SIBÉRIE
Messerschmid.— Messerschmid, médecin et naturaliste, né à Dantzig, et recommandé à Pierre-le-Grand par le savant Breynius, ouvrit au monde scientifique les vastes trésors de la région jusqu’alors inconnue du royaume de Sibérie. Son voyage, qui commença en 1719, fut continué jusqu’en 1727, et s’étendit sur la plus grande partie de ce pays. 11 parcourut les bords de l’Obi, ou Ob, et de l’irtyche, la Daourie et les monts Ouraliens.
Jean-Georges Gmelin. — Sleller. — - Gmelin fit partie de la caravane savante chargée, en 1755, par l’Académie de Saint- Pétersbourg d’explorer la Sibérie et de pousser ses recherches jusqu’au Kamtschatka. Le navigateur Béring avait proposé, quelque temps après son retour de sa première expédition, de faire un second voyage au Kamtschatka ; sa proposition ayant été agréée, Gmelin, médecin allemand, professeur à Saint-Pétersbourg et membre de l’Académie, s’offrit pour recueillir dans le cours de ce voyage tout ce qu’on rencontrerait de remarquable ou de curieux parmi les animaux, les plantes, les minéraux, etc. M. Louis de Liste de la Croyère, aussi membre de l’Académie et second professeur d’astronomie, s’offrit également pour faire ce voyage. Quelque temps après, le savant Müller (Gérard-Frédéric), autre académicien, se présenta pour accompagner ses deux collègues et écrire l’histoire du voyage. Parmi les étudiants qui faisaient partie de l’expédition se trouvait Étienne Krascheninikoff’, devenu depuis associé et membre de l’Académie impériale de Saint- Pétersbourg, et le premier Russe de naissance qui se soit distingué comme botaniste. Le capitaine Béring partit le 4 8 avril 1755, et les académiciens ayant obtenu la faculté d’aller par terre se mirent en route le 8 août. Ils entrèrent dans la Sibé—
rie vers la fin de l’année, et trouvèrent au mois de janvier, à Tobolsk, le capitaine Béring. M. de la Croyère se rendit de son côté à l’embouchure de la rivière d’ilim et à Irkoutsk, et de là, par le lac Baïkal, à Sélenghinsk et à la rivière d’Argoun. Gmelin et MüSler s’embarquèrent sur l’Irtyche, en visitèrent les contrées surtout les plus orientales jusqu’à l’Obi et aux confins desKalmouks, et s’avancèrent jusqu’à Irkoutsk. Dans l’année 4 755, ils visitent les pays situés de l’autre côté du lac Baïkal. Au printemps de 4 756, les trois académiciens étaient rassemblés aux environs du haut Léna. En 4 758, Gmelin et Müller parcourent les pays arrosés par les rivières d’Angara et de Toungouska. Ils passèrent l’année suivante et toute l’année 4 740 à suivre les bords du Iénisséï et à reconnaître les pays qui s’étendent entre ce fleuve et l’Obi. En 4744, ils se portèrent dans les vastes plaines des Barabintses et de Llchim ; ils virent en 4 742 une grande partie des contrées de l’Iset jusqu’au laïk (Oural) dans le district d’Astrakhan. A la fin de 4 742 ils quittèrent la Sibérie, et revinrent à Saint-Pétersbourg vers le milieu de février 4 745.
Dans le courant de ce voyage, M. Krascheninikoff avait été envoyé au Kamtschatka ; il partit d’Yakoutsk en 4 757. Gette excursion donna l’occasion à ce jeune botaniste de recueillir plusieurs plantes nouvelles. En 4 740, M. Müller se dirigea vers les contrées du bas Obi et de l’Iset, dans le pays de Verkhotourié et dans les montagnes où il recueillit avec soin tout ce qu’il put rencontrer en plantes, en minéraux, etc., qu’il remit à Gmelin avec les dessins qu’il en avait fait faire et toutes ses notes.
