‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 161 sur 257 · VOYAGES BOTANIQUES · texte numérisé non relu

VOYAGES BOTANIQUES

Ce chapitre, joint à ceux que nous avons consacrés, pages 55 et 74, aux herbiers de M. Benjamin Delessert, complète l’exposé et les itinéraires des principaux voyages entrepris dans l’intérêt de la botanique. Nous avons classé ces derniers, comme ceux qui précèdent, géographiquement et selon l’ordre des dates, autant qu’il nous a été possible,

EXPÉDITIONS ET VOYAGES GÉNÉRAUX

P. Belon . — Pierre Selon, médecin et naturaliste, entreprit vers l’an 1546 un voyage aux îles de la Grèce et dans le Levant. 11 visita le mont Athos, l’île de Lemnos, la plupart des îles de l’Archipel, le mont Olympe, Constantinople et les lieux les plus célèbres de l’Asie : le mont Sinaï, Damas, le mont Liban, Alep, etc. Il passa de là en Égypte et se rendit

à Alexandrie, au Caire, à Suez, observant les plantes, les animaux et les minéraux propres aux divers pays qu’il parcourait.

Guilandin. — Melchior Guilandin, natif de Kœnigsberg , forme en 1557 le projet d’aller en Asie. 11 part avec l'ambassadeur de Venise, qui se rendait à Constantinople. Il visite Alep^ Damas, Jérusalem, et se rend en Égypte dans le dessein de s’embarquer sur la mer Rouge, pour passer dans les Indes, mais il est obligé de revenir en Sicile, d’où il s’embarque pour le Portugal. C’est pendant ce voyage qu’il fut pris par des corsaires d’Alger qui le gardèrent neuf mois en esclavage.

Voyage de Dompter. ■ — On trouve dans l’herbier de sir Joseph Banks, à Londres, des plantes recueillies pendant un des voyages de Guillaume Dampier. En 1699, ce navigateur assez célèbre fut nommé au commandement du Roebuck. Ce navire fit voile le 1 4 janvier pour le Brésil, et de là il se rendit à la côte ouest de la Nouvelle-Hollande, où il arriva le Ier août. Dampier y ramassa pendant son séjour des coquilles et des plantes. Il se dirigea ensuite vers Elle de Timor, s’arrêta dans la baie de Coupang, et se remit en route pour la Nouvelle- Guinée. 11 y arriva le 1er janvier 1700, et découvrit ensuite l’archipel auquel il donna le nom de Nouvelle-Bretagne. Revenu à Timor dans le mois de mai, il en repartit et arriva le 25 juin sur la côte de Java, séjourna à Batavia jusqu’au 17 octobre, et se trouvait en février J 700 dans la baie de l’îlc de l’Ascension ; le mauvais état de son navire le força de rester dans cette île, lui et ses compagnons, jusqu’au 5 avril, où ils s’embarquèrent pour revenir dans leur patrie, sur trois vaisseaux anglais qui étaient venus toucher dans la baie.

Ray a donné une liste des plantes observées et collectées par Guillaume Dampier au Brésil, à la Nouvelle-Hollande, à Timor et à la Nouvelle Guinée.

Tour ne fort. — Vers la fin de l’année 1699, on proposa au roi Louis Xï V d’envoyer dans les pays étrangers des personnes

capables d’y recueillir, entre autres choses, des observations sur l’histoire naturelle et sur la géographie ancienne et moderne. Tournefort, qui déjà avait entrepris quelques voyages en Europe, fut choisi pour celui du Levant 11 devait se rendre dans la Grèce, aux îles de l’Archipel et en Asie. Accompagné du docteur André Gundelsheimer, médecin allemand trèsversé dans la science des antiquités, et d’Aubriet, peintre du jardin des Plantes de Paris, Tournefort s’embarqua après

avoir herborisé à Marseille, le 25 avril 1700. Arrivé à la Canée, ville sur la côte septentrionale de l’île de Candie, Tournefort en observe la végétation et visite d’autres parties de l’île, ainsi que les îles de l’archipel grec. Le 15 mars 4 701 il met à la voile au port de Petra, sur la côte septentrionale de l’île de Metelin, et arrive à Constantinople. Il fait une excursion sur les côtes méridionales de la mer Noire depuis son embouchure jusqu’à Sinope et Trébisonde. Il se rend ensuite dans l’Arménie et la Géorgie, arrive à Erzeroum, d’où il part le 6 juillet pour Téflis. De cette ville il fait un voyage botanique au mont Ararat, passant, pour s’y rendre, par Érivan, et revient à Erzeroum. Dans le mois de septembre, il se joint à une caravane composée d’Arméniens qui conduisaient des soies à Tokat, dans l’Anatolie, à Smyrne et à Constantinople. De Tokat il se rend à Angora et à Brousse, capitale de l’ancienne Bithynie, et fait une excursion au mont

Olympe. Le 8 décembre, il quitte Brousse pour aller à Smyrne ,

traverse la plaine de Magnésie (Manika), et herborise sur le mont Sipylus. Arrivé à Smyrne, il y reste un mois, se rend à Ephèse et visite Scalanova. De retour à Smyrne, il attend pour s’embarquer une occasion qui se présente le 15 avril 4 702, arrive à Livourne le 25 mai, et le 5 juin au port de Marseille.

Thunberg — Charles Thunberg commença en 5 770 une série de voyages qui le retint éloigné de sa patrie pendant neuf années. Le 4 5 août 4770, il quitte Upsal et arrive en Hollande le 1er octobre, après avoir visité Stockholm et Co-

penhague. 11 séjourne une année à Amsterdam, et fait un voyage dans l’intérieur de la Hollande afin de visiter les collections d’histoire naturelle, les jardins et autres objets remarquables. Pendant son séjour, il voit les Burmann et s’occupe, d’après leur invitation, de donner des noms à une grande quantité de minéraux, d’insectes et de plantes, et surtout à différentes espèces de graminées et de mousses faisant partie de leurs nombreuses et magnifiques collections. 11 se rend ensuite en France, reste six mois à Paris et revient en Hollande. Désirant parcourir quelques parties septentrionales de l’Asie, et particulièrement le Japon, dont on ne connaissait encore aucune plante en Europe, Thunberg entre au service de la compagnie hollandaise et s’embarque sur un vaisseau destiné pour le cap de Bonne-Espérance, où il voulait faire un séjour de quelques années. 11 part en décembre 4 771 et arrive au Cap dans le mois d’avril 1772. Le 7 septembre il commence ses voyages dans l’intérieur, se rend à Boodsand, à Zwellendam, aux confins du pays d’Ataquathal, au pays des Houtniquas, et de là jusqu’au fleuve de Camtour, limite de la Cafrerie, et revient au Cap le 2 janvier 1775. Là, il arrange ses collections d’animaux, de plantes et de graines, produits de ses quatre mois de voyages, et expédie le tout pour l’Europe. 11 fait quelques excursions aux environs du Cap, et du 15 au 19 mai il entreprend avec le jardinier anglais Francis Masson, qui venait d’arriver au Cap (1), un voyage à pied autour des montagnes situées entre le Cap et la baie False. 11 se prépare ensuite à un second voyage dans l’intérieur de l’Afrique, et le 11 septembre il se dirige, encore avec Masson, vers les côtes de la Cafrerie. Ce voyage dure cinq mois.

Le 29 septembre 1774, Thunberg part avec Masson pour un troisième voyage. Ils vont jusqu’à Boggeveld et reviennent au Cap le 29 décembre.

Le 2 mars 1775, Thunberg quitte, non sans regret, le cap

fl) Voir l’article sur le jardinier Masson, page 178.

de Bonne-Espérance, et monte, en qualité de chirurgien surnuméraire, sur un vaisseau qui faisait voile pour l’île de Java ; le 1 8 mai il * rrive à Batavia, et repart le 20 juin sur un vaisseau destiné pour le Japon (I).

De retour à Batavia le 4 janvier 1777, Thunberg y séjourne six mois, et fait pendant ce temps différentes courses dans l’intérieur de 111e de Java ; il se rend ensuite à Ceylan, explore les environs de Colombo, capitale de l’établissement hollandais dans cette île. Devenu au Cap, il quitte ce pays le 15 mai 1778, arrive au Texel le 1er octobre, se rend à Amsterdam, fait un voyage à Londres, et le 14 mars 1779 il était de retour dans sa patrie.

Pendant les neuf années de ses voyages en Afrique et en Asie, Thunberg a rassemblé 400 animaux non décrits, 75 genres nouveaux de plantes, et plus de 1 ,500 espèces inconnues.

