LE CHANT DES NATIONS
Tous les captifs qui sur la terre Courbaient leur front, l'ont relevé Pour commencer la grande guerre , Par qui leur droit sera sauvé.
Ils ont fait ranger à leur léle Les hommes libres leurs aînéSf Qui s'en vont calmes à la fcle Devant ces lions dccliaincs.
Le jour des grands destins se lève Au son du cuivre et du tiimboiir.
0 guerre ! c'est ton dernier jour !
Le glaive brisera le glaive, Et du combat naîtra Tamour.
Chaque patrie envoie un nombre
• Ce chanta éié publié ea 1817 sans moslque , à la salle d'un r-Déme de l'auiear inlitulé : Fi:s d£ la PoLOO.'te ,chei G. de Cui:rt . tae des Bcaux-Aris . 7.
De combattants pris au hasard
Parmi ceux qui soiiCFraient dans l'ombre :
Ah ! ils se sont levés trop tard !
Mais leur colère amoncelée
Fera d'un coup rompre leurs fers,
Et l'on verra dans la mêlée
Quels maux leurs grands cœurs ont souiïerts.
Le jour des grands destins se lève Au son du cuivre et du tambour.
0 guerre! c'est ton dernier jour!
Le glaive brisera le glaive, Et du combat naîtra l'amour.
Les couleurs de raille bannières Flottant au front des légions , Rappellent aux yeux les frontières Qui séparaient les nations , Mais l'espérance étant commune , Ces bannières vont se mêlant :
Ces nations n'en font plus qu'une Sous le drapeau bleu , rouge et blanc.
Le jour des grands destins se lève Au son du cuivre et du tambour.
0 guerre! c'esl.ton dernier jour!
Le glaive brisera le glaive , Et du combat naîtra l'amour.
Faut-il que la foule avilie
D'un seul orgueil soit l'instrument,
DE PIERRE DIPOXT. 77
Et que son échine assouplie
Redoute un brutal châtiment!
Ce n'est point ainsi qu'on nous mène ,
On n'emprisonne pas le feu ,
Et l'immortelle race humaine
Porte en ses flancs l'âme de Dieu.
Le jour des grands destins se lève Au son du cuivre et du tambour.
0 guerre! c'est ton dernier jour!
Le glaive brisera le glaive.
Et du combat naîtra l'amour.
Sur son beau cheval de bataille, Le despote accourt furieux :
La fusillade et la mitraille Fleuvront au signe de ses yeux.
Marchons en colonne serrée Sur son armée au sombre abord.
Lentement, comme la marée, Entre les écueils de son bord.
Le jour des grands deslins se lève Au son du cuivre et du tambour.
0 guerre! c'est ton dernier jour I Le glaive brisera le glaive, Et du combat nailra l'amour.
Il voudrait encor nous voir vivre Enchaînés comme les démons.
Nos ossemei^, comme le givie,
7S CHAMTS ET POÉSIES
Blanchiront la plaine et les moata
Avant cette honte suprême
De subir son joug détesté.
Dieu seul est grand, il veut qu'on l'aime
Et qu'on le serve en liberté.
Le jour des grands deslins se lève Au son du cuivre et du tambour.
0 guerre ! c'est ton dernier jour !
Le glaive brisera le glaive, Et du combat naîtra l'amour.