‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 65 sur 188 · L'HOSPITALITE · texte numérisé non relu

L'HOSPITALITE

A UArANB D*^

IT es-tu que la déesse antique Vivante en un marbre sculpté, Vertu pieuse et domestique Qu'on nomme riiospitalité?

Tu m'apparais sous une image Qui parle mieux à mon regard :

C'est, en un riant paysage, Une hôtesse bonne et sans art.

Eh! bonjour, madame Thôtesseî Du logis tirez les verrous.

— « Sur le seuil laissez la tristesse, • Et venez, vous êtes chez vous. »

Sa maison est Thôlellerie Qui d'enseigne n'a pas besoin ; L^avenue est verte et fleurie, Son parfum l'annonce de loin.

Son escalier de pierre grise Est doux au pas de Tétranger, Qui sent au passage une brise De chèvrefeuille et d'oranger.

Eh! bonjour, madame l'hôtesse!

Du logis tirez les verrous.

— a Sur le seuil laissez la tristesse, i Et venez, vous êtes chez tous« »

Si Tappétit vous sollicite, Entrez ! votre couvert est rais ; La table n'est point si petite Qu'on n'y reçoive ses aims.

Le dressoir chargé de vaisselle Excite un curieux coup d'œil ; Le vin rit, la nappe étincelle :

Il faut céder à cet accueil.

Eh! bonjour, madame l'hôtesse!

Du logis tirez les verrous.

— « Sur le seuil laissez la tristesse, « Et venez, vous êtes chez vous, t

L'hôtesse à manger vous invite,

L'hôte joyeux sert d'écbanson,

Et souvent le dîner s'acquitte

Avec une simple chanson.

Il faut ouïr, au choc des verres,

Ces accords sans diapason

Où s'épanchent les coeurs sincères

A faire trembler la maison.

Eh ! bonjour, madame Thè^esse ! Du logis tirez tes verrous.

— « Sur le seuil laissez la tristesse.

DE PIEBRE DUPONT. ili

• Et venez, vous êtes chez vous. »

Voici la clef de la cellule :

Un lit de moine vous attend ; Du crépuscule au crépuscule ' On dort, le rossignol chantant.

A Faube, un doux bruit vous éveille.

Concert de sons et de couleurs, De pinson, de bouvreuil, d'abeille.

Dans le feuillage et dans les fleurs.

Eh! bonjour, madame ThOtesse!

Du logis tirez les verrous.

— i Sur le seutl laissez la tristesse, f Et venez, vous êtes chez vous. »

Rien ne vous manque, ni Teau pure.

Ni la-toile fraîche Tété,

M tous les soins qu'on se figure

En rêvant d*hosj^lité.

Oh ! la Providence fidèle

Protégera votre fojfer !

On dit que le nid d'hirondelle

Rénit le toit hospitalier.

Adieu donc, madame Thètessel Du logis poussez les verrous ; Sur le seuil je vois la tristesse Quand il faut quitter de chez vous*

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