‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 57 sur 188 · ENTRÉE AU CAVEAU · texte numérisé non relu

ENTRÉE AU CAVEAU

Maître Adam, que mon grand-père Appelle encor son patron, Je te choisis pour compère ; Fais-moi boire au biberon.

Apprends-moi bien la science De boire mon vin sans eau.

Et que dans un mois ma panse Soit large comme un tonneau.

Je veux, dans la confrérie De nos illustres buveurs.

Avoir la trogne fleurie Pour mériter leurs faveurs.

Je laisse à d'autres la gloire Qui tenaille le cerveau :

Car, avant tout, c'est pour boiro Que je descends au caveau.

Demain je fais une vente De mes livres, en plein vent;

Je ne yeux sur ma soupente Ni rimaiileur ni savant.

J'excepte de la bagarre Tout rimeur buveur et fier Qui s'est raillé du Ténare, Qui se raille de Tenfer.

Des écus de la recette Je n'irai pas m'amuser A remplir une cassette ; Je veux d'abord me griser.

Et puis je cours en Bourgogne, Choisir aux meilleurs coteaux De ces vins qui, sans vergogne, Grisaient Tabbé de Giteaux.

Ah ! sortons de dessous terre, Mes bons amis du Caveau, Et fondons un monastère, Un monastère nouveau !

Le temps est à la prêtrise ; Prenons les petits collets, Et que chez nous on se grise Comme au temps de Rabelais !

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