LE CHANT DES PAYSANS
( un )
Quand apparut la République Dans les éclairs de Février, Tenant en main sa longue pique , La France fut comme un brasier :
Dans nos vallons et sur nos cimes Verdit l'arbre de liberté; Mais les quarante-cinq centimes Et Juin plus tard ont tout gâte.
Oh! quand viendra la belle I
Voilà des mille et des cents ans Que Jean Guêtre t'appelle, République des paysans ! (bis)
Mais ce beau feu s'écroule en cendre ;
Le diable en passant l'a soufflé,
Le crédit n'a fait que descendre ,
Et l'ouvrage est ensorcelé j
La souffrance a fait prendre en grippe
La jeune Révolution
Comme le vieux Louis-Philippe,
Et nous nommons Napoléon.
Oh ! quand viendra la belle !
Voilà des mille et des cents ans Que Jean Guêtre t'appelle, République des paysans ! (bis)
Napoléon est sur son siège.
Non point l'ancien, mais un nouveau
Qui laisse les blés sous la neige
Et les loups manger son troupeau.
Quand l'aigle noir fond sur tes plaines ,
Terre d'Arcole et de Lodi,
Il se tient coi... dedans ses veines
Le sang du Corse est refroidi.
Oh! quand viendra la belle!
Voilà des mille et des cents ans Que Jean Guétré t'appelle, République des paysans ! (bis)
DE PIERRE Dt'PO\T. 69
Que va donc devenir la France , Si rien n'en sort à ce moment Où le cri de l'indépendance Nous appelle au grand armement?
Soldais, citadins, faites place Aux paysans sous vos diapeauxj Nous allons nous lever en masse Avec les fourches et les faux.
Oh ! quand viendra la belle !
Voilà des mille et des cents ans Que Jean Guétré t'appelle, République des paysans! {bis).
Les noirs et les blancs sans vergogne Voudraient nous mener sur Paris, Pour en faire une autre Pologne, Et nous atteler aux débris :
A bas les menteurs et les txaitre- , Les tyrans et les usuriers !
Les paysans seront lee maîtres, Unis avec les ouvriers.
Oli ! quand viendra la belle !
Voilà des mille et de? cents ans Que Jean Guétré t'appelle, République des paysans ! (bis).
La terre va briser ses chaînes;
La misère a fini son bail ;
Les monts, les vallons et les plaine?
Vont engendrer par le travail.
Affamés, venez tous en foule Comme les mouches sur le Ihym ; Les blés sont mûrs , le pressoir coule Voilà du pain , voilà du vin !
Oh ! quand viendra la belle !
Voilà des mille et des cents ans Que Jean Guétré t'appelle , République des paysans ! (bis).