‹ Muse populaire (volume 2)Chapitre 11 sur 94 · LE SAUVAGE · texte numérisé non relu

LE SAUVAGE

Un jour, lassé de vivre solitaire, J'aventurai mes pas ambitieux Sur les chemins qui sillonnent la terre Et dont pas un n'aboutit jusqu'aux ceux ;

DE HIERRB DITOMT. H

Je Yisital ce qu'on nomme ure ville.

Repaire immense où l'homme, mon pareil , Vit sans ombrage, à l'tfgai du reptile. En des rochers calcinés au soleil.

Quand la nature verra-t-elle

Ses nombreux enfants réunis.

Troupe joyeuse et fraternelle.

Sous ses rameaux, dans ses doux nids !

Combien ton sort, ô frère! me chagrine. Ta nourriture est vile, un air malsain Râle brûlant dans ta sourde poitrine.

Où toujours dort quelque sombre dessein; Le grand esprit qui me parle sur l'onde Est moins pour toi qu'un morceau de mét;il, Tu reconnais pour souverain du monde L'or que je pèche en mon ruisseau natal.

Quand la nature Terra>t-elle Ses nombreux enfants réunis.

Troupe joyeuse et fraternelle.

Sous ses rameaux, dans ses doux nids!

L'amour en toi n'est qu'an instinct sauvage , Errant sans but comme une feuille en lair; Aussi ta vie est un triste veuvage Où le bonheur ne luit que par é;:lair. Sais-tu qu'il faut, passager sur la terre. Aimer à deux pour revivre après toi.

En outre aimer dans tout homme ton frère? L'esprit nous dit : C'est là toute la loi.

Quand la nature verra-t-elle Ses nombreux enfants réunis.

Troupe joyeuse et fraternelle.

Sous ses rameaux, dans ses doux nids !

La terre est grande et la sève bouillonne En son flanc vaste au robuste contour.

Comme le vin fermente dans la tonne.

Comme en un cœur d'adolescent, l'amour : Elle a du lin pour filer une tente A tous ses fils, et des fruits savoureux Pour ceux qui, las d'une trop longue attente, En sont encore à s'égorger entre eux.

Quand la nature verra -t-elle

Ses nombreux enfants réunis.

Troupe joyeuse et fraternelle.

Sous ses rameaux, dans ses doux nids!

Le jour se lève et déchire la brume Où notre globe était emmaillotté; La vieille foi dans les cœurs se rallume, Tous les esprits tenc nt à l'unité :

Le matelot sur les vagues hurlantes Creuse tout droit son sillon vers le port, Sans s'égarer aux étoiles filantes, Les yeux fixés sur le i-ôle du Noi d.

Quand la nature verra-t-elle

DE PIERRL UUPO.IT. 19

Ses nombreux enfants réunis , Troupe joyeuse et fraternelle.

Sous ses rameaux, dans ses doux nids!

L'onde, la flamme et déjà l'atmosphère, Coursiers ardents que leur joug fait liennir, En un seul bond franchissant notre sphère, Vont rapprocher ce splendide avenir.

Fils des cités, enfants des solitudes.

Ce jour serait demain, si nous voulions Mettre en commun , vous rêveurs, vos étude.*, Et nous nos bras teints du sang des lions.

Quand la nature vcrra-t-elle

Ses nombreux enfants réunis.

Troupe joyeuse et fraternelle.

Sous ses rameaux, dans ses doux nids!

Car le temps vient d'oublier nos quere les, La faim , la soif, la guerre et tous les maux ; Il faut entrer en des routes nouvelles. Clairons en tête et mêlant nos drapeaux . Couples aimants, couronnez-vous de roses; Artistes saints, coupez le vert laurier. Plus d'envieux et plus de fronts moroses ; Allons au ciel par l'amoureux sentier.

Quand la nature verra-t-elle Ses nombreux enfants réunis.

Troupe joyeuse et fraternelle.

Sous ses rameaux , dans ses doux nids!

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