A. Richard. — Antoine Richard, fils de Claude Richard, jardinier en chef de Trianon, visite les îles Baléares vers 1760, dans une tournée qu’il fait en Espagne et en Portugal. Pendant son voyage, il passa sur les côtes d’Afrique, s’avança jusqu’aux environs de Tunis et d’Alger, se dirigea vers les îles du Levant, pénétra dans l’Asie-Mineure, et revint en France avec les collections de plantes qu’il avait recueillies partout où il avait pu pénétrer. Antoine Richard fut ensuite choisi pour aller en Angleterre chercher des plantes nouvelles bonnes à introduire dans les jardins; en 1765, il se rendit en Hollande et visita à son retour les Vosges, les Alpes et une partie de la Suisse. En 1767, il retourna au Mont-Dore et dans les Pyrénées.

Sonnerat. — Sonnerat, parti de Paris en 1768, emploie trois années à parcourir avec Commerson les îles de France, de Bourbon, de Madagascar, etc. 11 fait ensuite les voyages de l’Inde, des Philippines, desMoluques et de la Nouvelle-Guinée, et revient en France dans l’année 1775, rapportant une

(1) Voyez page 67.

collection considérable d’objets d’histoire naturelle. Chargé par le gouvernement de continuer ses recherches, Sonnerat part pour l’Inde en 1774, passe à Ceylan, de là à la côte de Malabar, séjourne à Mahé, et, après avoir parcouru les Gates, remonte la côte jusqu’à Surate et dans le golfe de Cambaye ; il passe ensuite à la côte de Coromandel, où il s’arrêta, puis à la presqu’île de Malacca et en Chine. Pour compléter ses observations dans l’Inde, il se rend de nouveau à la côte de Coromandel, et pendant deux années parcourt les districts de Karnate, de Tanjaouret de Madura. Obligé de revenir en Europe, Sonnerat séjourne quelque temps à l’île de France, à Madagascar et au cap de Bonne-Espérance.

Voyages de Cook. — Le premier voyage de Cook eut lieu sur le vaisseau l'Endeavour, avec sir Joseph Banks et le docteur Solander, savant suédois, élève de Linné. Partie de Plymouth le 26 août 1768, l’expédition, sous le commandement de Cook, alors lieutenant de vaisseau de la marine royale, se rend à Madère et à Rio de Janeiro. Le J 4 janvier 1769, elle entre dans le détroit de Le Maire, et jette l’ancre dans la baie de Buen-Suceso. Pendant le séjour de l’Endeavour dans cette station, M. Banks et le docteur Solander parcourent les montagnes pour y rechercher des plantes. Au mois de janvier de l’année suivante, l’expédition entre dans la mer du Sud par le cap Horn, se rend à Tahiti, y reste trois mois (d’avril à juillet), s’avance de là vers le sud, et arrive à la côte orientale de la Nouvelle-Zélande. Sir Joseph Banks rassembla dans ce dernier endroit de nouvelles productions naturelles, ainsi que plusieurs objets d’art très-curieux, fabriqués par les sauvages. Cook se dirige ensuite vers la Nouvelle-Hollande. On prit terre à Botany-Bay, où Banks et Solander recueillirent une grande quantité de plantes rares. Après avoir parcouru la côte orientale de ce pays, partie qui n’avait pas encore été visitée, et pris possession de la Nouvelle-Galles du Sud, Cook fait voile vers la Nouvelle-Guinée, touche ensuite (le 17 août 1770) à l’île de Savu (archipel de la Sonde), et,

successivement, à Batavia, au cap de Bonne-Espérance (15 mars 1771 ) et à Sainte-Hélène, et arrive en Angleterre le 12 juillet suivant.

Le second voyage autour du monde fait par le capitaine Cook eut lieu dans l’intervalle de juillet 1772 à juillet 1775. Deux vaisseaux, la Résolution et r Aventure , furent employés à l’expédition commandée par Cook. Jean Reinold Forster et son fils Georges Forster, alors âgé de 17 ans, l’accompagnaient en qualité de naturalistes. Le 20 août, on s’arrêta à Sant-lago, une des îles du Cap-Vert; on jeta l’ancre ensuite dans la baie de la Table, au cap de Bonne-Espérance. Là, MM. Forster rencontrèrent le docteur suédois André Sparrman, qui se réunit à eux et s’embarqua le 22 novembre 1772 sur la Résolution. Ces trois naturalistes se livrèrent, pendant le cours du voyage, à des recherches d’histoire naturelle.

Du cap de Bonne-Espérance le navire la Résolution se dirigea seul vers la baie de la Reine Charlotte, dans la Nouvelle- Zélande, où vint le rejoindre l'Aventure qui, pendant sa séparation de la Résolution , avait trouvé l’occasion de visiter la terre de Van-Diémen. La Résolution se rendit à deux reprises dans les îles de la Société, visita Tahiti et les îles Huahine, Ulietea ou Raiatea et Otaha. Le 22 juillet 1774 on jetait l’ancre devant l’île de Mallicollo, une des Nouvelles-Hébrides, et un mois après Cook découvrait la Nouvelle-Calédonie. Revenue à la baie de la Reine Charlotte, la Résolution en repartait le 10 novembre pour se rendre à la Terre de Feu. Le 22 mars 1775, elle mouillait de nouveau, à son retour, à la baie de la Table, quittait le cap de Bonne-Espérance le 27 avril, atteignait l’île de Sainte-Hélène, et ensuite les îles de l’Ascension et de Fernando de Noronha, la baie de i’île Fayal, une des Açores, et l’expédition arrivait enfin à Portsmouth le 50 juillet.

Les naturalistes Forster père et fds, et Sparrman ont observé, dans les seules îles de la mer du Sud, environ 75 genres

nouveaux de plantes dont Forster a donné les dessins ainsi que l’exposition des caractères génériques.

Chargé d’une troisième expédition, Cook sortit de Plymouth le 12 juillet d 776, sur le navire la Résolution , accompagné de la Découverte; il toucha à Ténériffe et à Porto-Praya, dans Fîle de Sant-Iago ( archipel du Cap-Vert), et se dirigea ensuite vers le sud Le 10 novembre, il s’arrête à la baie de la Table, au cap de Bonne-Espérance, et ensuite à Christmas-Harbour. Il découvre bientôt après la côte de la Terre de Van-Diémen. Le 50 janvier 1777, il met à la voile et arrive à la baie de la Reine Charlotte, dans la Nouvelle-Zélande, se rend à Tongatabou et à Éoua (îles des Amis). Poursuivant sa course, il atteint Tahiti, Eimeo et Bolabola dans les îles de la Société, reconnaît la côte de la Nouvelle-Albion, arrive à l’île d’Gunalachka et se met en route pour les îles Sandwich. Enfin, les 26 et 50 novembre 1778, il découvre dans ces parages, avec l’île de Mowi, celle d’Gwhyhi, qui devait être la dernière scène de ses exploits et la cause de sa perte.

William Anderson, chirurgien du vaisseau la Résolution , se chargea des recherches concernant l’histoire naturelle des divers pays qui furent visités dans le cours de ce troisième voyage du capitaine Cook.

Menues. — Voyage de Vancouver. — En 1786, Archibald Menzies s’était embarqué comme chirurgien de la marine royale à bord d’un bâtiment qui se rendait sur la côte nordouest de l’Amérique septentrionale. Dans ce voyage, il visita Staten-Land (île des États), où il séjourna quelque temps, les îles Sandwich et la Chine, aussi bien que la partie nordouest de l’Amérique, et revint de la Chine directement en Angleterre dans le commencement de 1789.

Menzies a récolté un certain nombre de plantes pendant la fameuse expédition à la côte nord-ouest de l’Amérique, exécutée de 179! à 1795 sous le commandement du capitaine *

Georges Vancouver. Cette expédition, ordonnée par le roi d’Angleterre, avait pour objet de s’assurer s’il existe à travers

le continent de l’Amérique un passage de l’océan Pacifique du nord à l’océan Atlantique septentrional. Partie de Falmouth le 7 janvier 1791 , l’expédition, embarquée à bord des vaisseaux la Découverte et le Chatam , arrive en juillet au cap de Bonne-Espérance, se rend ensuite vers la côte sud-ouest de la Nouvelle-Hollande, découvre la rade du roi Georges 11 1 (King-George-the-third-Sound), mouille dans la baie Dusky (Nouvelle-Zélande), visite Tahiti et l’archipel des Sandwich, et reconnaît une partie de ces îles et la côte de la Nouvelle-Albion. Elle se rend à l’établissement de Noutka, dans la grande île Quadra-et-Vancouver, et descend ensuite jusqu’aux établissements espagnols de San-Francisco etMonterey (Nouvelle- Californie). Elle fait une seconde relâche aux Sandwich, qu’elle quitte pour continuer ses opérations au nord. Elle effectue la reconnaissance de la côte ouest de l’Amérique septentrionale depuis Eitz-Hugh’s-Sound jusqu’au cap Décision, vers le nord, et depuis Monterey jusque par delà la baie San- Francisco, vers le sud. En janvier 1794, l’expédition se trouvait pour la troisième fois aux îles Sandwich. C’est à cette époque, et pendant que le bâtiment était mouillé dans la baie de Karakakoua, que M. Menzies désira examiner les montagnes et les parties intérieures de Pile pour y collecter des plantes, des graines et d’autres productions naturelles. Ee roi qui lui en accorda la permission lui donna pour guides un chef du village de Kakoua et plusieurs serviteurs chargés de leur faire fournir toutes les choses dont ils auraient besoin, de leur procurer tous les secours et de leur rendre les services qu’ils demanderaient. La première excursion de M. Menzies, qu’accompagnaient quelques-uns des officiers de l’expédition, fut au sommet de la montagne appelée Vororay (Mouna-Vororay ), située un peu au midi de la baie de Tocaigh.

