A CERTAINES ABEILLES
Aux flancs blonds de la ruche, ioniques abeilles, Dès que le miel ouvré pend en grappes vermeilles , Suc embaumé des fleurs, esprit des végétaux, Comme aux rochers sculptés le prisme des cristaux; Les paysans unis, ardents à vous poursuivre, S'arment de longs bâtons et d'instruments de cuivre. Ne perdez pas sur eux vos frêles aiguillons ; Leur main s'est endurcie à creuser les sillons, Et, pour parer vos coups, leur front hâlé se voile, D'une bure grossière ou d'un lambeau de toile; Laissez-leur le champ libre et fuyez sans combats ! Les chênes des forêts vous ouvrent leurs grands bras ,
DE MEURE DLPOXT. i99
Dans leur tronc caverneux et sous leur verte voûte Que votre liqueur d'or se forme goutte à goutte ! Nul ne vous troublera dans vos labeurs secrets , Si ce n'est le rêveur errant dans les forêts , Ou quelque blonde enfant qui , de soif épuisée , En savourera mieux l'odorante rosée.
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Préface - v