‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 43 sur 188 · LES FERS A CHEVAL · texte numérisé non relu

LES FERS A CHEVAL

L'h(frloge au plus prochain nuage Envoyait les coups de minuit»

Car tout dormait dans le village.

Hors la bête et Toiseau de nuit ; Un bruit sourd traverse Tespace, Puis un homme rouge, à cheval, Court droit à la fenêtre basse De la maison du maréchal.

Ohé, bonhomme ! (Bis.) Demain s'achèvera ton somme ; Saute du Ht, bon gré, mal gré.

Mon cheval blanc est déferré.

Entends- tu? la maison s*ébranlc,

Dit la femme, en le réveillant,

A Thomme qui court au chambranle.

Et rouvre à grand^peine en bâillant.

Vite, du charbon à la forge.

Dit le nocturne cavalier,

Ou mon ongle imprime à ta gorge

L'empreinte d'un rouge collier.

Ohé, bonhomme! (Bû.) Demain s'achèvera ton somme ; Il faut forger, bon gré, mal gré, Mon cheval blanc est déferré.

Sous le soufflet la forge éclate, Comme un soupirail de l'enfer.

Et dans la fournaise écarlate Le forgeron plonge son fer.

Ce n'est pas du fer qu'on attache Au sabot de mon blanc coursier, Dit riiôte en frisant sa moustache, Ni de Targent, ni de l'acier.

Ohé, bonhomme! (Bis.) Demain s'achèvera ton somme ; 11 faut forger, bon gré, mal gré, Mon cheval blanc est déferré.

C'est de Tor qu'il vous faut, mon maître ?

Dit l'artisan mort de frayeur ; Car dans l'ombre il voyait paraître Les lourds tromblons de monseigneur .

Hélas ! je ne suis point orfèvre.

Et ne vends point de ce métal.

Monseigneur se pinça la lèvre D'un air inquisitorial.

Ohé, bonhomme! (Bis,) Demain s'achèvera ton somme; 11 faut forger, bon gré, mal gré, Mon cheval blanc est déferré.

N'as-tu pas d'un vieil héritage Conservé trente louis d'or?

Et vos bijoux de mariage.

Ne les gardez-vous pas encor?

Le malheureux crut voir le diable Sous le masque du cavalier, Et, comme on sèmerait du sable.

Jeta son or dans le brasier.

Ohèi, bonhomme ! (Bis.) Demain s'achèvera ton somme ; 11 faut forger, bon gré, mal gré, Mon cheval blanc est déferré.

Sitôt la besogne fmie, L'homme rouge monte à cheval,

lie CHANTS ET POÉSipS

Et riposte par rironie

Aux prières du maréchal.

Tu veux le prix de ta ferrure?

Entends sonner sur le pavé \ Les sabots d'or de ma monture,

I Et dis si tu n'as point rêvé.

Adieu, bonhomme, (Bis.} i Jusqu'à Faube reprends ton somme ;

On n'arrête pas à son gré Un cheval blanc si bien ferré.

Le forgeron bondit sur place, Brandît ses marteaux dans les affs ; Il a, pour découvrir leur trace,.

D'un pied de loup marqué les fers ; Il veut ameuter une troupe Et chasser Thomme rouge aux bois :

i S'il avait mis ta femme en croupe, c Que ferais-tu ? » dit une voix.

Allons, mon homme, (Bis.) Il faut achever notre somme ; On n'arrête pas à son gré Un cheval blanc si bien ferré.

LA JEUNE BÉPUBLiaUE

Paris est sorti du tombeau En renversant la sentinelle, Radieux comme un Christ nouveau ; Répandons la bonne nouvelle.

Bouches de fer, canons, fusils, Tambours, clairons, bouches de cuivre, Apprenez à tous les pays Comment la France a pu revivre-

BB PIERRE DUPONT. itl

Peuples, venez de toute part, Voir la République nouvelle, Douce comme une tourterelle, Formidable comme un rempart ; Frères, serrons-nous autour d'elle.

Hautaine, et les pieds dans le sang, Nous l'avions vue aux barricades Hurler avec un mâle accent Le cantique des fusillades ; Victorieuse, on Ta pu voir Essuyer le sang de sa pique Et nous railler au devoir En nous montrant Tolive antique.

Peuples, venez de toute part Voir la République nouvelle.

Douce comme une tourterelle, Formidable comme un rempart ; Frères,. serrons-nous autour d'elle.

Que ferons-nous au lendemain?

Les nations sont dans Tattente ; Si nous succombons en chemin, .

Vabîme est au Jt)as de la pente.

Au lieu d'enterrer ton argent.

Riche, en proie aux fausses alarmes.

Va plutôt dire à l'indigent :

Formons ensemble un faisceau d'armes !

Peuples, venez de toute part Voir la République nouvelle, Douce comme une tourterelle.

Formidable comme un rempart; Frères, serrons-nous autour d'elle.

Que l'argent circule à plein bord Gonune un fleuve qui vivifie, Que dans un fraternel accord Le riche au pauvre se confie !

L'artisan donnant ses labeurs, Que le penseur donne ses veilles ; Nous ferons des sucs les meilleurs Le miel des humaines abeilles.

Peuples, venez de toute part Voir la République nouvelle, Douce comme une tourterelle, Formidable comme un rempart; Frères, serrons-nous autour d'elle.

Défrichons marais et vallons.

Reboisons les chauves montagnes !

Peuplons aussi de nos colons

L'Afrique et ses riches campagnes.

L'abondance ruissellera

Gomme un fleuve dans une plaine,

Et la liberté soufflera

Dans nos poumons à pleine haleine.

Peuples, venez de toute part Voir la République nouvelle, Douce comme une tourterelle. Formidable comme un rempart ; Frères, serrons-nous autour d'elle.

Pauvres filles qui périssiez Comme les roses sous le givre.

Et vous tous qu'on foulait aux pieds, La République vous délivre.

Tes autres flls seront jaloux, République notre mère, Si tu ne donnes comme à nous  tous les peuples la lumière.

Peuples, venez de toute part Voir la République nouvelle.

Douce comme une tourterelle, Formidable comme un rempart ; Frères, senous-nous autour d'elle.

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