Après avoir achevé la reconnaissance de la côte nord-ouest du continent de l’Amérique, l’expédition revient vers le sud, le long rie la côte ouest, arrive à Yalparaiso, et fait une relâche à Santiago. Elle quitte enfin le Chili, passe par le cap

Horn et l’île de Sainte-Hélène, et aborde, le 12 septembre 1795, sur la côte ouest de l’Irlande.

Des doubles des plantes recueillies par M. Menzies pendant ce voyage, et quelques-unes, particulièrement des environs du cap Horn, faisaient autrefois partie des herbiers de M. Lambert à Londres.

Olivier et Bruguière. — Vers la fin d’octobre 1792, Olivier et Bruguière partirent de Paris chargés d’une mission du gouvernement français près du roi de Perse. Ils devaient, en se rendant à leur destination, visiter l’empire Ottoman, l’Égypte et l’Asie-Mineure. Us firent un long séjour à Constantinople, parcoururent quelques-unes des îles de la Grèce, et se dirigèrent ensuite vers l’Égypte; ils abordèrent à Alexandrie le 5 décembre 1794. Obligés de retourner dans plusieurs îles de l’Archipel, et notamment à Santorin, ils partent enfin pour leur destination, débarquent à Baïrout, traversent la Syrie, une partie de l’Arabie et la Mésopotamie. Après avoir eu plusieurs conférences à Téhéran avec le premier ministre, après avoir visité une partie de la Perse, Olivier et Bruguière se décident à se rapprocher de leur patrie. Ils quittent Ispahan avec une caravane qui se rendait à Kerman Tiah, ou Karamssin, traversent une partie du désert pour se rendre à Bagdad à Alep ; de là ils s’embarquent à Latakie, visitent l’île de Chypre, et abordent en Caramanie, d’où ils se rendent par terre à Scuta ri , et ensuite à Constantinople. Ayant rassemblé les immenses collections d’histoire naturelle qu’ils avaient recueillies pour le gouvernement, ils frètent un bâtiment pour revenir en France, visitent Athènes, Ithaque, Céphaîonie, Corfou, et débarquent à Ancône. Bruguière mourut dans cette ville, et Olivier partit pour Paris, où il arriva en décembre 1798, plus de six ans après son départ.

Docteur Clarke. — En 1 799, le docteur Édouard Daniel Clarke commence, avec son ami John Morten Cripps et M W. Otter, ses voyages dans les pays du Nord, la Russie, les États autrichiens et la Turquie, et revient en 1802 en Angleterre.

Dans le cours de ce voyage (mai \ 800) le docteur Clarke, accompagné de M. Cripps, voulant quitter la Russie pour aller à Constantinople, part de Saint-Pétersbourg, se rend à Moscou, et de Moscou à Woronetz. Le docteur Clarke herborise dans les environs de cette dernière ville, et se dirige ensuite vers Tscherchaskov, capitale des Cosaques du Don, recueillant encore des plantes sur sa route, et principalement à Paulowsky, près de la rive orientale du Don. Il descend ce fleuve, et arrive à Azof et à Taganrok ; il visite les bords européens et asiatiques de la mer d’Azof, et continue son voyage jusqu’à la frontière de Circassie par la Tartarie-Kouban, ne perdant aucune occasion d’enrichir son herbier.

En suivant l’itinéraire du docteur Clarke, on le voit se diriger le long de la frontière de Circassie jusqu’au Bosphore Cimmérien, puis vers Caffa, dans la Crimée, et Akmetchet ou vSimphéropol. Il fut reçu dans cette dernière ville par le professeur Pallas qui y séjournait et qui l’accompagna dans ses recherches des insectes et des plantes du pays. Le docteur Clarke fait ensuite un voyage le long de la côte méridionale de la Crimée. Revenu à Simphéropol, il en repart le 28 septembre et se rend, par l’isthme de Pérékop, à Nicholaef, et de là à Odessa, où il s’embarque pour Constantinople. 11 herbo" rise principalement, pendant ce dernier trajet, dans la partie septentrionale de l’isthme de Pérékop, à Biroslaf, sur le bord occidental du Dniéper, dans la steppe entre Nicholaef et Odessa, au havre d’Inéada, etc.

Le docteur Clarke et son compagnon de voyage, M. Cripps, ont, pendant le cours de leur voyage, recueilli des plantes dans l’empire Ottoman, dans l’Afrique et les provinces méridionales de la Russie. Ils ont décrit les plantes nouvelles qu’ils ont trouvées au mont Gargara, près des sources du Scainandre (Anatolie), dans le golfe de Glaucus (Libye), dans l’île Abercrombie (Lagusa des anciens), dans les îles de Rhodes et de Chypre, près de Nazareth (Palestine), à Tibérias et Cana (Galilée), à Jaffa, Rosette, Aboukir et Kos, etc.

Voyage de Krïisenstern. — MM. Tilesius et Langsdorff accompagnaient le navigateur russe de Krüsenstern dans son voyage autour du monde pendant les années 1805-1806, voyage dans lequel il recueillit des faits nombreux et importants. Cette expédition a procuré la découverte des îles Orloff et complété la reconnaissance des Nouvelles-Marquises ou îles Washington, particulièrement de Nouka-Hiva et du détroit de Sangar.

Partie de Cronstadt le 7 août 1805, l’expédition se dirigea vers les îles Sandwich, où elle arriva après avoir touché à Ténériffe et au Brésil, doublé le cap Horn et relâché aux Marquises. Des îles Sandwich le bâtiment, commandé par le capitaine Krüsenstern, se rendit directement au port de Saint- Pierre-et- Saint-Paul ( Petropavlovsk ) sur la côte est du Kamtschatka, et revint avec l’ambassade que le gouvernement russe envoyait au Japon, au port de Nangasaki, sur la côte del’île de Kiou-Siou, la plus méridionale des îles du Japon, Le capitaine de Krüsenstern fut retenu dans ce port jusqu’au mois d’avril de l’année J 805. L’été de cette année fut utilement employé à parcourir en tous sens les mers qui avoisinent la chaîne des Kouriles, et à reconnaître les côtes de la grande île de Sakhalian. Après une courte relâche au Kamtschatka, le capitaine Krüsenstern se rendit avant l’hiver à Macao, et, reprenant la route de l’Europe au mois de février I 806, il traversa la mer de Chine, passa le détroit de la Sonde, ût une relâche à Sainte-Hélène, et arriva à Cronstadt, son point de départ, le 19 août de la même année.

D. Carmichael. — Le capitaine Dugald Carmichael, qui trouvait le temps, au milieu de ses expéditions militaires, de se livrer à la botanique, était au Cap en 1805. Il va jusqu’au Great-Berg-River, à Tulbagh, et revient à Cap-Town. En 1807 il part avec un détachement qui se rendait à Algoa- Bay ; en 1810 il est envoyé à l’île de France ; en 1 8 1 5 il visite l’île de Bourbon ; en 1814 il retourne au Cap avec son régiment, et l’année suivante, envoyé au Bengale, il arrive à

Calcutta. Dans l’année 184 7 une circonstance se présente qui permet au capitaine Carmichael d’étendre ses connaissances scientifiques. Il accompagne volontairement l’expédition que le gouvernement anglais envoyait pour prendre possession de l’île Tristan-d’Acunha, et qui s’embarqua dans le mois ac novembre 4816. 11 quitta cette île le 51 mars 4 84 7, et retourna au Cap le 7 mai. Embarqué pour l’Europe, il visite sur sa route l’île de l’Ascension et Fayal, une des Açores.

M. Rifaucl. — Dans l'espace de 22 années qu’il a employées à des voyages hors de son pays, M. J. -J. Rifaud, de Marseille, a réuni de nombreuses collections de tous genres sur l’histoire naturelle, les antiquités, les arts et les curiosités des contrées qu’il a parcourues. Parti de France en 4 805, il visita l’Italie, l’Espagne, les îles Baléares et Malte jusqu’en 4 809 qu’il se rendit à Smyrne, puis dans la Romélie et l’Anatolie. Quittant Smyrne en 4 812, il séjourne à Rhodes et dans l’île de Chypre, et aborde enfin l’Égypte et la Nubie, où il reste pendant treize années. 11 a fait des excursions partout où la science avait quelque chose à gagner, et exploré successivement Gir gèh sur la rive gauche du Nil; Karnak dans la Thébaïde ; Médinet, El-Haouara, l’ancienne Banchis, dans le Eayoum ; San, Tell Rastah, Mouqedam, dans le Charqièh; Koumel-Ahmar dans le Delta, etc. 11 a rapporté des dessins de plantes et un herbier recueilli en Nubie et dans la Haute et Basse-Égypte.

