MON BIEN -AIMÉ
Où t'en vas-tu ,*mon bien-aimc.
Pendant que je travaille et pleure, Solitaire dans ma demeure Comme un rossignol enfermé?
Tu fuis la ville, ardente arène Que se disputent les partis; Tu cherches la claire fontaine Où boivent les myosotis ;
40 cnASiTS ET ror.siES
Tu vas pleurer sur ta pnlrie {bis)
Et sur les amis en prison, Devant l'herbe de la prairie.
En face du grand horizon , Tu vas pleurer sur ta patrie!
Où l'en vas-ta , mon bien-aimé , Pendant que je travaille et pleure , Solitaire dans ma demeure Comme un rossignol enfermé?
Je te suis sur toutes les pentes.
Dans les ravins , sur les hauts lieux
Où tu gîtes , où tu serpentes ,
Cacliant ton cœur à tous les yeux.
Que ne suis- je brin d'herbe ou rose {bis)
Dans les jardins où je te vois ,
Où le bel oiseau qui se pose
Pour te faire écouter sa voix :
Que ne suis-je brin d'herbe ou rose!
Où t'en vas-tu, mon bien-aimé, Pendant que je travaille et pleure.
Solitaire dans ma demeure Comme un rossignol enfermé?
Je ne crains pas qu'une autre grâce
Prenne en ses lacs ton cœur troublé;
Je sais pourquoi ton pied se lasse
A travers la vigne et le blé.
Tu vas implorer la nature. {bis)
DE PIEKRE Dl}l>0!IT. bi
Pour qu'elle donne chaque jour A tous ses enfants la pâture, La paix , le sommeil et l'amour :
Tu va implorer la nature.
Où l'en vas-tu , mon bien-aimé , Pendant que je travaille et pleure , Solitaire dans ma demeure Comme un rossignol enfermé?
Entends-tu les accents du cuivre Inviter les pâles humains A fe tuer, au lieu de vivre Adonnés au travail des mains?
Oh ! ne l'en va pas à la guerre [bis] Pour y gagner des hochets d'or, Ou bien que ce soit la dernière Si tu devais te battre encor; Oh ! ne t'en va pas à la guerre!
Où t'en vas-tu , mon bien-aimé, Pondant que je travaille et pleure, Solitaire dans ma demeure Comme un rossignol enfermé?
Viens plutôt quand !a nuit sereine,
Semant dans l'air ses blancs pavots,
Assoupit dans ses cœurs la haine.
Près de moi goûter le repos.
01) ! rien qu'une heure, heure fu: live, (6i*)
Sur nous l'étoile veillera ;
A3 CUANTS ET POÉSIES
A l'aube, l'alouelte active
Du sein des blés l'appellera :
Oh ! rien qu'une heure, Iieure furtive.
Où t'en vas-tu, mon bien-aimé.
Pendant que je travaille et pleure, Solitaire dans ma demeure Comme un rossisnol enfermé?