LE COURSIER
Qu'impatient de servitude Un coursier à demi dompté Se prenne à rêver solitude , Gazon, air pur et liberté; Le plus léger fardeau l'indigne, Et les fanfares du clairon
L'emportent bien loin delà ligne Où le pousi=e un faible éperon.
En vain l'homne retient les guides; Il ne reconnaît plus sa main;
D'un bond il est seul, le chemin
Semble fuir sous ses pieds rapides.
Vers ses maternelles forêts , Un invincible instinct le pousse .
Là des fourrages toujours prêts.
De molles litières de mousse; Là, pour abri contre l'été, L'ombre que le chêne déploie.
En recouvrant sa liberté, Le fier coursier hennit de joie :
Quel doux gazon! le cou ployé, Il veut l'atteindre et perd sa peine; Pauvre captif! son frein le gêne, Son frein qu'il avait oublié.