Voyages de Kotzebne. — Deux expéditions entreprises sous le commandement de M. Otto de Kotzebue, de la marine russe, fils du littérateur allemand de ce nom, ont encore fourni des matériaux abondants pour l’histoire naturelle.

La première expédition entreprise sur le Rurick , aux frais du comte de Romanzof, dans les années 4 815-1818, fut un voyage de découvertes exécuté dans la mer du Sud et le détroit de Béring, pour trouver un passage au nord-ouest. M. de Chamisso avait été désigné comme naturaliste de l’expédition ; on lui avait adjoint le docteur Eschscholz. A ces deux naturalistes se réunit volontairement un Danois instruit,

Wormskiold, qui déjà avait fait plusieurs voyages dans le Nord. Cette expédition, commencée le 50 juillet 1815, jour où elle quittait la rade de Cronstadt, se terminait le 5 août 1818, alors que le bâtiment, de retour, jetait l’ancre dans la Néva, vis-à-vis du palais du comte de Romanzof.

Arrivé dans la baie de la Conception en février 1816, après un séjour à Ténériffe et à Sainte-Catherine, sur la côte du Brésil, M. de Kotzebue remit à la voile le 8 mars et continua son voyage vers le Kamtschatka par l’île de Pâques et l'île Romanzof découverte avec plusieurs autres dans le cours de ce voyage. En quittant le Kamtschatka. l’expédition, sans s’arrêter à bile de Béring, se dirigea vers le détroit de ce nom. Le 50 juillet, elle arrivait à la hauteur du cap du Prince de-Galles. point le plus occidental du Nouveau-Continent, et se remettait en route ie 10 août pour la côte orientale du golfe de Kotzebue. Désirant visiter la côte de l’Asie, M. de Kotzebue se dirige vers le cap Est, examine ensuite la baie de Saint-Laurent, reste quelques jours à Ounalachka, une des îles Aléoutes, et fait voile pour le port de San-Francisco dans la Californie. Les îles d’Owhyhi et de Woahou dans les Sandwich, visitées deux fois, le groupe, découvert encore dans ce voyage, des îles Radack dans l’archipel Mulgrave, les îles Saint-Laurent, l’île de Guam, l’une des Mariannes, Cavité, dans l’île de Luçon (Philippines), où l’on resta six semaines, que les naturalistes de l’expédition mirent à profit pour parcourir l’île. le cap de Bonne-Espérance où l’on s’arrêta seulement quelques jours, et où, accompagné de MM. Mündt et Krebs, M. de Chamisso fit quelques découvertes, complètent avec l’île de Sainte-Hélène la série des principales localités explorées dans cette expédition.

Le second voyage du capitaine Kotzebue n’avait pas pour objet de faire des découvertes ; il était chargé de transporter des provisions au Kamtschatka. Il se rendit d’abord, par la mer Baltique et la Manche, à Rio de Janeiro, et se dirigea vers les îles de la Société ; il arriva ensuite aux îles des Navi-

gateurs et aux îles Radack, qu’il avait découvertes dans son premier voyage.

Le capitaine continua sa route pour le Kamtschatka. Le s juillet 1821, on arriva au port de Saint-Pierre et-Saint- Paul (Petropavlovsk), et le lendemain on entra dans la baie de Sitka (Nouvelle-Arkhangel), et après avoir visité la Nouvelle-Californie et les îles Sandwich, elle revenait par les îles Alariannes, par les Philippines, le cap de Bonne-Espérance et Sainte-Hélène, et entrait dans le port de Cronstadt le 10 juillet \ 826.

Voyages du capitaine Parry. — AL Robert Brown a publié, sous le titre de Chloris Melvilliana, la liste des plantes collectées dans l’île de Melville en 1820, parles officiers du premier voyage que dirigeait le capitaine William-Edward Parry pour découvrir un passage au nord-ouest de l’océan Atlantique dans l’océan Pacifique.

Dans cette première entreprise, l’expédition, après être arrivée le 1 4 juin 1 81 9 au cap Farewell, situé au point le plus méridional du Groenland, se met en route et débarque à Possession-Bay. Elle entre dans la baie de Lancastre le 1er août, atteint ensuite l’extrémité occidentale du détroit de Barrow, découvre l’île Melville, dans la Géorgie septentrionale, et jette l’ancre le 26 septembre à Winter-Harbour, petite baie située sur la côte méridionale de cette île. L’expédition y reste emprisonnée pendant trois cent dix jours, les glaces n’ayant commencé à se briser que le 51 juillet 1820. Vers la fin du mois de mai, le capitaine Parry, accompagné du capitaine Sabine et de quelques officiers, avait parcouru l’île de Melville et l’avait traversée dans toute sa longueur. Ayant mis à la voile le 6 août, l’expédition effectue son retour par les détroits de Barrow et de Lancastre et la baie de Baffin.

Les plantes recueillies dans le cours de cette expédition et décrites par AL Robert Brown proviennent particulièrement des environs de AVinter-Harbour. Elles ont été fournies par les herbiers de MM. le capitaine Sabine, Edwards, James-Glark

Ross, le capitaine Parry, Fischer et Beverley, dont les noms sont ici donnés dans l’ordre de Félendue de leurs collections.

Le deuxième voyage du capitaine Parry eut lieu, dans le même but, pendant les années 4 821, 4822 et 4825 sur les bâtiments Fitry et Hecla. Équipés pour trois ans, ces vaisseaux quittent le Little More le 8 mai 4 821, entrent dans le détroit de Davis et se rendent par la baie du Duc-d’York jusqu’à la baie Repuise. L’expédition jette l'ancre le 8 septembre dans le petit golfe nommé Lyon’s-Inlet, et après avoir exploré ce golfe en bateaux , elle arrive dans une baie située à la côte méridionale de Winter-lsland. Dans l’espace de temps qui s’écoule jusqu’à l’arrivée de l’expédition au détroit de Furv-et Hecla, deux excursions ont lieu sous les ordres du capitaine Lyon et du lieutenant Palmer au travers et à l’extrémité nord-ouest de Winter-lsland, et vers le milieu de juillet l’expédition débarque à l’île d’Igloulik et se met en rapport avec les Esquimaux. Le capitaine Parry continue son exploration, fait plusieurs excursions par terre et en bateaux, et après avoir examiné la côte nord-est, il revient à Igloulik pour prendre ses quartiers d’hiver. Retenue par les glaces jusqu’au mois d’août 4 825, l’expédition ne reprit ses travaux qu’à cette époque, mais diverses causes déterminèrent le capitaine Parry à revenir en Angleterre, où il arriva dans le milieu du mois d’octobre.

Le troisième voyage du capitaine Parry n’a fourni qu’un petit nombre d’espèces de plantes, les officiers ayant eu peu d’occasions d’aller à terre et n’ayant visité que des localités très-pauvres sous le rapport de la végétation. Nous ne croyons pas devoir entrer dans le détail de cette nouvelle expédition faite encore sur les bâtiments Furye t Hecla , etqui, partie dans le mois de mai 4 824, était de retour dans le mois d’octobre 1825; nous citerons seulement les localités d’où proviennes les plantes rapportées de ce voyage par le lieutenant James- Clark Ross, et quelques-unes par le chirurgien Allan-Macla-

ren : YVhale-Fish-lslands , cap Warrender, Regent’s lnlet , Port-Bowen et ÎNorth-Somerset.

Une quatrième tentative fut faite en 1827 pour gagner le pôle nord, et le capitaine Parry en fut encore chargé. Il devait partir du Spitzberg et se diriger vers le pôle et sur la glace avec deux bateaux préparés à cet effet Le capitaine Parry, commandant ïlleclci , part de Nore pour cette expédition le 4 avril, se rend à Hammerfest, sur les côtes de la Laponie, et de là au Spitzberg. Le 20 juin, après avoir été contrarié par les glaces et par le temps, il put mettre l’Hecla à l’abri dans une baie du Spitzberg qu’il nomma Hecla-Cove. Le 21 juin, il quitte le vaisseau avec les deux bateaux-traîneaux pour aller à la découverte. On sait toutes les difficultés qu’éprouva l’expédition pour se frayer un passage au milieu des glaces, difficultés telles, qu’on fut obligé de renoncer à continuer ce voyage. Revenu au Spitzberg, où étaient restés les officiers de ïllecla , activement occupés à des observations sur l’histoire naturelle de cette contrée, le capitaine Parry leva l’ancre le 28 août pour revenir en Angleterre; il relâcha aux îles Shetland le 17 septembre, et le 16 octobre il était de retour à Londres.

