‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 160 sur 257 · HERBIER DE LINNÉ · texte numérisé non relu

HERBIER DE LINNÉ

Un des herbiers les plus curieux et qui présente un intérêt tout particulier est sans contredit celui de Linné, de ce naturaliste célèbre qui, par la seule impulsion de son génie, changea la face de la botanique, et lui donna un nouveau charme et une popularité toute nouvelle. La simplicité qu’il a su introduire dans la nomenclature, son système ingénieux et facile de classification, les principes philosophiques qui l’ont guidé dans l’exposition des genres et des espèces des plantes, ses descriptions remarquables par la concision et la clarté, suffiraient, à défaut d'autres titres qui ne lui manquent pas, pour justifier l’autorité puissante attachée à son nom et à ses écrits dans l'histoire naturelle, et surtout dans la botanique.

Lorsque Linné publia pour la première fois (en 4 755) son Species plantarum , où il cherchait à décrire la totalité des végétaux connus alors, tous les esprits furent également frappés de l’application qu’il faisait de son nouveau système dans cet ouvrage, de l’invention heureuse des noms génériques et spécifiques, et de l’érudition botanique de l’auteur. Son herbier renferme les types des plantes qu’il a décrites ; il est encore consulté avec fruit et toujours avec une sorte de vénération par les botanistes de tous les pays. On y a recours dans les cas douteux, et c’est ainsi , comme nous l’avons vu plus haut, que s’aplanissent quelquefois des difficultés de nomenclature que les seules descriptions des livres ne parviendraient jamais à surmonter d’une manière certaine.

L’herbier de Linné appartient, comme nous l’avons dit, à îa société linnéenne de Londres.

On pourrait s’étonner que la patrie de Linné n’ait pas revendiqué l'honneur de posséder les collections qui ont appartenu à ce grand homme, une des gloires de la Suède, et qu’on les ait laissé passer dans un autre pays et dans des mains étrangères. La faute n’en est pas au gouvernement suédois. Quelques détails à cet égard trouveront naturellement leur place ici, et peut-être ne seront-ils pas lus sans intérêt.

Le musée de Linné, comprenant ses livres, ses manuscrits et toutes ses collections d’histoire naturelle, était resté en la« possession de sa famillejusqu’à la mort de son fils, arrivée en •1785. Celui-ci, qui ne s’était pas marié, le laissa pour héritage à sa mère et à ses sœurs. Ces dames ne pouvaient conserver indéfiniment de tels objets ; et dans la crainte que le gouvernement ne les obligeât à les céder à l’université d’Upsal à un prix inférieur à celui qu’elles désiraient en obtenir, elles s’empressèrent de les proposer, en Angleterre, à la seule personne à laquelle ils pouvaient le mieux convenir. Le docteur Acrel, professeur de médecine à Upsal, écrivit au docteur Engeihart qui alors se trouvait à Londres, offrant à sir Joseph Banks, pour la somme de 4,000 guinées (environ 26,000 fr. ), la collection tout entière. Entre autres personnes qui fréquentaient assidûment la maison de sir Joseph Banks se trouvait le jeune Smith (James-Edward), qu’un penchant décidé entraînait vers l’histoire naturelle. C’est là qu’il apprit que le musée de Linné allait être mis en vente. « 11 arriva, rapporte Smith lui-même dans une lettre qu’il écrivait le 24 novembre 4 794 , au docteur Stoever, que je déjeunais avec sir Joseph le jour où cette lettre (celle du docteur Acrel) lui fut remise, qui était le 25 décembre 4 785 ; il me fit part de l’offre qu’elle contenait, ajoutant qu’il ne l’accepterait pas, et me conseilla fortement de songer à cette acquisition qui rentrait si bien dans mes goûts et qui ne pouvait manquer de me faire honneur. » Encouragé par les avis et par l’assis-

