A M. THÉODORE L
Aux bords où la Saône tranquille S'unit au Rhône mugissant.
Dans le bruit d'une grande ville Se perdait le timide accent D'une enfant pauvre et délaissée Qui s'en allait marchant pieds nus, Et dont la paupière abaissée Retenait des pleurs inconnus.
Or un jour, la tête en délire (Le délire suit la douleur^^
Elle partit avec sa lyre, En la cachant bien sur son cœur; Car, si ses doigts blancs ou la brise La faisaient vibrer au hasard, Elle s'interronapait, surprise*, Et craignait un méchant regard.
Pour ses chansons toujours plaintives
La Seine resta sans échos :
La Saône et Témail de ses rives,
Le Rhône et l'azur de ses flots
Lui revinrent à la pensée ;
Leur souvenir la fit pleurer.
Car la saison était passée
De les voir et de s'y mirer i
Il fallait qu'une main amie.
Plus forte, la prît par la main,
La secouât tout endormie
Et la mît dans le vrai chemin,
Qu'un bon guide, un de ceux qu'on aime,
Et que rien ne peut rebuter,
La fît chanter devant ceux même
Qui refusaient de l'écouter.
Vous savez comment sur sa route Le Ciel un jour lui fit trouver Cet ami qui jamais ne doute.
Et, ce qu'elle n'osait rêver, Deux rivières au flot tranquille, Dont les échos furent puissants, Et jusque vers la grande ville Portèrent ses faibles accents.
Ruisseaux que, dans nos prooienades.
Nous aimions tant à côtoyer I En écoutant les sérénades Des oiseaux au chant familier; En voyant se pencher les mûres Qui se reflétaient dans leur eaa,
DE PIERRE DUPONT. iVj
Nous mêlions à leurs doux mumrares Le nom d'fiégésippe Mofean !