‹ Muse populaire (volume 2)Chapitre 27 sur 94 · LE CHANT DES NATIONS · texte numérisé non relu

LE CHANT DES NATIONS

Tous les captifs qui sur la terre Courbaient leur front, l'ont relevé Pour commencer la grande guerre , Par qui leur droit sera sauvé.

Ils ont fait ranger à leur léle Les hommes libres leurs aînéSf Qui s'en vont calmes à la fcle Devant ces lions dccliaincs.

Le jour des grands destins se lève Au son du cuivre et du tiimboiir.

0 guerre ! c'est ton dernier jour !

Le glaive brisera le glaive, Et du combat naîtra Tamour.

Chaque patrie envoie un nombre

• Ce chanta éié publié ea 1817 sans moslque , à la salle d'un r-Déme de l'auiear inlitulé : Fi:s d£ la PoLOO.'te ,chei G. de Cui:rt . tae des Bcaux-Aris . 7.

De combattants pris au hasard

Parmi ceux qui soiiCFraient dans l'ombre :

Ah ! ils se sont levés trop tard !

Mais leur colère amoncelée

Fera d'un coup rompre leurs fers,

Et l'on verra dans la mêlée

Quels maux leurs grands cœurs ont souiïerts.

Le jour des grands destins se lève Au son du cuivre et du tambour.

0 guerre! c'est ton dernier jour!

Le glaive brisera le glaive, Et du combat naîtra l'amour.

Les couleurs de raille bannières Flottant au front des légions , Rappellent aux yeux les frontières Qui séparaient les nations , Mais l'espérance étant commune , Ces bannières vont se mêlant :

Ces nations n'en font plus qu'une Sous le drapeau bleu , rouge et blanc.

Le jour des grands destins se lève Au son du cuivre et du tambour.

0 guerre! c'esl.ton dernier jour!

Le glaive brisera le glaive , Et du combat naîtra l'amour.

Faut-il que la foule avilie

D'un seul orgueil soit l'instrument,

DE PIERRE DIPOXT. 77

Et que son échine assouplie

Redoute un brutal châtiment!

Ce n'est point ainsi qu'on nous mène ,

On n'emprisonne pas le feu ,

Et l'immortelle race humaine

Porte en ses flancs l'âme de Dieu.

Le jour des grands destins se lève Au son du cuivre et du tambour.

0 guerre! c'est ton dernier jour!

Le glaive brisera le glaive.

Et du combat naîtra l'amour.

Sur son beau cheval de bataille, Le despote accourt furieux :

La fusillade et la mitraille Fleuvront au signe de ses yeux.

Marchons en colonne serrée Sur son armée au sombre abord.

Lentement, comme la marée, Entre les écueils de son bord.

Le jour des grands deslins se lève Au son du cuivre et du tambour.

0 guerre! c'est ton dernier jour I Le glaive brisera le glaive, Et du combat nailra l'amour.

Il voudrait encor nous voir vivre Enchaînés comme les démons.

Nos ossemei^, comme le givie,

7S CHAMTS ET POÉSIES

Blanchiront la plaine et les moata

Avant cette honte suprême

De subir son joug détesté.

Dieu seul est grand, il veut qu'on l'aime

Et qu'on le serve en liberté.

Le jour des grands deslins se lève Au son du cuivre et du tambour.

0 guerre ! c'est ton dernier jour !

Le glaive brisera le glaive, Et du combat naîtra l'amour.

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