Georges-Guillaume Steller, adjoint de l’Académie, et qui avait demandé à faire partie de cette expédition, rejoignit les voyageurs à Iénisséïsk, vers la fin de 1758. 11 offrit de luimême d’entreprendre le voyage du Kamtschatka, et partit au commencement de 4 759. 11 fit un grand nombre d’observations tant aux environs d’Irkoutsk, dont le territoire lui fournit une ample collection de plantes, qu’au lac Baïkal, au
lleuve Bargousin, etc. 11 fut rendu au Kamtschatka en 1740. En allant d’irkoutsk au Kamtschatka, il observa les plantes des bords de la Léna, et à celles qu’avait ramassées Gmelin dans ces mêmes lieux il en ajouta beaucoup d’autres qu’il recueillit entre Irkoutsk et le port d’Okhta.
Steller accompagna le capitaine Béring dans la troisième expédition de ce navigateur, partie de la baie d’Àvatcha, sur la côte orientale du Kamtschatka, le 4 juin 1741. Steller explora, dans le cours de ce voyage, plusieurs îles jusqu’alors inconnues. L’île de Béring lui procura seule près de 200 espèces de plantes.
Laxmann. — Le révérend Éric Laxmann, professeur à Saint-Pétersbourg, fit plusieurs découvertes botaniques en Sibérie. La description de ses plantes a été donnée dans les nouveaux commentaires de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, en 1771 et 1774.
Falk el Georgi. — De 1768 à 1775, J. -P. Falk, élève de Linné, explore les bouches du Volga, les steppes des Kalmouks et des Kirghiz, les rives de l’irtyche, Tomsk et Barnaoul.
J. -T. Georgi, qui fit avec Falk une partie de ces excursions, et accompagna ensuite le voyageur Pallas, a parcouru le gouvernement d’irkoutsk, les rives du lac Baïkal, la Daourie, etc.
Pallas. — En 1768, l’impératrice Catherine 11 charge l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg d’envoyer, avec ceux de ses astronomes qui devaient aller en Sibérie observer le passage de Vénus sur le disque du soleil, des savants capables de rechercher et de faire mieux connaître les richesses naturelles de l’empire. L’Académie désigne pour remplir cette mission Pierre-Simon Pallas, Iwan Lepeehin, J. -A. Güldenstædt, S. -G. Gmelin neveu, N. Rytschkof fils, J. -T. Georgi, etc. Pallas part de Saint-Pétersbourg le 21 juin 1768, passe par Moscou, Vladimir, Mourom, Arzamas, Kazan; parcourt cette dernière province, et hiverne à Simbirsk. 11
se remet en marche au mois de mars {769, prend sa route par Samara et Orenbourg, arrive à Gouriev, visite les bords de la mer Caspienne, revient dans la province d’Orenbourg, et arrive à Oufa, où il passe l’hiver. Après avoir examiné les contrées voisines, il part le 16 mai 1770, traverse les monts Ourals jusqu’à Iékatérinbourg, visite les mines de ce district, passe à Tchéliabinsk, petite forteresse dans le gouvernement d’Orenbourg, et arrive à Tobolsk au mois de décembre. En 1771, il traverse les monts Altaï, suit le cours de l’irtvche jusqu’à Omsk et Kolyvan, se rend à Tomsk, et arrive enfin à Krasnoïarsk, ville située sur l’iénisséï. Il part de cette ville le 7 mars 1772, prend la route d’Irkoutsket traverse le lac Baïkal pour se rendre à Oudinsk, à Sélenghinsk et à Kiakhta. Il côtoie les rivières d’Ingoda et d’Argoun, arrive au fleuve Amour, retourne ensuite à Sélenghinsk et reste un second hiver à Krasnoïarsk, 11 emploie l’été de S 775 à visiter les contrées méridionales, passe à Tara, Jaïtskoï-Gorodok, Astrakhan et Tzaritzin. 11 fait de nouveaux voyages au printemps suivant, et arrive à Saint-Pétersbourg le 50 juillet 1774, après une absence de six ans et un mois.