Docteurs Ehrenberg et Hemprich. — Pendant les années 4 820—1 825 , les docteurs naturalistes C.-G. Ehrenberg et W.-F. Hemprich entreprennent un voyage en Égypte, dans le Dongolah, la Syrie, l’Arabie, et sur la pente orientale de la haute Abyssinie. Ils accompagnaient d’abord le général prussien de Minutoli, qui avait conçu en 1 820 le projet d’un voyage en Égypte et dans les contrées limitrophes, pour la recherche des antiquités. L’Académie des sciences de Berlin lui avait adjoint les docteurs Ehrenberg et Hemprich, chargés d’explorer ces intéressantes contrées sous le rapport des sciences naturelles. La relation de leur expédition se compose de plusieurs parties : 1° voyage d’Alexandrie vers la Cyrénaïque ; 2° voyage dans la Haute-Égypte, le Fayoum et le Dongolah ; 5° voyage au mont Sinaï ; 4° voyage en Syrie et

au Liban ; 5° voyage en Arabie et en Abyssinie. Le docteur Hemprich succomba aux fatigues de ce voyage à Massouah. il avait fait une excursion à Arkiko et au mont Gedam. Outre des graines d’un grand nombre d’espèces de plantes, des échantillons de bois et de denrées médicinales du règne végétal, et des plantes vivantes, À!. Ehrenberg a rapporté près de 5,000 espèces de plantes dont 1 ,055 de l’Égypte et du Dongolah, 700 de l’Arabie et de l’Abyssinie, î,J40 du mont Liban, sur lequel les deux naturalistes n’ont cependant pu s’arrêter que pendant deux mois. Le nombre des échantillons des diverses espèces s’élevait à près de 47,000.

il/. Forbes. — M. John Forbes avait été chargé par la société horticulturale de Londres d’explorer la côte orientale d’Afrique. Parti en février 1822, avec l’expédition commandée par le capitaine William Owen, il avait touché à Lisbonne, Ténériffe, Madère et Rio de Janeiro, et fait, en visitant chacune de ces localités, des collections dans presque toutes les branches de l’histoire naturelle. Ces collections parvinrent à la société d’horticulture avec celles qu’il lui envoya ensuite du cap de Bonne-Espérance, de la baie de Lagoa et de Madagascar. Entraîné quelque temps après par son zèle, et quoiqu’il n’y fût pas obligé par ses instructions, M. Forbes demanda à faire partie d’une expédition qui devait remonter la rivière Zambezi sur la côte est d’Afrique, et mourut dans le cours de cette entreprise à Senna, en août 1825.

M. Georges Don. — Dans le voyage entrepris par M. Georges Don en 1822 et 1825 pour collecter des graines et des plantes destinées à la société d’horticulture de Londres, M. Don visita la côte occidentale de l’Afrique, les côtes du Brésil et New-York. Un des points les plus intéressants qu’il parcourut fut la colonie de Sierra-Leone, où il resta depuis le 18 fé vrier 1822 jusqu’au il avril suivant. 11 explora également avec succès ! île de Saint Thomas, dans le golfe de Guinée.

Voyage de la COQUILLE. — L’expédition du capitaine Dupeney, exécutée sur la corvette la Coquille pendant les années

1822-1825, a été une des plus utiles par les services qu elle a rendus aux sciences. Partie de Toulon le 1 1 août 1822, la Coquille relâche à Ténériffe, à l’île Sainte-Catherine sur la côte du Brésil, au Port-Louis des îles Malouines, double le cap Horn, visite, sur la côte occidentale de l’Amérique, les ports delà Conception au Chili, de Callao et de Payta (Pérou); relâche d’abord à Tahiti le 5 mai 1825, et ensuite à Borabora (îles de la Société), au port Praslin dans la Nouvelle-Irlande, traverse le canal Saint-Georges, communique avec les naturels de 1 île d’York et de la Nouvelle-Bretagne, et arrive (le G septembre 1825) au havre d’Offak, côte nord-ouest de Waigiou, Tune des îles des Papous. Bepartie le 17, la Coquille se rend à Amboine (Moluques), se dirige sur Timor, et, après avoir doublé la pointe méridionale de la Terre de Van-Diémen, arrive à Sydney (Nouvelle-Hollande). Quittant cette ville le 20 mars i 82 5 , après une relâche de deux mois, l’expédition fait voile pour la Nouvelle-Zélande ; elle y aborde le 5 avril dans la baie des lies, et y termine ses travaux le Î7. Après avoir communiqué avec les naturels de l’île de Rotouma, l’expédition explore les îles Mulgraves, reconnaît dans les Carolines plusieurs îles et groupes d’îles, et entre autres l’île d'Oualan ; elle voit une partie de la côte nord de la Nouvelle- Guinée, séjourne au havre de Dory, puis à Sourabaya, traverse de nouveau les Moluques, et revient débarquer à Marseille le 24 mars 1825, après avoir relâché plusieurs jours à l’île de France et dans chacune des îles de Bourbon, de Sainte- Hélène et de l’Ascension. On sait que la botanique de ce voyage a été recueillie par M. Dumont d’Ur ville. Cet officier commandait en second, sous les ordres du capitaine Duperrey, et avec le grade de lieutenant de vaisseau, la-corvette la Coquille. Les Malouines, Payta, les îles de Tahiti et de Borabora, les plaines de Bathurst au delà des Montagnes-Bleues, l archipeî des Carolines, devinrent particulièrement l’objet de ses explorations. Il recueillit pendant cette campagne plus de 5,000 espèces de plantes et plus de 1,100 espèces d’insec-

(es. !1 avait préparé les flores, qui sont restées inédites, de Tahiti, et de l île Oualan (archipel des Carolines). 11 a publié celle des îles Malouines.

Brocchi. — G. -B. Brocchi part de Trieste en septembre 1822, se rend à Alexandrie et de là au Caire, où il arrive le \ er décembre. A la On de ce mois, il part du Caire et traverse le désert oriental jusqu'à Suez sur la mer Bouge. Dans un troisième voyage, il va en Syrie. Il était à Balbek en novembre

1825. 11 avait passé une grande partie de l’année dans les montagnes de Sa Thébaïde et sur les côtes de la mer Rouge, jusqu’aux frontières de la Nubie. Il visite aussi le mont Liban et revient au Caire en mai 4 824 ; il en était parti le 22 août précédent. Son dernier voyage est celui qu’il entreprit pour le Sennaar, le 5 mars 1 825. 11 arriva le 7 juin à Chartum, village de la Nubie, au confluent du Fleuve-Blanc et du Nil, en repartit le 2 novembre, demeura près de sept mois dans le Sennaar, et revint à Chartum, où il mourut le 25 septembre

1826. Ses manuscrits contenaient la liste des plantes qu’il avait recueillies pendant ces divers voyages; son herbier assez riche était disposé en fascicules d’après chaque contrée, et en assez bon état, excepté les plantes du Sennaar.

Docteur Kiber. — La corvette russe le Krotky , commandée par le baron de Wrangell, était de retour en 1827 d’un voyage autour du monde, auquel elle a employé environ deux ans. Le docteur Kiber, naturaliste de l’expédition, a apporté avec lui un certain nombre d’objets d’histoire naturelle et des plantes vivantes.

Voyage de l’ Astrola.be. — Le voyage de la corvette l' Astrolabe, exécuté de 1826 à 1829 sous le commandement du capitaine Dumont-d’Urville, avait pour objet d’explorer quelques-uns des principaux archipels du Grand-Océan, où la Coquille n’avait fait que passer rapidement. Un autre intérêt se rattachait à ce voyage : il s’agissait de chercher à découvrir des traces de la Pérouse et de ses compagnons d’infor- (une, en parcourant les îles et les nombreux écueils où l’on

pouvait supposer que les bâtiments de la Pérouse avaient péri. L’expédition devait, en même temps, se livrer à des recherches dans toutes les branches des sciences naturelles.

Le 22 avril 1 826 la corvette l'Astrolabe, qui n était autre que la Coquille, à laquelle on avait donné ce nom en mémoire d’un des navires de la malheureuse expédition de la Pérouse, levait l’ancre au port de Toulon, et rentrait à celui de Marseille le 25 mars 1829, après avoir accompli, dans l’espace de trente-cinq mois, un voyage d’environ 25,000 lieues. Nous ferons connaître seulement ici les localités dans lesquelles ont été trouvées les plantes ; leur nombre s’élevait à environ 1,600 espèces et à plus de 6,000 échantillons, tous recueillis par M. A. Lesson, pharmacien de l’expédition, et par M. Dumont-d’Urville lui-même au milieu de ses importantes occupations.

