuivre, S'arment de longs bâtons et d'instruments de cuivre. Ne perdez pas sur eux vos frêles aiguillons; Leur main s'est endurcie à creuser les sillons, Et, pour parer vos coups, leur front hàlé se voile, D'une bure grossière ou d'un lambeau de toile; Laissez-leur le champ libre et fuyez sans combats ! Les chênes des forêts vous ouvrent leurs grands bras; Dans leur tronc caverneux et sous leur verte voùIb Que votre liqueur d'or se forme goutte à goutte! Nul ne vous troublera dans vos labeurs secrets, Si ce n'est le rêveur errant dans les forêts, Ou quelque blonde enfant qui, de soif épuisée, lin savourera mieux l'odorante rosée.

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