Voyage du commodore Billings . — L’expédition ordonnée par l'impératrice Catherine II, en 4 785 , et placée sous le commandement du capitaine-lieutenant , depuis commodore Joseph Billings, avait pour objet principal de déterminer la longitude et la latitude de l’embouchure de la Kovyma, de décrire la situation du grand promontoire des Tchoutskis jusqu’au cap Est, de tracer une carte exacte des îles de l’océan Oriental jusque sur les côtes américaines, en un mot de perfectionner les connaissances qu’on pouvait avoir acquises sur les mers entre la Sibérie et le continent d’Amérique. JVL Patrin, sur la recommandation de l'allas, avait été désigné pour accompagner le capitaine Billings comme botaniste et minéralogiste, mais sa santé ne lui permettant pas d’habiter les climats du Nord, M. le docteur Merck, médecin de l’hôpital d’Irkoutsk, fut choisi comme naturaliste de l’expédition ,
et il eut pour aide M. John Main, jeune médecin anglais, qui s’engagea volontairement à le suivre.
Toutes les personnes attachées à l’expédition se trouvaient réunies à ïrkoutsk dans le mois de février \ 786. On en partit dans le mois de mai pour se rendre à Yakoutsk, et de là à Okhotsk, à Virchnoï-Kovyma et à Nijnéi-Kovyma, où l’expédition arriva le J 9 juin J 787. Elle fit ensuite une tentative dans les glaces, et revint à Nijnéi-Kovyma. Quelques excursions dans le pays, et des recherches sur l’histoire naturelle de la Kovyma, eurent lieu jusqu’au retour à Yakoutsk, d’où l’on se rendit, le \ \ août J 788, à Okhotsk ; c’était dans cette ville que l’expédition devait se mettre en mer. Le 1er octobre 1789, elle entrait dans le port de Saint-Pierre -et-Saint-Paul, au Kamtschatka, et en partait dans le mois de mai. Les îles d’Ounalachka et de Kadiak, dans l’archipel des Aléoutiennes, la rade du Prince-Guillaume, furent principalement visitées jusqu’au 14 octobre 1790, où l’expédition revenait au Kamtschatka. L’expédition retourne ensuite à Ounalachka, et se rend à la baie de Saint-Laurent, sur la côte des Tchoutskis. Le 1 2 août \ 791 , le capitaine Billings quitte le vaisseau pour se rendre par terre sur les bords de la Kovyma où l’accompagnent, entre autres personnes, le docteur Merck et M. Main ; ils gagnent la côte méridionale, et arrivent, après les plus grandes difficultés, sur les bords de l’Angarka, toujours dans le pays des Tchoutskis. Le J 5 janvier J 794 tous les officiers de l’expédition étaient réunis à ïrkoutsk, et partaient, vers la fin du mois, pour retourner à Saint-Pétersbourg par la même route qu’ils avaient suivie en venant.
Nous avons vu, page 522, que les plantes rapportées de ce voyage par le docteur Merck se trouvaient dans l’herbier de Pallas, qui appartient maintenant au British Muséum.
M. Sievers. — En 1790, M. J. Sievers, correspondant de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, fit partie d’une expédition envoyée aux frontières de la Chine, dans le but d’obtenir des informations sur la plante qui four-
nit la rhubarbe. M. Sievers explora toute la chaîne des montagnes, depuis les monts Ourals jusqu’à la Daourie, ainsi que les monts Altaï, les Kirghiz et les steppes de la Dzoungarie, recueillant un grand nombre de plantes et de graines qu’il communiqua à ses amis, et particulièrement à Pallas qui en publia quelques décades dans les Acta Pelropolilana. Il revint à Saint-Pétersbourg en 1 795.
MM. Adams et Redowski. — Une ambassade extraordinaire, destinée pour la Chine, et qui devait partir de Saint-Pétersbourg au commencement du printemps de 1805, offrait à l’Académie de cette ville une occasion trop favorable d’être utile aux sciences pour qu’elle n’en profitât pas avec empressement. Deux de ses membres adjoints furent désignés, l’un comme zoologiste et l’autre comme botaniste de l’expédition ; c’étaient MM. Adams, connu par son voyage au Caucase avec le comte Mussin-Puschkin, et M. Redowski. Ils partirent de Saint-Pétersbourg avec les autres savants faisant partie de l’expédition, vers la fin de mai et le commencement de juin, avec des instructions de l’Académie, et se rendirent à Irkoutsk, lieu du ralliement de l’ambassade. Les envois fréquents et les rapports faits à l’Académie pendant cette route par les membres de l’expédition, prouvent combien ce voyage aurait pu devenir fructueux s’il eût été possible de le continuer jusqu’à Péking. Le but de la mission ayant été manqué, les naturalistes attachés à l’ambassade reçurent d’autres instructions et une destination différente. M. Adams fut envoyé à Yakoutsk pour descendre de ce point la Léna, jusqu’à son embouchure, faire des observations sur l’état physique des pays que ce fleuve arrose, et rassembler sur ce chemin et sur la côte de la mer Glaciale des objets des trois règnes de la nature. Il rapporta de son voyage un grand nombre de plantes, dont les plus intéressantes ont été décrites dans les Annales de la société des naturalistes de Moscou.