1° Nouvelle-Hollande. L’expédition fait quatre relâches sur des points différents du continent australien : au Port du Hoi-George, au Port-Western, à la baie Jerviset au Port-Jackson ; 2° la Nouvelle-Zélande et surtout la baie Tasman, où la corvette séjourne pendant quelque temps; 5° Tongatabou, une des îles des Amis ; 4° le havre Carteret, près du Port-Praslin, à la Nouvelle-Irlande ; 5° le port Dory dans la Nouvelle-Guinée ; 6° différents points des Moluques : Amboine, Célèbes, Bouro ; 7° Hobart-Town, capitale de Van-Diémen ; 8° l’île de Vanikoro, célèbre par le naufrage de la Pérouse ; 9° Guam, île principale de l’archipel des Mariannes; 10° le cap de Bonne-Espérance, où l’Astrolabe séjourna pendant quelque temps; 1 i° et enfin l’île de l’Ascension, dernier point visité par l’expédition.

Docteur C.-H. Mertens . — Le docteur Charles-Henri Mertens, fils du professeur François-Charles Mertens, de Brême, a concouru, comme naturaliste, à l’expédition qui, en 1826, fut envoyée par le gouvernement russe, sous les ordres du capitaine Liitke, pour lever le plan de la partie des côtes de i Asie et de l’Amérique qui appartient à l’empire russe, et

étudier et recueillir les productions naturelles de ces régions. Deux bâtiments, le Seniavine et le Moller , commandés par les capitaines Lütke et Staniukowitsch, transportaient l’expédition qui rapporta à Saint-Pétersbourg une série de dessins remarquables, et de belles collections de zoologie et de botanique à la recherche desquelles contribuèrent encore les naturalistes Alex. Postels et Kastalsky.

Le docteur C.-H. Mertens se trouvait, avec le Seniavine , au Kamtschatka en octobre 1827. L’expédition mit à la voile le 19 de ce mois de la rade de Petropavlovsk (Sainfc-Pierre-et- Saint-Paul), et arriva le 2 2 novembre à llle d’Oualan dans l’archipel des Carolines. Le capitaine Lütke et le docteur Mertens visitèrent plusieurs îles de cet archipel que le capitaine Lütke a partagé en 16 groupes renfermant plusieurs centaines d’îles et d’îlots Un séjour de trois semaines dans llle d’Oualan procura au docteur Mertens une récolte de 170 à 180 espèces de végétaux, environ 50 espèces de poissons, ainsi qu’un grand nombre de mollusques et quelques amphibies Le 18 janvier 1828, l’expédition jeta l’ancre dans le port de Lougounor, qui appartient au groupe des îles Mortlock, au nord des îles Salomon ; elle y resta jusqu’au 27 janvier, et le docteur Mertens y recueillit environ 60 espèces de plantes, pour la plupart les mêmes qu’à Oualan Ayant fait voile au nord-est, on arriva le 17 février dans le golfe de Calderoncde-Apra (île de Guam),où on séjourna jusqu’au 7 mars. Les excursions botaniques y eurent plus de succès qu’à Oualan, malgré la saison défavorable Arrivée aux Carolines, l'expédition en visita les îles occidentales. Le port d’Ouléaï et les îles de Bonin (Monin Sima ou Bonin-Sima), situées dans la partie occidentale de l’archipel de Magellan, contribuèrent ensuite à l’augmentation des collections d’histoire naturelle. Le 28 mai, le Seniavine revenait dans le port de Petropavlovsk. Près de 400 plantes avaient été recueillies dans le cours de ce voyage.

Le docteur Mertens a publié une notice sur une excursion

botanique qu'il a faite, pendant son expédition, au sommet du Werstovoï à la Nouvelle-Arkhangel (île de Sitka), et dans les environs de cet établissement russe.

S .es plantes de Sitka ont été décrites dans les mémoires de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg

Voyages de l'àdyentüRE et du Beagle. — En 1826, les vaisseaux CAdventuve et le Beagle se disposaient, sous le commandement en chef du capitaine P. -Parker King, à faire l’exploration des côtes méridionales de l’Amérique du Sud. ils avaient achevé leurs opérations en 1840. Le capitaine King avait fait embarquer un naturaliste, M. J. Anderson, chargé de préparer des collections botaniques. Des plantes recueillies à la Terre de Feu, où le Beagle se rendit en 1829, après avoir passé quelque temps à Rio de Janeiro, ont été déposées au British Muséum à Londres.

Embarqué comme naturaliste à bord du Beagle , dans un second voyage d’observation fait par ce bâtiment sous les ordres du capitaine Robert Fitz-Roy, de 1 832 à i 836, M. Charles Darwin, petit-fils du poète de ce nom, a envoyé des plantes de l’Amérique méridionale recueillies dans diverses localités entre Maldonado dans le nord et la Terre de Feu dans le sud, y compris les îles Falkland. Des îles de la Société et de Tahiti, où il avait relâché, le Beagle se rendit à la Nouvelle-Zélande, puis, visi tant sur son passage Sydney et le détroit du Roi-Georges, il dirigea sa course vers les îles Keeiing (îles de Corail et de Cocos), situées dans la mer des Indes, au sud-ouest des îles de la Sonde. L’objet principal que l’expédition avait en vue en visitant ces parages était d’étudier la formation des coraux, qui forment la base des îles Keeiing M Darwin s'était chargé de ce travail. 11 a rapporté de ces îles 21 plantes qui ont été décrites par le professeur Hensîow.

Voyage de la Chevrette. — La corvette du roi la Chevrette partait de Toulon le 29 mai 1827 pour un voyage dans la mer des Indes. Les officiers n’avaient pas mission de faire des collections ni meme de s’occuper d’une manière expresse de

l’histoire naturelle, mais ils ont voulu se donner cette tâche et ils l’ont remplie avec le plus grand zèle.

La Chevrette relâche le 27 août à File Bourbon, s’arrête pendant plusieurs jours à Pondichéry, à Madras et à Calcutta. Elle entre à Bangoun, port de l’empire Birman, sur FIraouaddy, le 21 décembre, et y demeure jusqu’au 9 janvier

4 828. Après une seconde relâche à Pondichéry et une autre à Karikal, elle séjourne à Trincomalé sur la côte nord -est de l’île de Ceylan, revient encore à Pondichéry, se rend à Batavia, y reste vingt jours, Iraverse le détroit de la Sonde, et après une quatrième relâche à Pondichéry se rend au cap de Bonne-Espérance, aborde à False-Bay le 2 octobre et y demeure jusqu’au 1 1, qu’elie part pour revenir en France.

C’est sur ces différents points qu’ont été faites les récoltes et les observations des naturalistes. 900 espèces de plantes environ ont été recueillies par M. Beynaud, chirurgien-major de la Chevrette. Les bords de l'iraouaddy surtout et le cap de Bonne-Espérance lui ont offert un grand nombre de plantes.

M. Erman. — Un voyage scientifique, et qui a eu des résultats intéressants pour l’histoire naturelle, est celui qu’exécuta autour du monde, à travers le nord de l’Asie et les deux Océans, M. Adolphe Erman, pendant les années 1828, 1829 et 1850. M. Erman se rendit d’abord de Berlin à Perm dans la Russie européenne, en traversant Riga, Saint-Pétersbourg, Moscou et Kasan. De Perm il se dirigea vers ïékatérinbourg et de là vers le nord, le long du versant oriental de l’Oural . Le 7 octobre 1 828 il entrait à Tobolsk ; il en partait le 2t novembre en suivant le cours de l’Obi pour se rendre à Bérézov, où il arriva quelques jours après. îl quitta cette ville le

5 décembre, et partit avec des traîneaux attelés de rennes pour se rendre à Obdorsk, village situé près de l’embouchure de l’Obi dans la mer Glaciale. Malgré l’intensité du froid, il n’hésita pas à entreprendre un voyage dans les montagnes voisines d’Obdorsk ; il était de retour à Tobolsk vers la Fm

(le décembre. Il se rendit ensuite à Krasnoïarsk, chef-lieu du gouvernement de lénisseïsk, et à Irkoutsk, dans le gouvernement de ce nom. Le 12 février 1829, il se mit en route pour visiter la province de Nertchinsk au delà du lacBaïkal. I! atteignit bientôt Kiakhta sur la limite de l’empire chinois. Bevenu à Irkoutsk, M. Erman n’y séjourna pas longtemps, et se dirigea le long de la Léna vers Yakoutsk; il effectua son départ le 19 mars 1829. Le 21 avril, il se mit en route pour traverser les monts Aldan; le 19 mai il arriva à Okhotsk sur les bords de l’océan Pacifique. Après un voyage à travers la presqu’île du Kamtschatka , M. Erman revint à Berlin en touchant à l’île Sitka, à la Californie, à Tahiti et à Rio de Janeiro.

