JE VEUX BATTRE LES NOIX
Vite, ma ménagère,
Ma bouteille et mon verre Et mon bonnet de molleton !
Ce soir je veux tout battre,
Faire le diable à quatre; Jeanne, apporte-moi mon bâton.
Jeanne, prends garde aux coups de gaule l Déjà tu fais ta grosse épaule :
Gare au chignon, gare à tes doigts.
Je veux battre les noix.
L'année est bonne à pendre, On ne pourra rien vendre.
On fera bien comme on pourra, S'il arrive une guerre !...
Jusqu'aux pommes de terre Qui sont mortes du choléra !
Jeanne, prends garde aux coups de gaule!
Déjà tu fais la grosse épaule :
Gare au chignon, gare à tes- doigts, Je veux battre les noix.
On a peur d'un déluge :
Moi, j'aurais un refuge Contre le jugement dernier.
Quand il pleuvait à verse,
J'ai mis ma tonne en perce, Et monté la cave au grenier.
Jeanne, prends garde aux coups de gaule ' Déjà tu fais la grosse épaule :
Gare au chignon, gare à tes doigts, Je veux battre les nôLx. |
La campagne est en perte,
Notre vendange est verte...
Elle est plus verte qu'un lézard
Qui dans un pré s'ennuie
Après un mois de pluie.
Jeanne! le vin est en relard.
Jeanne, prends garde aux coups de gaule * Déjà tu fais ta grosse épaule :
Gare au chignon, gare à tes doigts, Je veux battre les noix.
J'aurai la langue noire,
Je ne pourrai pas boire Tout mon content de ma boisson ;
Jeanne ! reste tranquille,
A ta quenouille file, Et ne me fais pas de garçon.
DE l'IEUUE DUPONT. tSÎ
Jeanne, prends garde aux coups de gaule!
Déjà tu fais ta grosse épaule :
Gare au chignon, gare à tes doigts, Je veux battre les noix.
BARCAROLLC
Voguons, ma belle amie,
Sur Teau bleue endormie,
Sans souci de ramer. (Bis,)
Laissons pendre les rames
Et s'en aller nos âmes
Sur la pente d'cimer. (Bis.)
Suivons cette pente si douce.
Sans regarder la rive fuir :
L'amour agite Taile et pousse Notre barque avec un soupir.
Voguons, ma belle amie,
Suc Teau bleue endormie,
Sans souci de ramer. {Bis.)
Laissons pendre les rames
Et s'en aller nos âmes
Sur la pente d'aimer. (Bis.)
J'ai peur quand votre corps se penche Pour cueillir Tiris à fleur d'eau ; Voyez-vous ! sous 1 écume blanche.
Dans le sable, dort un tombeau.
Voguons, ma belle amie.
Sur Teau bleue endormie,
Sans souci de ramer. (Bis.)
Laissons pendre les rames
Et s'en aller nos âmes
Sur la pente d'aimer. (Dis,)
m GBANTS ET POÉSIES
Ail ! suspendez, sans pkis rien dire, A mon cou vos deux bras nacrés ; Et, si notre barque chavire»
Nous ne serons pas séparés.
Voguons, ma belle amie,
Sur Teau bleue endormie,
Sans souci de ramer. {Bis.)
Laissons pendre les rames
Et s'en aller nos âmes
Sur la pente d'aimer. (Bis.)
Nos corps unis, sur le rivage, Dans l'herbe s'enseveliront.
Et dans quelque rose sauvage Nos deux âmes refleuriront.
Voguons, ma belle amie,
Sur l'eau bleue endormie,
Sans souci de ramer. [Bis.)
Laissons pendre les rames
Et s'en aller nos âmes
Sur la pente d'aimer. (Bis.)