‹ Muse populaireChapitre 73 sur 157 · LA JEUNE FILLE DINSPRUCK · texte numérisé non relu

LA JEUNE FILLE DINSPRUCK

Sur la haute branche De l'épine en fleurs , La fauvette épanche Au vent ses douleurs.

Le matin, elle avait encore Un nid au-dessus des buissous , Un nid qui jetait à l'aurore Sa part de joyeuses chansons :

Mais , depuis l'aube , une ingénue Aimant les fleurs , aimant les nid:

Jusqu'à ces buissons est venue, Où nids et fleurs sont réunis :

Sur la haute branche De l'épine en fleurs.

212 CHAKTS ET POESIES

La fauvette épanche Au vent ses douleurs.

La vierge à l'humeur enfantine.

Capricieuse dans ses vœux , Cueillit d'abord de l'aubépine Pour en mêler à ses cheveux ; Le nid de la branche élevée Excita son jeune désir.

Hélas ! l'innocente couvée A gazouiller prenait plaisir.

Sur la haute branche De l'épine en fleurs, La fauvette épanche Au vent ses douleurs.

Voyant que la branche était haute»

L'enfant se pendit aux rameaux.

Sans songer que c'est une faute D'arracher aux nids leurs oiseaux.

La mère s'était envolée , De ses plaintes remplissant l'aiii Or, sous l'aubépine éloilée. Dormait un lac profond et clair

Sur la haute branche De l'épine en fleurs , La fauvette épanche An vent fps don'o'TSr

DE PIERRR DlTPO!«T. 213

En atteignant au nid de mousse , Son beau corps avait fait ployer L'aubépine dont la secousse La fit tomber et se noyer.

Le soir on l'avait retrouvée, Sous l'azur, sur le sable d'or ; Tenant encore la couvée »

Elle semblait vivante encor.

Sur la haute branche De l'épine en fleurs , La fauvette épanche Au vent ses douleurs.

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