Voyage (le la Favobite. — Sous le commandement de M. le capitaine de frégate Laplace, la corvette la Favorite terminait le 21 avril 1852 un voyage de vingt-huit mois. Quoique cette expédition ne fût pas entreprise dans un but scientifique, la science en a cependant profité. M. Eydoux, embarqué à bord de la corvette, avait été choisi comme chirurgien à cause de ses connaissances en géographie et en histoire naturelle. La Favorite quitte la rade de Toulon le 50 décembre 1829 ; elle mouille successivement à l’île de Corée, à Bourbon (1er avril 1850), à l’îie de France peu après pour y réparer des avaries à la suite d’un ouragan ; aux Séchelles, à Pondichéry, à Madras, et arrive le 17 juillet à Mazulipatnam et à Coringui, ville indienne à l’une des embouchures du Godaveri. Abandonnant les côtes de l’Inde, elle continue son voyage et visite Malacca, Singapour, Manille, Macao (le 21 novembre), pour de là aller séjourner à Touron, capitale de la Cochinchine, d’abord du 21 décembre au 24 janvier 185!, et puis encore, après l’exploration du golfe du Tonquin, du 21 février au 5 mars. Une autre exploration, celle des archipels Natunas et Anambas, a lieu avant de se rendre à Java (15 avril), où il fallut s’arrêter pour soigner les malades. La Favorite fait un séjour à Sourabaya, à Bézuki et autres

établissements de l'archipel de la Sonde. Elle commence son retour en atterrant sur plusieurs points de l’Australie, à Hobart-Town (Terre de Van-Diémen), au port Jackson (1er juillet au 21 septembre) ; traversant la Nouvelle-Zélande, se portant sur les côtes du Chili à Yalparaiso, et doublant le cap Horn de manière à être rendue à Rio de Janeiro le 23 janvier 1832.

M. Meyen . — Pendant les années 1850, 1851 et 1832, M. F. J. -F. Meyen a entrepris un voyage autour du monde sur le vaisseau la Princesse Louise , commandé par le capitaine W Wendt. Dans le cours de ce voyage, il a séjourné plusieurs mois à la côte ouest de l’Amérique méridionale, a visité Valparaiso et Santiago et est resté quelques jours à Coquimbo et au port de Copiapo SI a visité Tacna et la chaîne occidentale des Cordillères; Puno, sur le bord ouest du lac Titicaca, et ensuite Arequipa, Islay, etc.

M. Meyen a séjourné également aux îles Sandwich, du 22 juin au 22 juillet 1851, et fait une excursion à Honolulu, capitale des Sandwich, sur l’île Woahou. 11 est allé à Manille et y est resté du 16 septembre au 15 octobre. Deux fois il s’est rendu à la côte de Chine et a visité Macao, le cap Sing- Moon, etc.

M. de Hügel. — Les voyages de M. le baron Cari de Hügel offrent assez d’intérêt pour que nous entrions dans quelques détails sur la route qu’il a suivie. M. de Hügel quitte Toulon dans l’été de 1851 ; il visite d’abord la Grèce, la Syrie et la Palestine, l’Égypte, la Nubie et l’Arabie, et atteint Bombay dans l’année 1852. Il parcourt tous les points de la côte occidentale de la péninsule de l’Inde, et, passant par les divers territoires du Dekkan et de la côte de Malabar, il atteint le cap Comorin. Il va à l’île de Ceylan, y reste quatre mois, et retourne dans l’Inde, d’où il se dirige le long de la côte de Coromandel vers Madras. A ce point, il s’embarque pour les îles de P Archipel indien, visite la péninsule de Malacca, Sumatra. Java et quelques-unes des plus petites îles, et, faisant voile

par le détroit de la Sonde, arrive à Swan-River sur la côte ouest de la Nouvelle-Hollande vers la fin de l’année ^855. H examine cette nouvelle colonie, et se rend ensuite à King- George-Sound et de là à la Terre de Van-Diémen et à Sydney, capitale de la Nouvelle-Galles du Sud. Il explore cette dernière localité dans toutes les directions, et étend ses recherches jusqu’aux limites les plus extrêmes de la colonie. Après avoir visité la Nouvelle-Zélande et quelques îles de l’océan Pacifique, M, de Hügel se dirige par les Carolines et les Mariannes à Manille. Au commencement de 1855 il va à Canton et à Macao, s’embarque pour Madras, et fait, sur sa route, quelques courtes excursions à Singapour, Malacca et Pinang. De Madras, il se transporte à Calcutta, se rend par le Gange à Benarès, Aoudh (Oude), Lucknow, Àllahabad, Agra, etc., et visite ensuite Delhi. Au mois de juin, il était à Mansuri dans le district de l’Himalaya. Quelques mois plus tard, il traverse le Setledje à Béiâspour, et arrive en novembre dans la vallée de Cachemyr ; puis, descendant l’Indus jusqu’à Àttock, il parcourt dans sa plus grande étendue le royaume des Seikhs, traverse de nouveau le Setledje à Ladhyânah, visite Delhi et revient à Bombay en mai 1836 pour repasser de là en Europe. Le 18 octobre il arrivait à Londres, après avoir touché au cap de Bonne-Espérance et à Sainte-Hélène.

M. Russegger . — M. Joseph Russegger, conseiller impérial des mines d’Autriche, savant naturaliste et ingénieur, s’est longtemps occupé des mines aurifères de la haute Nubie, dépendant des possessions du vice-roi d’Égypte. De l’année J 855 à 1841 il a parcouru l’Égypte, les côtes de l’Arabie, le Kordofan, la Syrie. Ses travaux ont embrassé non-seulement la géologie et la géognosie, mais encore la botanique et la zoologie.

Voyage de la Vénus. — Le voyage de la frégate la Vénus , commandée par M. le capitaine du Petit-Thouars, a eu des résultats scientifiques d’autant plus remarquables, que la mission de cette frégate était purement politique et com-

merciale. La Vénus quitte Brest le 29 décembre 1856, jette l’ancre à Sainte-Croix de Ténériffe, arrive à Rio de Janeiro, et mouille à Valparaiso, où elle se trouvait le 26 avril 1857. De Callao, où elle était allée en sortant de Valparaiso, elle se rend à Honolulu (îles Sandwich), de là à la baie d’Avatcha dans le Kamtschatka, à Monterev ( haute Californie) et à la baie de la Madeleine (basse Californie ). Elle atteint ensuite Mazatlan sur la côte du Mexique, y reste plusieurs jours, et va à San-Blas et à Acapulco (Mexique). De Valparaiso et de Callao, où elle revient, elle se rend à Payta, se dirige sur l’archipel des Gallapagos, pénètre dans ce groupe d’îles qu’elle quitte pour faire route vers les îles Marquises et ensuite vers Tahiti ; elle jette l’ancre dans la baie de Papéiti, arrive à la baie des lies (Nouvelle-Zélande) devant Korora-Reka, et au port Jackson, passe au sud de la Terre de Van-Diémen et atteint l’île de Bourbon le 5 mars 1859. False-Bay, du cap de Bonne-Espérance, Sainte-Hélène, Tîle de l’Ascension, sont les derniers lieux visités par la Vénus jusqu’à son retour à Brest le 24 juin 1859 après trente mois de navigation . La collection de plantes provenant de ce voyage a été recueillie principalement dans les îles du Grand-Océan.

Voyage du Sülphur. — De 1856 à 184 2, le bâtiment leSidphur , commandé par le capitaine sir Edward Belcher, a effectué un voyage d’exploration jusqu’à l’océan Pacifique et à la côte nord-ouest de l’Amérique. Outre les services que rendit à la botanique, pendant ce voyage, M. Barcley, envoyé par le jardin royal de Kew, deux des officiers, MM. Richard Brisley Hinds, chirurgien de l’expédition, et le docteur Sinclair se distinguèrent par leur ardeur dans la recherche des plantes et par les observations qu’ils firent sur leurs découvertes.

De Panama, où le capitaine Belcher prit le commandement de l’expédition en remplacement du capitaine Beechey, resté malade à Valparaiso, le Sulphur se dirigea vers le nord, touchant à Realejo et Libertad dans l’Amérique centrale, et

en juin 4 857 il atteignit San-BIas, d’où il mit à la voile pour les îles Sandwich ; il y arriva dans le mois suivant.

Il se rendit ensuite à Sitka, ou Nouvelle-Arkhangel, dans le Norfolk-Sound, visita Friendly-Cove dans la baie de Nootka, et de là mit à la voile pour San-Francisco, où l’exploration de la rivière Sacramento occupa l’expédition pendant trente et un jours. Le Siüphur visite Monterey, San-BIas, Acapulco, etc. Après avoir observé le golfe de Papagayo et le port Culebra, l’expédition quitte l’Amérique centrale, s’arrête à l’île des Cocos, et atteint Callao en juin 4 858. Ayant examiné la côte entre Cerro-Azul (port ou baie de Canyete) et Callao, elle part de cette dernière ville dans le mois d’août, fait une station à Payta et à Guayaquil, et revient à Panama au mois d’octobre.

