SUR LE NOMBRE TOTAL DES VÉGÉTAUX DU GLOBE
Nous venons de voir que le nombre des plantes connues aujourd’hui et décrites par les botanistes s’élève à 95,000 environ. Ce nombre paraît devoir aller plus loin encore, mais U serait difficile de déterminer à quelle limite il s’arrêtera, c’est à-dire quelle peut être la quantité toiale des espèces différentes de végétaux répandues sur la surface de la terre. On ne saurait en fixer le chiffre que d’une manière approximative.
Les évaluations varient à mesure que de nouvelles découvertes amènent de nouvelles richesses. Nous ne sommes plus au temps de Linné qui élevait à peine à 10,000 la totalité des plantes composant la flore de notre globe. Aujourd’hui une seule famille, celle des Composées, atteint presque ce nombre, puisque, comme nous l’avons vu plus haut, elle renferme à peu près 9,500 espèces.
Àdanson, qui évaluait à 18,000 le nombre des plantes connues de son temps (1765), comparant à ce chiffre celui que pourraient fournir les pays encore inexplorés, portait à 25,000 la quantité des espèces à découvrir (1).
(1) Il est curieux de revenir, après un intervalle de quatre-vingts ans, sur ces diverses évaluations. En voici les tableaux tels que les a donnés Adanson dans ses Familles des Plantes.
1® Nombre d’espèces connues .
Un seul royaume de l’Europe, tel que la France ou l’Angleterre, produit 5,000 espèces de plantes toutes différentes. . . 5,000
L’Espagne, l’Italie et les pays du nord de l’Europe
en ont fourni de plus. 2,000
Le Levant et autres pays orientaux 2,000
L’Amérique depuis le Canada jusqu’au Mississipi. . 1,000
La terre ferme de l’Amérique, depuis le Mississipi
jusqu’à Surinam 1,000
Les Iles de l’Amérique 1,000
A reporter. . . 10,000
Ses évaluations des espèces étaient, au reste, en rapport avec celles qu’il donnait pour les familles et les genres : « Il reste à faire, dit-il, un grand ouvrage qui, en perfectionnant les connaissances acquises en botanique, ajoute, auxSS familles que nous connaissons, les 4 ou 5 familles qu’on peut raisonnablement croire qui nous manquent, et aux 1 ,600 genres les 4 à 600 qui restent à découvrir. »
En \ 81 5, M. Alexandre de Humboldt élevait à 44,000 le chiffre des plantes connues, décrites ou conservées dans les herbiers, dont 6,000 cryptogames.
Report. . . 10,000
Le Brésil et le Pérou 1,000
La côte de Barbarie et une partie de l’Egypte. . . 1,000
Le Cap de Bonne- Espérance 1,000
L’île Ceylan et la côte Malabar. ...... 1,000
Les îles Moluques 1,000
Les îles Philippines et la Chine 1,000
Variétés à ajouter à tout ce nombre d’espèces bien distinctes 2,000
Total dans lequel on a supprimé les répétitions de plantes qui se rencontrent dans des climats semblables 18,000
2° Nombre d’espèces à découvrir.
Tout l’intérieur inconnu de l’Afrique peut fournir au
moins 5,000 plantes nouvelles 5,000
L’intérieur de l’Asie 5,000
L’île de Madagascar 4,000
Les îles de France, Rodrigue et adjacentes. . . . 1,000
Les montagnes du Pérou. 2,000
Surinam et Cayenne 2,000
L’Amérique méridionale, depuis le Brésil jusqu'à la
Terre de Feu. 4,000
Les îles de la Mer du Sud 1 ,000
Enfin les terres australes qui restent à découvrir et qui égaleront vraisemblablement une des quatre parties du monde connu 5,000
Total 25,000
M. De Candolle évaluait à 120,000 le nombre des végétaux qui existent.
M. Roemer porte ce nombre à trois fois celui des plantes décrites jusqu’à présent, c’est-à-dire de 250 à 500,000 ; M. Endlicher adopte le chiffre de 250,000; mais ces dernières évaluations sont vraisemblablement trop élevées, car en ajoutant aux espèces déjà connues le nombre de celles que l’on peut présumer, par comparaison, devoir composer la flore des pays non encore explorés, on n’arrive pas à un lofai aussi fort que les nombres de MM. Roemer et Endlicher.
11 nous semble qu’un chiffre assez probable serait celui qui porterait ce total de 4 50 à 4 50,000.