ARABIE
Forskcil. — En 4 761, Pierre Forskal, élève de Linné, accompagne Niebuhr en Arabie Frédéric Y, roi de Danemark, avait décidé qu’uhe société de gens de lettres serait envoyée dans ce pays avec mission de s’y livrer à des recherches scientifiques. Cinq personnes furent désignées pour ce voyage. Avec Niebuhr se trouvaient le professeur Frédéric-Chrétien Von Haven, qui avait étudié à fond les langues orientales, le professeur Forskal, l’histoire naturelle, le docteur Chrétien-Charles Cramer, médecin, et Georges-Guillaume Baurenfeind. Ce dernier était chargé de dessiner et ensuite de graver les productions naturelles, les vases, les habillements, etc. Le voyage devait avoir lieu d’abord de Copenhague à Tranquebar pour gagner de là le golfe d’Arabie ; mais comme ce long trajet
ne donnait pas lieu à beaucoup d’observations, ils dirigèrent leur route par l’Égypte au golfe d’Arabie. Le 4 janvier 4 761 ils mettent à la voile de Copenhague pour Smyrne. Après s’être arrêtés quelque temps à Constantinople, ils se mirent en chemin pour l’Égypte, le golfe arabique et l’Yémen. Ils comptaient y demeurer deux à trois ans et revenir par Bassora et par Alep, mais ils n’arrivèrent à l’Yémen qu’à la fin de décembre 4 762. Niebuhr perdit en peu de temps ses compagnons de voyage. Yon Haven mourut à Mokka le 25 mai 4 765, et Forskal le 4 4 juillet à Jerim, autre ville de l’Yémen. Niebuhr, après cet événement, prit la résolution de se rendre à Bombay, mais M. Baurenfeind mourut dans la traversée près de l’île de Socotora le 29 août, etM. Cramer finit ses jours à Bombay le 4 0 février 4764. Niebuhr continua son voyage, se rendit en Perse et revint de Bassora par terre jusqu’à Copenha-
gue, six ans après avoir quitté cette ville. Vahl a fait connaître une partie des plantes de ce voyage.
M. Berggren. — M. Berggren, aumônier de la légation suédoise à Constantinople, a fait en 4 819 et 1820 de nombreuses excursions dans la presqu’île qui termine la Turquie d’Europe et dans la Syrie et l’Arabie, sur le littoral de la Méditerranée. Ses plantes, déterminées par G. Wahlenberg, appartiennent à deux régions : 1° à la presqu’île de Thrace et à d’autres endroits du Bosphore ainsi qu’aux environs de Buïuk- Déré (environ 407 espèces) ; 2° et à la côte occidentale de l’Asie-Mineure et surtout de la Syrie, du nord au sud ou du bord de la mer aux montagnes (205 espèces). M. Berggren est allé au mont Liban, à Damas, à Alep, à Jérusalem, à Saint- Jean-d’Acre, etc.
M. Boita. — M. Botta, naturaliste- voyageur du Muséum d’histoire naturelle de Paris, fait en 1856 un voyage dans l’Yémen. Arrivé à Hodeida, il se rend peu après à Zébid, visite une partie des montagnes et atteint le sommet du mont Saber, près de la ville de Taaz, que n’avait pas visité Forskal.
MM. Schubert , Erclt et Botli. — En 1857, les docteurs de Schubert, Erdl et Roth font un voyage en Orient, et rapportent des plantes principalement de l’Egypte et du Caire, de Tor et du mont Sinaï dans l’Arabie Pétrée, des environs d’Hebron et du mont Liban dans la Syrie.
■ V ogage de la Prévoyante. — Le but principal de la mission confiée à M. Jehenne, commandant de la gabare la Prévoyanteétait de rapporter de l’Yémen des semences et de \
jeunes plants du cafier de l’Arabie pour en renouveler l’espèce dans les colonies françaises. La mission de M. le commandant Jehenne, assisté de MM. Pervillé et Noël, et secondé par le zèle de M. le lieutenant de vaisseau Passama, chef de la caravane expédiée dans l’intérieur de l’Yémen, a duré plus de quatorze mois depuis le départ de M. Jehenne de Bourbon en 4 841 jusqu’à son retour à Lorient le 8 décembre 1842, après avoir parcouru la mer d’Arabie et une partie
de la mer Rouge, après avoir traversé deux fois l’Atlantique, s’être arrêté aux Séchelles, à Bombay, à Socotora, à Moka, à Aden, au cap de Bonne-Espérance, à Cayenne, aux Antilles, etc.
M. Passama, parti de Moka, suivit la route à travers la plaine par Yakhtoul, Rouba, Roués, Zahari, Moushish et la ville de Hès.