A la suite d’une croisière faite dans les golfes de Fonseca et Nicoya, et dans la baie de Honda, d’octobre 1 858 à mars 1 859, le Sulphur se dirige vers le nord ; il est retenu à la rivière Columbia jusqu’en septembre ; il explore ensuite Bodega, établissement russe près de San-Francisco, observe successivement Monterey, Santa*Barbara, San-Pedro, etc., et se rend à San-Blas et Mazatlan. En janvier 1840 commence son voyage de retour. Il aborde en route aux îles Socorro et Clarion, atteint le groupe des Marquises, et, après une courte station au port Anna-Maria dans l’île de Nouka-Hiva, il se dirige vers Bow-Island. Il visite ensuite Tahiti, Baratonga, Vavao (archipel de Tonga), Noukoulau ou Amboa (Fidji), Tanna (Nouvelles-Hébrides) , Port-Carteret ( Nouvelle- Irlande) , la Nouvelle-Guinée, Bouro et Amboine, et atteint Singapour dans le mois d’octobre de la même année. Le Sulphur a pris une part active dans les opérations qui eurent lieu contre la Chine, jusque vers la fin de l’année 1841. Il était de retour en Angleterre en juillet 1842, après avoir touché à Malacca, Pinang, Sumatra, Point-de-Galle (île de Ceylan), aux îles Seychelles, à Madagascar, au cap de Bonne-Espérance et aux îles de Sainte- Hélène et de l’Ascension.

La partie de pays visitée par le Sulphur à la côte nord-ouest de l’Amérique est celle qui, renfermée entre les deux points extrêmes Port-Etches, dans la baie du Prince-William, et la rivière Columbia, comprend le Port-Mulgrave, Sitka et la baie de Nootka.

Expédition américaine. — De nombreuses observations de physique, de météorologie et de toutes les branches de l’histoire naturelle ont été faites dans le voyage d’exploration aux terres antarctiques exécuté d’après les ordres du gouvernement des États-Unis pendant les années 1858-1842, sous le commandement du lieutenant de marine Charles Wilkes. L’expédition, arrivée à Rio de Janeiro, y resta depuis le 24 novembre 1858 jusqu’au 6 janvier 1859 ; de ce point elle se rendit au Rio-Negro, où elle resta six jours, puis après avoir doublé le cap Horn elle mouilla au port Orange sur la Terre de Feu. Ici l’expédition se divisa. Nous ne suivrons pas chaque bâtiment dans sa course, mais nous citerons les principaux points visités. On se rendit aux îles Shetland, à Valparaiso et à Callao, et Ton se dirigea sur l’archipel Pomotou pour l’examiner. Deux des bâtiments se rejoignirent à l’île Rose, la plus orientale des îles des Navigateurs, afin d’explorer les îles orientales du groupe. Le 4 9 novembre, tous les bâtiments de l’expédition se réunirent au port Apia, et l’on fit route pour Sydney. De ce lieu on partit pour la Nouvelle- Zélande. La baie des lies, les îles des Amis, les îles Fidji, celles des Navigateurs, les Sandwich, l’île de Woahou, furent successivement visitées jusqu’au 27 avril 1841, où l’expédition arriva à l’entrée de la Columbia. M. Wilkes se dirigea sur le détroit de Juan-de-Fuca et alla mouiller dans le port Discovery de Vancouver, et ensuite à Nisqualy. Deux expéditions furent organisées par terre : la première traversa la chaîne de montagnes au nord du mont Ranier, gagna ensuite la Columbia, se rendit à Colville, traversa vers le sud et atteignit de nouveau la Columbia. La seconde s’y rendit par la route de Covvlilz, visita le Fort- Vancouver et la vallée du

Willamette. Un nombreux détachement fut expédié du Fort- Vancouver vers la Californie en suivant le Sacramento depuis sa partie supérieure jusqu’à son embouchure dans le port San-Francisco, où le détachement rejoignit l’expédition à la fin d’octobre. L’expédition partit ensuite de ce port pour traverser la partie septentrionale du Grand-Océan, puis, rentrant dans le grand archipel indien en doublant l’île de Manille par le nord avec deux bâtiments, tandis qu’un autre, qui avait reçu l’ordre de visiter les îles Strong et Ascension, dans les Carolines, arrivait aux Philippines par le détroit de San-Bernardino , elle se réunit encore une fois à Manille ; des travaux importants furent exécutés dans les détroits de Mindoro et de Basilan, dans les îles Soulou et le détroit de Balabac. M. Wilkes gagna ensuite Singapour, traversa les

détroits de Banca et de la Sonde, et rentra à New-York le 9 juin -1842 après une absence de près de quatre ans.

La botanique n’a point été négligée au milieu des travaux hydrographiques les plus étendus, des observations de magnétisme et de météorologie, des recherches de zoologie, de géologie, etc., qui ont occupé les savants attachés à cette expédition. Grâce au zèle de M. Bich et des autres botanistes, près de 10,000 espèces et de 50,000 échantillons ont élé recueillis dans le voyage (1); des plantes vivantes ont été rapportées

(1) Nombre des espèces collectées en différents lieux:

Madère

Iles Fidgi

Cap- Vert

îles de Corail

Brésil

Iles Sandwich

Rio-Negro (Patagonie)

Orégon

Terre de Feu

Californie

Chili

Manille

Oî

te

Pérou

Singapour

Tahiti ....

Mindanao

Samoa (île des Navigateurs).

Iles Soulou et Mangsi

Nouvelles-Galles du Sud

Cap de Bonne-Espérance. . .

Nouvelle-Zélande

Iles Auckland

Sainte-Hélène

Tongatabou

ainsi que des sections de tige et des spécimens de bois, et une belle collection de dessins relatifs aux diverses branches de l’histoire naturelle. La géographique botanique a été aussi étudiée d’une manière toute spéciale. Pendant le voyage, les naturalistes eurent deux fois l’occasion de visiter, dans la saison la plus favorable, la chaîne des Andes quelque temps avant qu’elle fût couverte de neige, d’abord au Chili et ensuite au Pérou.

Voyage des vaisseaux Erebus et Terror. — Les naturalistes du voyage au pôle antarctique des bâtiments Erebus et Terror sous la direction du capitaine James-Clark Ross, ont encore rendu de grands services à la botanique. Ce voyage a eu lieu pendant les années \ 859-1 845 ; il avait pour but de faire des recherches sur le phénomène du magnétisme terrestre, et d aller à la découverte dans les hautes latitudes méridionales. Les officiers étaient en outre chargés de recueillir les divers objets d’histoire naturelle que pourraient leur procurer des contrées non explorées jusqu’alors.

L’expédition mit à la voile de Chatham le 29 septembre 1859. Après avoir touché à Madère et à Sainte-Hélène, elle arriva au cap de Bonne-Espérance, le 4 avril \ 840. Quittant la baie de Simon, elle continue sa route et jette l’ancre le J 2 mai à Christmas-Harbour dans l’île de Kerguelen, appelée par Cook île de la Désolation, où deux mois et demi de séjour permirent de récolter toutes les plantes que Cook y avait trouvées dans son troisième voyage. L’expédition quitta cette île le 20 juillet, et arriva dans la rivière Denvent (Terre de Van- Diémen) le 16 août. Le 12 novembre, elle partait d’Hobart- Town pour son premier voyage au pôle Sud, pendant lequel on recueillit quelques plantes aux îles Auckland et à l’île Campbell. Revenue à Hobart-Town en avril 1841, l’expédition part le 7 juillet, et, après une courte visite à Sydney, elle jette l’ancre en août dans la baie des lies (Nouvelle-Zélande ) et y reste trois mois.

Le second voyage d’exploration fut commencé le 15 no-

vembre. On mouilla à Berkeley-Sound le 6 avril 1842. Un séjour prolongé (d’avril à septembre) dans les îles Falkland (ou Malouines) permit d’explorer amplement ce groupe sous le rapport botanique. Le 2\ septembre on arrive à la baie de Saint-Martin dans l île de l’Hermite (au cap Horn), où l’on retrouve une partie des plantes recueillies pendant le premier voyage de Cook par sir Joseph Banks et Solander, et par Forster dans le deuxième voyage, ainsi que les plantes découvertes par Menzies avec le navigateur Vancouver.

Le troisième voyage de l’expédition, commencé le 17 décembre, amena les deux bâtiments Erebus et Ténor à File Cockburn, et, après avoir navigué dans les glaces, au cap de Bonne-Espérance le 4 avril 1845.

M. le docteur Joseph Dalton Hooker, attaché à l’expédition comme aide-chirurgien de /’ Erebus, était chargé des travaux et des recherches botaniques pendant le voyage. Trois autres officiers, MM. Lyall, le lieutenant Smith et Davis, ont contribué principalement de leur côté à recueillir des plantes. M. Lyall, botaniste à bord du navire Terror , a formé un herbier important, composé d’environ J, 500 espèces.

VOYAGES PARTICULIERS

Nous avons réuni, sous ce titre, les principaux voyages entrepris dans des régions déterminées, et qui ont eu la botanique pour objet.

Nous n’avons cité qu’une petite partie des nombreux botanistes qui ont fait des voyages ou des explorations scientifiques dans les pays qu’ils habitent. Leur énumération par trop longue n’eût offert d’ailleurs que peu d’utilité ou d’intérêt.

EUROPE

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