‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 50 sur 188 · CHANT FUNÈBRE · texte numérisé non relu

CHANT FUNÈBRE

La France est pâle comme un lis, Le front ceint de grises verveines ; Dans le massacre de ses fils, Son sang a coulé de ses veines.

Ses genoux se sont affaissés Dans une longue défaillance.

Niobé des temps passés, Viens voir la douleur de la France!

Offrons à Dieu le sang des morts De cette terrible hétacombe, Et que la haine et les discords Soient scellés dans leur tombe!

Quatre jours pleins et quatre nuits, Uange des rouges funérailles»

Ouvrant ses ailes sur Paris, A soufflé le vent des batailles. .

Les fusils, le canon brutal, Vomissaient à flots sur la ville Une fournaise de métal

Qu*attisait la guerre civile.

Offrons à Dieu le sang des morts De cette terrible hétacombe, Et que la haine et les discords Soient scellés dans leur tombe !

Combien de morts et de mourants,

Insurgés, soldats, capitaines!

Que d'hommes forts dans tous les rangs!

Peut-il rester encor des haines?

Le pasteur, tendant l'olivier,

D'une balle est atteint lui-même :

m CHANTS ET POÉSIB»

fl Oh ! que 'mon sang soit le dernier ! »

Dit-il à son heure suprême.

Offrons à Dieu le sang des morts De cette terrible hétacombe, Et que la hame et les discords Soient scellés dans leur tombe !

La faim aux quartiers populeux Est une horrible conseillère ; Le lion, que brûlent ses feux.

Rugit et quitte sa tanière.

Un peu d'or dans Tombre semé.

Un lambeau de pourpre qui brille, Font sortir tout un peuple armé Quand le pain manque à la famille.

Offrons à Dieu le sang des morts De cette terrible hétacombe, Et que la haine et les discords Soient scellés dans leur tombe t

Ce n'est pas sans avoir saigné Que notre capitale est sauve ; Grâce au canon Tordre a régné»

On a traqué la béte fauve.

La mort a souillé Teau des puits, Des ruisseaux et de la rivière.

On n*a fait que peupler depuis Les cachots et le cimetière.

Offrons à Dieu le sang des morts De cette terrible hétacombe, Et que la haine et les discords Soient scellés dans leur tombe !

Il ne resté, après ce grand detlil^ D'autre profit de là bataille Que des frères dans le cercueil Et des prisonniers sur la paille.

République au front d'airain !

Ta justice doit être lasse ; Au nom du peuple souverain»

Pour la première fois» fais grâce ^

Offrons à Dieu le sang des morte De cette terrible hétacombe, Et que la haine et les discords Soient scellés dans leiH* tombe!

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