‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 83 sur 188 · LA CHANSON DE JEANNETTE · texte numérisé non relu

LA CHANSON DE JEANNETTE

Sitôt que je me lève Je songe à mon ami; C'est la fin de mon rêve, Ciir je rêvais de lui.

C'est pour lui que je peigrio Et Irise mes cheveux, Et, lorsqu'il me dédaigne.

Il fait pleurer mes yeux.

Ah ! Dieu sait que je l'aime Invariablement !

Et j'en suis toute blême D'y penser seulement.

Pour lui seul je m'habille, Propre comme un bijou, Et c'est pour lui que brille La croix d'or à mon cou ;

198 CHANTS ET fOÉSIfiS

G*e$t pour lai que j'achète De jolis labliers, Et que, les jours de fêle.

Je mets de beaux sottliorsw

Ah ! Dieu sait que je Tainie Invariablement t Et j'en suis toute blême D'y penser seulement.

uoique étant du Tillage^ Il a si bon mainlien, Un si riant visage, Un si bel entretien !

Sa main carrée et rousse Au besoin vous défend; Mais il a la voix douce Et les yeux d'un enfant.

Ah ! Dieu ^ait que Taime fetariabtement 1 Et j'en suis toute blême D'y penser seulement.

Que ne suis-je hirondelle Ou bien martin-pêcheur.

Pour guetter s'il m'appelle Dans Tombre et la fraîcheur 1 Quand il rêde et s'arrête Autour de son moulin, Pense-t*il à Jeannette Lorsque Jeannette est loin?

Ah ! Dieu sait que je l'aime Invariablement 1 Et j'en suis toute blême D'y penser seulemenL

La preuve qu'il y pense.

C'est qu'il vient pour me voir

DE PIERRE 0UrD?fT IW

D'une grande distance, Loi^que tombe le soir ; Â r heure qu'il s'échappe Je le sens accourir ; Lorsqu'à ma vitre il frappe...

Je manque d'en mourir.

Ah ! Dieu sait que je l'aime Invariablement l Et j'en suis toute blême D'y penser seulement.

En semaine à la lune»

Le dimanche au soleil, Quelle bonne fortune, Quel amour sans pareil !

Nous nous parions ensemble^ k>ans rien dire souvent, Sous la feuille qui tremble Au caprice du vent.

Âh ! Dieu sait que je Taimc Invariablement !

Et j'en suis toute blême D'y penser seulement.

Mais, hélas! la prière Des pauvres amoureux Sert autant qu'une pierre Qui roule dans un creux :

Jeannette sur la route S'en va loin du meunier^ Et le meunier sans doute Commence à l'oublier.

Ah ! Dieu sait que je Faîme Invariablement !

Et j^en suis toute blême D'y penser seulement.

DOO CHANTS ET PJÉSIES

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