tance de sir Joseph Banks, Smith alla trouver aussitôt le docteur Engelhart avec qui il avait été lié intimement à Edimbourg, et lui fit connaître son désir d’acquérir ces collections. La liste des objets qui en faisaient partie lui ayant été envoyée, Smith accepta les conditions du marché qui lui était offert, et s’engagea à payer les 1,000 guinées convenues. Dans ces entrefaites, le baron Alstrœmer réclama des héritiers de Linné le montant d’une somme qui lui était due par Linné fils, et il fut convenu que le baron Alstrœmer recevrait, pour éteindre cette dette, qui était de 100 guinées, un petit herbier fait par le jeune Linné pendant la vie de son père, contenant seulement des doubles de la grande collection, et dans lequel ne devaient entrer aucune des plantes qu’il avait recueillies dans ses voyages. Smith consentit à cet arrangement, et le prix total de son acquisition se trouva en conséquence réduit à 900 guinées.

Plusieurs personnages de la Suède qui prenaient intérêt à la science s’aperçurent bientôt quelle perte le pays allait éprouver par le départ de toutes ces collections. Le baron Alstrœmer et le directeur Staaf, à Gothembourg, offrirent de les racheter au même prix que celui offert par Smith, mais il leur fut répondu que le marché était arrêté, et devait être considéré comme irrévocable. Madame Linné et ses filles s’étaient hâtées de conclure cette affaire. On a même dit que dans la crainte ou du retour du roi Gustave III, qui alors voyageait à l’étranger, ou des ordres qu’il aurait pu envoyer pour suspendre la vente et le départ des collections, la transaction avec Smith eut lieu en secret, que le plus grand mystère fut apporté à l’opération de l’emballage, et que rembarquement des objets s’effectua la nuit à bord d’un vaisseau anglais.

On a raconté, et le bruit en a couru longtemps, que le roi7 qui, de retour de son voyage, était en tournée dans les provinces occidentales de la Suède, et se trouvait alors à Gothembourg, ayant appris que les collections de Linné étaient en

route pour l’Angleterre, dépêcha par mer une frégate à la poursuite du bâtiment anglais chargé de ces richesses enlevées en quelque sorte au pays. L’anecdote ne manque pas d’originalité, mais elle a été démentie par M. De Candolle. « Je suis fâché, déclare-t-il quelque part à cette occasion, d’élever des doutes sur une histoire piquante et honorable pour la science, mais je suis en conscience obligé d’ajouter que M. J.-E. Smith m’a dit qu’elle n’avait pas la moindre vérité.*) Il est à remarquer que le roi Gustave SU était de retour à Stockholm le 2 août 3 784, arrivant de Paris; que les collections embarquées à Upsal le 4 août restèrent à la douane de Stockholm jusqu’à la fin de septembre, et que pendant cet intervalle aucune mesure ne fut prise par le roi pour les retenir; ainsi personne n’avait encore appelé son attention sur cette affaire ; il n’en aurait donc été informé que dans le mois de septembre ou d’octobre, alors qu’il se trouvait à Gothembourg.

Si l’anecdote que nous avons racontée ne repose sur aucun fondement, il faut qu’elle ait été bien répandue, puisque Smith lui-même y a ajouté foi dans un temps. 11 écrivait au docteur Stoever, toujours dans sa lettre du 23 novembre 3 79 3 : « J’ai pajé 80 guinées au capitaine pour le fret (des collections de Linné), ce qui est trop de moitié, mais je tenais à recevoir la collection sans délai. Le vaisseau venait de mettre à la voile quand le roi de Suède, ayant appris à son retour ce qui s’était passé, envoya une frégate après le bâtiment qui emportait la collection, afin de la faire revenir, mais, heureusement, pour moi, il était trop tard. »

Dans la préface écrite en avril 1 8 3 3 du Lachesis Lapponien de Linné, dont Smith a publié une traduction anglaise d’après le manuscrit original qui faisait partie de son acquisi tion, Smith revient encore sur le même fait et parle de ce manuscrit « échappé, dit- il, par terre et par mer, à la poursuite ordonnée par le roi de Suède pour le reprendre avec tous les objets qui l’accompagnaient, et qui heureusement

ODù

arrivèrent à Londres en sûreté. » L'article consacré à Linné par Smith lui-même, dans la Cgclopœdia de Rees, rapporte en quelques mots la même circonstance, que l’on retrouve également citée par lady Smith dans les mémoires qu’elle a publiés sur son mari en 1 8 52.

