UNE NOIT
Dans les prés nous allions chaque soit Regarder se lever Tétoile, Et, ce soir, ma paupière se voile ; Je t'attends sans espoir :
ma pensée ! ma fiancée I
Sous le bouleau, ' Dont la feuille tremble, Nous demeurions si longtemps ensemble, Sous le bouleau, Auprès de Teau. ,
Les troupeaux s'en vont à l'abreuvoir, Le berger poursuit la bergère; Seul errant sur la noire bruyère, Je t'attends sans espoir :
ma pensée !
ma fiancée !
Sur nos amours, belle cruelle !
Le soir discret étendait son aile.
Sur nos amours, Hélas ! trop courts.
i:8 CHANTS ET POÉSIES
L'Angclus a tinté, viens l'asseoir; Le grillon sur la plaine crie, Sa chanson berçait ma rêverie :
• Viens combler mon espoir.
Quand vient minuit.
Heure où Tamour veille.
Des rossignols la voix qui s'éveille Charme la nuit, Quand vient minuit.
Mon regard cherche en vain ton œil noir, Ma main, ta chevelure blonde, beauté perfide comme Tonde !
Je t'attends sans espoir :
ma pensée !
ma fiancée!
Plus de serments,
A Thèure où la lune
Dore ou blanchit la colline brune,
Plus de serments,
De mots charmants.
douceur ! ô divin nonchaloir, Que troublait seulement Taurore, Ma beauté t'en souvient-il encore?
Tu fais mon désespoir ; ma pensée !
ma fiancée !
Nous revenions, Ijorsque Taube en fête Nous envoyait ses cris d'alouette Et ses rayons.
Nous révenions.
DE PIERRE DUPONT. i29