‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 176 sur 257 · MONTS ALTAÏ · texte numérisé non relu

MONTS ALTAÏ

MM. Ledebour , Meyer et Bunge. — M. le conseiller d’État Charles-Frédéric Ledebour, professeur de botanique à l’université de Dorpat, avait soumis à cette université le plan d’une expédition scientifique dans l’Altaï, et aussitôt que son projet eut été agréé par le gouvernement, il se mit en route par Saint-Pétersbourg et Moscou avec deux de ses anciens élèves, MM. les docteurs C.-A. Meyer et A. de Bunge, qui devaient le seconder dans ses recherches d’histoire naturelle. Son intention était d’arriver au printemps en Sibérie, d’y passer toute la belle saison, et de ne la quitter qu’au commencement de l’hiver. Il traversa la Russie au mois de janvier \ 826, passa en hâte par les villes de Kasan, Perm et Iékatérinbourg sur l’iset, et se rendit par la ville d’ïrbit à Tobolsk : il y arriva le 26 février. De la steppe d’Ichim, M. Ledebour se dirigea vers la ville d’Omsk et atteignit Barnaoul le 9 mars. Là il fut convenu que les trois voyageurs se sépareraient pour aller explorer chacun une contrée particulière. Ainsi, tandis que M. Ledebour parcourait la partie de la steppe située entre l’Obi et l’irtyche, et traversait les hautes montagnes situées à l’ouest et au sud-ouest de la chaîne altaïque,

la vallée du Tcharych, le Koksoun, le haut Khatangha et le Bouchtarma sur les frontières de la Russie, la chaîne orientale de l’Altaï était explorée par le docteur de Bunge, qui séjourna longtemps dans les districts du bas Khatangha, de Tchouïa , de Bachkaus et de Tchoulychman. Le docteur Meyer, pendant ce temps, remontait l’Irtyche jusqu’à Noor- Saisan (lac Dzaïsang), ce qui lui permit de visiter les montagnes orientales de Kourtchoum, situées dans l’empire chinois, aussi bien que le Dolen-Khara et Arkoul ; de là, prenant sa route vers l’ouest, il traversa Somgoripsa, la steppe des Kirghiz et particulièrement les territoires d’Ablaïkit et Semipolatinsk. 11 passa ensuite sur les chaînes montagneuses de Tchinghistau, Kent, Kou, et Kar-Karali jusqu’à Altin-Sou et aux sources de la Noura. La géographie, la statistique, la zoologie et la minéralogie ne furent pas négligées dans ce voyage. Quant à ses résultats botaniques, ils sont consignés dans la Flora Altaïca publiée par les trois voyageurs, et qui ne contient pas moins de \ ,626 espèces de plantes décrites.

A son retour de Péking, où il avait accompagné la mission ecclésiastique qui s’y rendit, M. le docteur de Bunge explora en \ 852 la partie orientale de la grande chaîne des Monts Altaï avec tant de succès, qu’il en rapporta 550 espèces de plantes, parmi lesquelles plusieurs, entièrement nouvelles, sont venues former un supplément à la Flora Altaïca de M. Ledebour.

M. Politoff. — Un second supplément à la flore de l’Altaï a été fourni par un élève de M. Gebler, M. Politoff, qui a recueilli des plantes dans le voisinage de Noor Saisan (lac Dzaïsang), et sur les bords de l’Jrtyche. Sa collection, contenant 551 espèces, a été rassemblée pendant une excursion qu’il a faite aux frais de l’Académie impériale de Saint-Pétersbourg, dans l’été de 1 858.

MM. Karélin et Kirïlow. — MM. G.-R. Karélin et J.Kirilow ont fait, en 4 840, un voyage dans les régions altaïques et les pays qui les avoisinent. M. Karélin visita Barnaoul, et ayant envoyé son aide et compagnon, M. Kirilow, pour parcourir la

pente méridionale des monts Tarbagataï, il se fixa à Semipolatinsk. M. Karélin a exploré, pendant cette expédition, des lieux peu connus, tels que les chaînes de montagnes de Tarbagataï et Mongrok, le ruisseau et le cours des eaux du Black-Irtyche, et la route qui mène de la Russie aux provinces les plus éloignées de la Chine.

L’été de 1841 devait être consacré par M. Karélin aux monts Sayansk, au delà de l’Irtyche, et à l’exploration de la Dzoungarie et des Kirghiz Semiretchinski (ou des sept rivières). L’hiver suivant, il avait le projet de se fixer dans le gouvernement d’irkoutsk, et d’atteindre au mois de mars les rives du lac Balkach. Avant d’avoir accompli ces projets, M. Karélin avait déjà récolté, outre les objets de zoologie et de minéralogie, plus de 58,000 échantillons de plantes.

Le catalogue des plantes recueillies par ces deux naturalistes, en \ 840, dans les régions altaïques fait monter le nombre des espèces à 959.

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