‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 66 sur 188 · LE CHAUFFEUR DE LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

LE CHAUFFEUR DE LOCOMOTIVE

Donne Tavoine 4 ton cheval!

Sellé, bridé, siffle! et qu'on marche!

Au galop, sur le pont, sons l'ard».

Tranche montagne, plaine et val ; Aucun cheval n'est ton rival.

La braise flambe en tes prunelles Et tu reluis comme un miroir.

As-tu des pieds, asrtu des ailes, Ma locomotive au flanc noir?

Voyez ondoyer sa crinière, Entendez son hennissement ; Son galop est un roulement D'artillerie et de tonnerre.

Donne Tavoine à ton cheval !

Sellé, bridé, siffle I et qu^on marche Au galop, sur le pont, sous Tarclic, Tranche montagne, plaine et val ; Aucun cheval n'est ton rival.

Jadis on chargeait d'une troupe Le dos large des éléphants; Je traîne tout un monde en croupe D'hommes, de femmes et d'enfanls.

D'après une vieille croyance, Il me semble être Lucifer, Qui menait les gens en enfer - En levant Tarchet de la danse.

Donne Tavoine à ton cheval !

Sellé, bridé, siffle! et qu'on marche! Au galop, sur le pont, sous l'arche.

Tranche montagne, plaine et val ; Aucun cheval n'est ton rival.

Je tiens mon grappin de chauffage.

Gomme sa barre un vieux forban, En regardant le paysage Se dérouler comme un ruban.

Ah ! c'est une bien grande ivresse De fendre l'air, comme un oiseau.

Avec du chprbûji et de l'eau

Mes bras noirs font cette vitesse.

Donne Tavoine à ton cheval î Sellé, bridé, siffle! et qu'on marche!

Au galop, sur le pont, sous Tarche Tranche montagne, plaine et val ; Aucun elle val n est ton rival.

De la chose la plus commune On peut tirer un grand parti ; Longtemps ce moyen de fortune Au fond de Tàtre s'est blotti.

Chacun voyait dans sa marmite La vapeur bouillonner et fuir, Sans songer à son avenir ; Dieu ! que notre vue est petite 1

Donne Tavoîne à ton cheval !

Sellé, bridé, siffle! et qu'on marche!

Au galop, sur le pont, sous Tarche, Tranche montagne, plaine et val; Aucun cheval n'est ton rival.

Les routiers et les aubergistes.

En voyant ces nouveaux chemins, Font des mines longues et tristes :

Nous leur ôtons le pain des mains.

Avec la vapeur, patience!

La terre se défrichera, Fructiflera, s'enrichira, Partout circulera l'aisance.

Donne l'avoine à ton cheval !

Sellé, bridé, siffle ! et qu'on marche 1 Au galop, sur le pont, sous Tarche, Tranche mpntagne, plaine et val ; Aucun cheval n'est ton rival.

Allons, 6 ma locomotive!

Tes rails nous mènent au progrés,

ISl CHANTS ET POÉSIES

La génération hâtive Appelle des ombrages frais.

Plus de frontières, plus de guerre!

Nous scxnmes las du sang versé.

Peuples ! de tout le mal passé Buvons Toubli dans un grand verre.

Donne Tavoine à ton cheval !

Sellé, bridé, siffle! et qu*on marche!

Au galop, sur le pont, sous l'arche.

Tranche montagne, plaine et val ; Aucun cheval n'est ton rival.

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