Une vignette que nous avons sous les yeux et qui accompagne un portrait de Smith placé en tête de son Compendium Floræ Britannicœ , édition d’Hoffmann (brlangen, -180-1), représente deux vaisseaux dont l’un fait force de voiles après l’autre. Au bas on lit cette légende : Tlie pursuit of the ship containing the linnœan collection , bg order of the king of

Sweden.

Pendant la négociation entamée avec Smith, l’impératrice de Russie, Catherine II, avait décidé, sur la proposition de Paîlas, l’auteur de la Flora Rossica, qu’une somme illimitée serait offerte pour les objets d’histoire naturelle, la bibliothèque et les manuscrits de Linné ; le professeur Sibthorpse présenta également pour faire cette acquisition, mais les offres de Smith étaient déjà acceptées.

La précipitation apportée par le docteur Acre! à terminer

une affaire qui faisait sortir de la Suède une collection des

plus importantes, a donné lieu à des suppositions défavorables contre lui. Les inculpations dont il fut l’objet arrivèrent jusqu’à Smith, et voici comment il s’exprime à cet égard dans la lettre que nous avons déjà citée :

« Pendant qu’elles (la mère et les sœurs de Linné fils) étaient en négociation avec moi, des informations furent prises qui, jointes aux offres illimitées de la Russie, donnèrent à ces dames une plus haute idée de la valeur de la collection ; elles furent sur le point de rompre leur négociation avec moi ; mais le professeur Àcrel n’y voulut pas consentir, et insista pour qu’elles attendissent mon refus. Cette conduite honorable lui fit malheureusement encourir leur censure, et on répandit de faux rapports contre lui. On a été jusqu’à dire que, pour le faire entrer dans mes intérêts, je lui

avais fait un cadeau de 400 guinées, ce qui est loin d’étre la vérité, car il n’a jamais reçu un présent de moi, si ce n’est quelques livres anglais de la bibliothèque de Linné (d’une valeur de six ou huit guinées) qu’il désirait m’acheter, ne pouvant les trouver en Suède, et que je ne parvins qu’avec peine à lui faire accepter. »

Dans le mois d’octobre 4 784, les collections de Linné destinées à sir J.-E. Smith arrivèrent à Londres. Elles étaient renfermées dans vingt-six grandes caisses. Les frais de transport ajoutés au prix de l’acquisition en élevèrent le montant total à 4 ,088 liv. 5 sch. (environ 27,200 fr. ) . Plus de 5,000 insectes, comprenant un grand nombre de ceux décrits par Linné ; près de 4,800 espèces de coquilles, 2,400 échantillons de minéralogie , 45 oiseaux dans des armoires vitrées, étaient réunis au grand herbier de Linné, d’environ 4 9,000 échantillons, à des graines et à un herbier de Surinam conservé dans l’esprit-de-vin. Les manuscrits étaient très-nombreux.

La bibliothèque se composait de 4,600 ouvrages représentant plus de 2,000 volumes. Tous les ouvrages de Linné étaient chargés d’une grande quantité de notes manuscrites, et particulièrement les Systema naturce , Species plant arum , Pkilosophia botanica, etc.

Parmi les manuscrits se trouvait entre autres un journal de la vie de Linné, écrit de sa propre main, et comprenant environ les trente premières années de sa vie. La collection des lettres qui lui avaient été adressées, et dont Smith a publié un choix en 4821, faisait aussi partie de la vente. Leur nombre s’élevait à environ 5,000. Linné conservait toutes les lettres qu’il recevait, mais il n’a gardé de copies que d’un petit nombre de celles qu’il avait écrites. Le tout était classé dans l’ordre où il l’avait laissé, et renfermé dans les armoires et les cases mêmes qui contenaient ces objets à Upsal.

