‹ Muse populaire (volume 2)Chapitre 72 sur 94 · DE PIERRE DVI'0\T · texte numérisé non relu

DE PIERRE DVI'0\T

Quand le berger voit poindre la lumièrel Vers le bercail il chasse les troupeaux. Et, chaque soir, en fermant sa chaumière. Il chante avant de prendre son repos :

Au ciel sans voile,

0 mon étoile.

Astre du soir, luis doucement Pour le berger et pour l'amant !

Le malheureux dont la vue est bornée Aux murs élroiis d'une obscure prison, A ses barreaux , quand finit la journée , Vient s'accouder et cherche h l'horizon. Alors, s'il voit aux franges de la nue, Le doux reflet de ta blanche clarté, Le prisonnier chante ta bienvenue Dans ce refrain , par le vent emporté :

Au ciel sans voile,

0 mon étoile, Astre du soir, luis doucement Pour le captif et pour l'amant !

Sous d'autres cieux égaré sans boussole , Le matelot le cherche du regard , Ton doux aspect le charme, le console', Et le reporte à l'instant du départ.

Quand il partit, sa ^|)ère Madeleine Lui dit au port, essuyant son œil noir :

Embrassons-nous et, pour chasser la peine , Disons souvent à l'éloile du soir :

Au ciel sans voile ,

0 notre étoile , Àsire du soir, luis doucement Et pour l'amante et pour l'amant !

Tout isolé qu'une triste mansarde Retient captif loin du pays natal.

Dans l'azur clair chaque soir te regarde Pour oublier que son cœur lui fait mal ; Il croit revoir son clocher de village Par ta lueur mollement eflleuié, Et la rivière où tremble ton image :

Enfin il chante, après avoir pleuié :

Au ciel sans voile .

Sois mon étoile.

Pourquoi luirais-tu seulement Pour le berger et pour l'amant ?

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