‹ Muse populaireChapitre 33 sur 157 · LES BORDS DE LA SAO.NE · texte numérisé non relu

LES BORDS DE LA SAO.NE

Briller dans les cités N'est point ce que j'envie ; Mais aux bords enchantés Où j'essayai la vie

106 CHANTS ET POÉSIEï»

Comme un oiseau, sa voix, Qu'un soir ma vie éteinte Tombe comme la plainte D'un oiseau dans les bois :

Oh ! qui me rendra tes rivages, Saône que j'aime, et tes ombrages

De peupliers, Où les colombes si fidèles Appelaient en battant des ailes

Leurs doux ramiers?

Oh! comme j'aimerais, Sous tes vertes saulées, Goûter l'ombre et le frais, En entendant mêlées Au bruit de leurs troupeaux Les chansons des bergères Que ces lieux solitaires Invitent au repos.

Oh ! qui me rendra tes rivages, Saône que j'aime, et tes ombrages

De peupliers.

Où les colombes si fidèles Appelaient en battant des ailes

Leurs doux ramiers?

Hélas ! loin de tes bords La fortune m'exile.

Que n'ai-je ses trésors !

DE PIERRIi DIPOAT. 107

Pour ton eau si tranquille, On verrait mon esquif Fuir l'océan du monde Qui cache sous son onde Le dangereux récif.

Oh ! qui me rendra tes rivages, Saône que j'aime, et tes ombrages

De peupliers, Où les colombes si fidèles Appelaient en battant des ailes

Leurs doux ramiers ?

Page 1