M. Redowski, parti d’Yakoutsk, traversa la haute chaîne des monts Aldan et arriva à Oudskoï-Ostrog et ensuite à
Okhotsk. Si devait se rendre de là au Kamtschatka, mais sa mort à Ijighinsk vint détruire les espérances qu’on était en droit de concevoir de ce voyage projeté. Une petite portion de ses plantes se trouve à l’Académie de Saint-Pétersbourg ; une autre portion étant tombée dans les mains de M. Chamisso pendant qu’il était au Kamtschatka, ce botaniste a publié plusieurs especes choisies parmi les plus rares. D’autres plantes nouvelles recueillies par M. Rcdowski ont encore été décrites par l’académicien Rudolphi.
M Adams a décrit quelques-unes des plantes de la Sibérie, surtout de la partie orientale, qu’il récolta en i 805 et 4 806.
Expédition du baron de Wrangell. — Au mois de mars \ 820 une expédition, sous le commandement de M. le lieutenant baron de Wrangell (actuellement contre-amiral), était envoyée par l’empereur Alexandre pour s’assurer, concurremment avec une autre expédition commandée par le lieutenant de marine Anjou, s’il existait un grand continent arctique dans la mer Glaciale, et d’autre part pour relever les cotes de la mer Glaciale, de l’Olének, vers l’est, jusqu’au delà du cap Nord. Nous ne parlerons ici que de l’expédition placée sous les ordres de M. de Wrangell, auquel on adjoignit deux officiers de marine ; M. le docteur Kiber accompagna l’expédition en qualité de naturaliste.
Au mois de mars 1820, M. le baron de Wrangell partit de Saint-Pétersbourg pour se rendre par terre à Irkoutsk, où il arrivait le 18 mai. S’étant embarqué sur la Léna, il descendit cette rivière jusqu’à Yakoutsk, puis il se rendit au village de Nijnéi-Kolymsk, sur la Kovyma (ou Kolyma), qui devint pendant trois ans son séjour habituel et le centre de toutes ses opérations. Durant ces trois années, M. de Wrangell, outre différentes excursions dans les environs, fait quatre grands voyages à la mer Glaciale et le long de ses côtes Dans le cours de sa première exploration, il atteignit le cap Chèlagsk le 5 mars 1821 et revint après vingt-
trois jours d’absence. M. Kiber explora pendant l’été les rives de l’Aniouy. Le 1 0 mars 4 822, M. de Wrangell se mit en route pour un autre voyage; il se rendit au cap Baranoff-Kamèn, et releva les côtes de l’Océan à partir de l’embouchure de la Kolyma. Enfin M. de Wrangell, ayant reçu l’ordre de retourner en Russie, quitta Nijnéi-Kolymsk le 1er novembre 1825. A Verkhoïansk il éprouva un froid de 42 degrés et demi Réaumur. Il arriva à Saint-Pétersbourg le 4 5 août 4 824.
Docteur Peters. — Le médecin Peters, qui, en 4 828-4 850, accompagna le capitaine Hagemeister dans son voyage autour du monde, sur un vaisseau russe, a rapporté surtout des plantes du Ivamtschatka.
