‹ Muse populaireChapitre 114 sur 157 · LES GRANDS ENFANTS · texte numérisé non relu

LES GRANDS ENFANTS

Enfants , nous jouons à tout âge , Notre vie est un badinage ; Le plus vieux comme le plus sage N'est qu'un enfant.

Elle est enfant, la belle enfant Qui rêve tout en s'agrafant Devant sa glace de Venise D'un bel espoir dont elle a peur , Et qui sentant battre son cœur Devient rouge comme cerise.

La rose et le myrte amoureux Ne sont que fleurs et tiges frêles; Beau papillon garde tes ailes Si tu veux t' envoler aux cieux.

Enfants, nous jouons à tout âge, Notre vie est un badinage ; Le plus vieux comme le plus sage N'est qu'un enfant.

Il est enfant ce grand enfant Qui se voit déjà triomphant

ShJ f.HAWTS ET rOÉSIES

A. peine entré dans la carrière; Son harnais d'écarlate et d'or A beau luire, il est vierge encor De sang, de poudre et de poussière.

Attends demain beau glorieux , Le laurier que ta gaîté raille Croît arrosé par la mitraille Et se moissonne dans les cieux.

Enfants, nous jouons à tout âge , Notre vie est un badinage ; Le plus vieux comme le plus sage N'est qu'un enfant.

Tout homme n'est qu'un grand enfant;

Sa mère austère lui défend

D'approcher de trop près la flamme.

Il touche à tout , le grand mutin !

Aux charbons ardents du destin,

Aux sombres mystères de l'àme.

Arrête , maudit curieux ,

A moins qu'un éclair de génie

Déchirant la voûte infinie

Ne t'ait fait entrevoir les cieux.

Enfants, nous jouons à tout âge, Notre vie est un badinage; Le plus vieux comme le plus sage K'est qu'un enfant.

Page 1