L’herbier de Linné se composait de toutes les plantes décrites dans son Species planlarum , moins peut-être cinq

cents espèces (les champignons et les palmiers exceptés), et il en contenait environ 500 non décrites. L’herbier du jeune Linné, plus soigné et dans un papier meilleur, renfermait la plupart des plantes de son supplément, à l’exception de celles qui étaient dans l’herbier de son père; il contenait, en outre, 1,500 belles plantes de la collection de Commerson, la plupart desquelles étaient nouvelles ; et d’autres collections de Dombey, Leschenault , Lamarck , Pourret , Gouan, Smeathman, Masson, etc. On y comptait également une très-grande quantité de plantes provenant de sir Joseph Banks, qui lui avait donné des doubles de presque toutes celles d’Aublet, aussi bien que de son propre voyage aux Indes-Occidentales, avec un petit nombre de celles recueillies par lui dans ses voyages autour du monde, et qu’aucun botaniste ne possédait encore. Le jeune Linné avait fait aussi d’amples collections de plantes des jardins de Hollande, de France et d’Angleterre. Son herbier était indépendant et séparé de celui de son père.

Smith conserva toutes ces collections avec le soin le plus scrupuleux et comme un dépôt dont il se regardait responsable envers le monde savant. A sa mort, l’herbier de Linné fut proposé à la société linnéenne de Londres, et en mars \ 829 cette société acheta pour le prix de 5,000 guinées (environ 78,000 fr.) non-seulement cet herbier, mais encore toutes les collections de plantes et la bibliothèque de Smith luimême. Rien n’a été changé à la disposition de l’herbier de Linné, qui occupe encore dans les galeries de la société linnéenne ses mêmes cases et ses mêmes armoires.

Une note autographe de Linné, transcrite dans YEgenhandiga Anteckningar af Cari Linnœus om sig sielf , c’est-à-dire Notes autographes de Charles Linné sur lui-même, et reproduite en allemand par Afzelias dans la traduction qu’il a pu* bliée de cet ouvrage, et en français par M. Fée dans sa Vie de Linné , donne sur l’herbier de ce grand naturaliste des renseignements que nous croyons devoir reproduire ici.

« Mon herbier est sans contredit le plus grand qu’on ait jamais vu.

« S. Dès ma plus tendre jeunesse, j’ai fait collection de toutes les plantes sauvages et cultivées que je trouvais en Suède.

« 2. J’ai réuni avec un grand soin toutes les plantes de la Laponie.

« 5. Dans mes voyages à travers le Danemark et l’Allemagne, en Hollande, en Angleterre, en France, j’herborisais continuellement.

« 4. Le jardin de Clifford, qui a été à ma disposition pendant trois ans, et qu’il m’était loisible d’enrichir de toutes les plantes rares qu’on pouvait se procurer, m’en a fourni une grande quantité que je desséchais avec soin.

« 5. Georges Clifford possédait lui-même un grand herbier et me donna ses doubles.

« 6. Lorsque j’assistais Van Royen dans sa classification du jardin académique de Leyde, j’en obtins beaucoup déplantés vivantes ; il m’en donna en outre de sèches tirées de sa collection.

« 7. En aidant le docteur Gronovius dans l'examen des plantes de la Virginie (herbier de Clayton), j’en obtins la plupart des doubles.

« 8. Miller me permit d’un recueillir dans son jardin de Chelsea, et me donna en outre beaucoup de plantes sèches, récoltées dans l’Amérique méridionale par Houston.

« 9. Le jardin d’Oxford, dirigé par Dillenius, me fournit aussi plusieurs plantes intéressantes.

« 10. Jussieu m’en donna beaucoup de sèches, et j’en recueillis moi-même une grande quantité dans le jardin botanique de Paris.

«Jl. Le professeur Sauvages, qui avait reçu du fils de Magnol, botaniste célèbre, l’herbier de son père, me le donna tout entier.

« 12. Gmeîin, à son retour de Laponie, où il avait voyagé

pendant plusieurs années, m’envoya un échantillon de chacune des plantes qu’il avait recueillies, afin d’avoir mes observations.

« -15. Stel 1er, adjoint à Gmelin pendant ses voyages et ses excursions en Laponie, poussa jusqu’au Kamtschatka, explora la partie nord de l’Amérique, et mourut à son retour à Kjumeni. On s’empara de ses collections, et elles furent vendues à Demidoff, qui me les envoya pour les déterminer, en me donnant l’autorisation de prendre un échantillon de chaque plante.

