‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 69 sur 188 · LE COCHON · texte numérisé non relu

LE COCHON

Entrons-nous dans cette chaumière D'où sort la bonne odeur du lard?

La boupe aux choux à sa manière Fait les doux yeux : prenons-y part.

Le pauvre que nourrit sa graisse Du cochon ne parle point mal.

Laissons l'orgueil et la paresse Insulter ce noble animal.

Saint Antoine, ouvre tes oreilles.

DE PlERIiB DUPOMT. 159

Retrousse un peu ton capuchon .^ Nous allqns chanter les merveilles Et les qualités du cociion.

Enfant bâtard de la nature, Le cochon fut le sanglier ; Mais rhomme a remplacé la huro Par le groin plus familier.

II a de sa vieille origine Gardé Toeil vif, le pied fourchu; Au poids du ventre et de Téchino On reconnaît un roi déchu.

Saint Antoine, ouvre tes oreilles, Retrousse un peu ton capuchon .

Nous allons chanter les merveîUes Et les qualités du cochon.

Le cochon n'est pas difficile :

Dans le fumier, dans les égoutS;i La nourriture la plus vile Ne répugne point à ses goûts.

Mais, en philosophe, il préfère Le gland» le fruit du châtaignier, La pomme de terre et Teau claire A la fange, à Teau du bourbi^.

Saint Antoine, ouvre tes oreilles.

Retrousse un peu ton capuchon :

Nous allons chanter les merveilles Et les qualités du cochon.

Un bon porcher Jamais ne laisse Les verrats pourrir sous leurs toits :

En pleine terre il les engraisse Et dans les vieux fournils des bois.

Bans la grande mare il les baigne, Les frotte avec du romarin :

Quand ils sont malades, les saigne, Et leur fait boire un coup de vin.

iCO COANTS ET POÉSIES

Saint Antoine, ouvre tes oreilles.

Retrousse un peu ton capuchon :

Nous allons chanter les merveilles Et les qualités du cochon.

Le porc flaire la truffe noire Gomme un chien d'arrêt la perdrix ; D'aucuns sont vendus à la foire»

Les autres salés au logis.

Sur les feux de réjouissance Comme on saute à califourchon Dans nos vieux villages de France, Quand on saigne et brûle un cochon !

Saint Antoine, ouvre tes oreilles, Retrousse un peu ton capuchon :

Nous allons chanter les merveilles Et les qualités du cochon.

C'est toujours aux veilles de fêle Qu'on tue un beau périgourdin ; Il est bon des pieds à la tête :

D'abord on mange le boudin.

Si la fête est carillonnée, On décroche le vieux jambon.

Qui s'enfume à la cheminée ; Le vin blanc le fait trouver bon

Saint Antoine, ouvre tes oreilles, Retrousse un peu ton capuchon:

Nous allons chanter les merveilles Et les qualités du cochon.

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