M. Tui xzaninow . — M. Nicolas Turczaninow fut envoyé par l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg pour explorer la flore de la Sibérie orientale. Il visita, pendant les années 4 828-4 855, le gouvernement d’irkoutsk, la Daourie et les steppes mongoliennes. M. Besser, qui a donné une énumération des plantes de la flore du Baïkal, a composé son catalogue sur les matériaux rapportés par M. Turczaninow. La région à laquelle appartiennent ces plantes comprend les parties méridionale et orientale de l’immense gouvernement d’irkoutsk, en s’étendant au sud-est jusqu’à la mer d’Okhotsk, et au nordest jusqu’au Ivamtschatka. Une liste publiée par M. Turczaninow dans un journal russe indique 4 ,055 espèces de phanérogames et de fougères. D’autres plantes ont été ajoutées par M. Besser à son énumération ; elles sont dues en grande partie à MM. Fischer, Marschall Bieberstein et Steven.
MM. de Humboldt , Ehrenberg et Rose . — Le voyage fait, en 4829, sous les auspices de l’empereur Nicolas, par M. Alexandre de Humboldt, accompagné de MM. Ehrenberg et Gustave Rose, aux mines de l’Oural et de l’Altaï, aux frontières de la Dzoungarie chinoise et à la mer Caspienne, a donné lieu aux observations les plus importantes et à des collections géologiques, botaniques et zoologiques de l’Oura), de l’Altaï, de l’Obi, de l’Irtyche et d’Orenbourg. Parfis de Saint-Pétersbourg
ie 8 mai, la route de ces trois voyageurs fut par Moscou, Nijnii-Novgorod, et de là sur le Volga, à Kasan et aux ruines de la ville tatare de Boulgari. De Kasan ils remontent l’Oural par les vallées de Koungour et Perm. Ils emploient un mois à visiter les mines d’or de Borisovsk et les mines de malachite de Goumeselevski et de Tagilsk. Après avoir parcouru le nord de l’Oural par Verkhotourié et Bogesîavsk, ils partent de lékatérinbourg le 0 juillet par Tobolsk pour visiter l’Altaï et le haut Irtyche, et se rendent ensuite par le fortin de Boukhtorma et de Krasnoï-Iar à Baty, où se trouve établi un des postes chinois de la Dzoungarie.
Les collections géologiques recueillies par M. de Humboldt et déposées au Muséum de Berlin sont plus complètes que celles qui avaient été jusqu’alors rapportées de cette partie de l’Asie en Europe. M. Ehrenberg, à qui ses précédents voyages en Nubie, dans le Dongolah et en Abyssinie ont fourni de nombreux moyens de comparaison, s’est occupé de la distribution géographique des plantes entre le Volga, l’irtyche et l’Obi, et entre le nord de l’Oural et la steppe des Kirghiz.
M. Schrenk. — M. Al. Schrenk, qui antérieurement et pendant trois années consécutives avait parcouru le pays des Samoyèdes et la Laponie russe, a visité dans ces derniers temps (en 1 840 et 1841) les steppes des Kirghiz russes, le long de la frontière de la Chine jusqu’à la chaîne des monts Ala- Tau. 11 a publié l’énumération des plantes qu’il a recueillies dans la Dzoungarie, et principalement dans son voyage aux lacs Balkhachi-Noor et Alak-tou-Goul, et aux montagnes élevées d’Ala-Tau et de Tarbagataï.
M . Midclendorlf. — Le professeur Middendorff, envoyé par l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, a accompli, en 1845, un voyage des plus hasardeux. 11 partit de Touroukhanslc sur le Iénisséi, et traversa le Tundra (désert neigeux situé vers l’océan Glacial) jusqu’à la rivière Tyrnurah, où il arriva dans le mois d’avril. Il atteignit la mer vers le mois d’août, mais la température était basse, et tout faisait
présager des tempêtes de neige. Se sentant trop mal pour avancer, le docteur Middendorff fut obligé d’envoyer ses compagnons chercher du secours et de rester seul, malade, n’ayant pour abri qu’un trou formé par la neige, et pour toute subsistance qu’un morceau de son chien et une espèce de coq de bruyère dont il avait pu heureusement s’emparer. Dixhuit jours se passèrent dans cette cruelle situation. Enfin il se rappela qu’il possédait çncore des échantillons de zoologie conservés dans l’alcool, et ayant bu quelques gouttes de cette liqueur, il se sentit en état de marcher. D’une hauteur sur laquelle il se trouvait, quelque chose lui apparut à l’horizon : c’était ses compagnons qui venaient vers lui et qui amenaient avec eux plusieurs Samoyèdes.