« J 4. Brown fit un herbier de la Jamaïque, et publia, à son retour à Londres, les figures des plantes les plus curieuses. 11 me vendit cette collection quand il voulut retourner en Amérique.

« J 5. Le professeur Kalm, qui paraissait né pour découvrir des plantes rares, fit une collection immense dans l’Amérique du Nord, et me donna un spécimen de chacune d’elles.

c(16. Le professeur Loefling, qui explorait avec la plus grande ardeur la péninsule ibérique , m& donna aussi un double de ses plantes.

« 17. J’ai obtenu la totalité de celles que le docteur Hasselquist trouva dans l’Anatolie, en Égypte et en Palestine.

« 18. Le pasteur Osbeck me donna un échantillon de toutes celles qu’il récolta en Chine et à Java.

« 19. Le docteur Baster, de la Zélande, m’envoya de Java plus de 500 belles espèces déplantés.

« 20. Le conseiller de commerce Lagerstrœm exigeait de chaque vaisseau venant des Indes une collection de plantes, et il me les envoyait toutes.

« 21. Le commissaire Claes Alstrœmer, qui visita avec une grande attention l’Angleterre, la France, l’Espagne et l’Italie, m’envoya plusieurs collections qu’il avait faites ou qu’il s’était procurées.

« 22. On n’avait encore dans aucun jardin semé autant d’espèces diverses de graines que dans c* lui d’ilpsal pendant

mon administration ; j’en recevais de toutes ies parties de l’univers, et jamais je n’ai négligé de dessécher les plantes que ces semis me procuraient, quand je ne les avais pas dans mon herbier.

« 25. Kleinhof, qui forma à Java le premier jardin botanique créé hors de l’Europe, et qui cultivait avec soin une grande quantité de plantes des Indes, m’en envoya une grande caisse à son retour en Hollande.

« 24. Tous les botanistes de mon temps m’adressaient à l’envi des spécimens de plantes rares ou nouvelles pour avoir mon opinion, et parce qu’ils savaient me faire en cela le plus grand plaisir. Parmi eux je citerai Jacquin, Schreber, Haller, Ârduini, Turra, Bassi, Miller, docteur Royen, L.-N. Burmann, Scopoli, Duchesne, Gouan, Séguier, Âlüoni, Hudson, Gardon.

« 25. Kœnig, à son retour d’Islande, m’envoya les plantes de cette île, et notamment une superbe collection de fucus et autres plantes marines. Plus tard, il me confia une grande quantité de plantes de Madère, du cap de Bonne-Espérance, de Madras et de Tranquebar.

« 26. Le professeur Burmann me fit plusieurs envois de plantes du cap de Bonne-Espérance.

« 27. Rolander recueillit sur les îles de l’Amérique une grande quantité de plantes rares; il les donna au maréchal de Geer, qui, à son tour, m’en fit présent.

« 28. Tulbagh, gouverneur du cap de Bonne-Espérance, m’envoya plus de 200 plantes très-rares et fort bien préparées, ainsi qu’une grande quantité de racines et de bulbes pour être plantées dans le jardin.

« Pour accroître mes collections, j’ai non-seulement parcouru la Suède, la Laponie, la Dalécarlie, l’Oeland, le Gotland, le West-Gotland, la Scanie, etc. ; mais j’ai conseillé encore à mes élèves d’entreprendre des voyages sur divers points de l’univers. »

Linné reçut en outre, parles soins de Bassi et de Bonati,

des plantes de l’Arabie qui lui furent remises après la mort de Forskal.

Voici les noms des principaux élèves de Linné qui voyagèrent en différentes parties du monde :

Ternstrœm, Indes-Orientales; Kalm, Amérique septentrionale; Hasselquist, Smyrne, Égypte, Palestine; Montin, Laponie ; Hagstroem, le Jemtland ; Osbeck, la Chine; Loefling, Espagne, Amérique méridionale ; Bergius, Gotland ; Tidstrœm, West-Gotland ; Kæhler, Italie ; Rolander, Surinam.

Page 1