MON AÏEULE
Je ne crois pas qu'elle soit morte, Ma belle aïeule aux cheveux blancs; Chaque soir, elle ouvre ma porte, Et vers mon Mt vient à pas lents :
Seulement je la vois plus belle ; L'azur vif est moins radieux Que son visage et sa prunelle Ravivés aux splendeurs des deux.
Mon aïeule au jeune sourire, Des deux lointains votre séjour, A notre ciel revenez luire Pour y consoler mon amour.
Quand le coq matinal vous chasse Et vous renvoie à votre lieu, Nul autre ne -tient votre place A votre table, au coin du feu.
Absente je vous vois encore.
J'entends encore où vous étiez Sous vos doigts le fuseau sonore.
Le rouet bruyant sous vos pieds.
Mon aïeule au jeune sourire, Des cieux lointains votre séjour, A notre ciel revenez luire Tour y consoler mon an;our.
Quand mon âme penche inquiète Entre deux projets hasardeux.
J'attends votre signe de tôle Avant d'oser dire ; Je veux!
Aucune erreur ne vous égare, Victorieuse de la mort, Et vos yeux doivent être un phare Qui mène toujouis à bon port.
Mon aïeule au jeune sourire, Des cieux lointains voire séjour, A notre ciel revenez luire Tour y consoler mon amour.
Quand ma trame sera tisstîe, Quand mon œil jettera mourant Les vestiges d'une pensée A l'eau du terrestre torrent, Au seuil de la vie éternelle, Mon aïeule, je vous attends; C'est vous qui pousserez mon aile A franchir les bornes du temps.
Mon aïeule au jeune sourire.
Des cieux lointains votre séjour, A notre ciel revenez luire, Pour y consoler mon amour.