LE VOYAGEUR A PIED
Au prenner cri de Thirondelle, Sitôt que la route blanchit.
Le voyageur que Taube appelle S'éveille et saute à bas du lit ; Guêtre, lavé, la tête fraîche, L'œil limpide comme un miroir, Le sac au dos : Qu on se dépêche!
Dame hôtesse ! bonjour, bonsoir !
Gai, chantant en route.
Le joyeux piéton En marchant s'écoute, Et de son bâton Marque la cadence et le ton.
DE PIERUE DUPONT. 205
Son noueux bâton de voyage Marqué d'avance, il Fa coupé Au front d'un néflier sauvage, Et dans la flamme il Ta trempé ; Ce n'est qu'une arme défensive Pour écarter les chiens ernmts Et les gens dont Thumeur trop vive Se prend de querelle aux passants.
Gai, chantant en route, Le joyeux piéton En marchant s'écoute, Et de son bâton Marque la ciidence et le ton.
Au routier il tient compagnie, Riant du scepticisme amer De ce vieux mécréant qui nie Le succès du chemin de fer.
Il lui répond : Mais que sera-ce, Quand les ballons vont se frayer Un nouveau chemin dans l'espace t Emportant clwirrette et roulier?
Gai, chantant en route.
Le joyeux piéton En marchant s'écoute.
Et de son bâton Marque la cadence et le ton.
Qu'une chaise de poste roule, Laissant flotter un voile vert. Son cœur bat, son gosier roucoule, Et sa lèvre sifile un doux air ; Dans sa tète un roman commence ^ Dont il voit le dénoùment fuir ; .
On en ferait une romance, Mais il n'en reste qu'un soupir.
Gai, cliantant en route,
S06 CaANTS ET POÉSIBS
Le joyeux {»éioa En marchaoi s'écoute.
Et de son bkUm Marque la cadeoce et le ton.
A cette image fugitive Succède un tablesm plu8 certain « C'est l'amoureuse ]^s naive Qui rappelle dans le lointain ; De sa fenêtre elle regarde, L'oreille ouverte au moindre bruit.
Et, si le gai piéton s'attarde, Lile pleurera cette nuit.
Gai, chantant en routo.
Le joyeux piéton En marchant s'écoule.
Et de son bâton Marque la cadence et le ton*