‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 198 sur 257 · BRÉSIL · texte numérisé non relu

BRÉSIL

Jean de Leri. — Leri a été un des premiers à appeler l’attention des savants sur la végétation particulière de l’Amérique. Il fit partie de l’expédition que la compagnie des pasteurs de Genève envoya au Brésil en 1556 pour aider à y former une colonie de protestants. Il arriva en mars 1557 dans la baie de Rio de Janeiro, séjourna plusieurs mois dans une petite île où le fort dit de Coligny avait été construit ,par l’expédition. Leri visita les lieux voisins, et quitta le Brésil le 4 janvier 1 558.

Marcgrave et Pison. — Georges Marcgrave, médecin allemand, né à Liebstadt, passa au service du comte de Nassau, gouverneur des établissements hollandais au Brésil, en 1656, visita les contrées voisines des côtes, depuis Rio-Grande jusqu’au sud de Pernambouc. Guillaume Pison, médecin et naturaliste hollandais qui avait suivi le comte de Nassau, concourut avec Marcgrave aux recherches scientifiques dont le résultat fut publié plus tard.

VandeUi cl Vclloso, — On doit à Vellozo, élève de Domi

nique Vandelli, de Padoue, et auteur de la Flora Fluminensis, la plupart des espèces de plantes des provinces de Rio de Janeiro et de Minas-Geraes que Vandelli publia en 4 774 et 1788. Pendant une résidence de plusieurs années à Mariana, il recueillit et décrivit une grande partie des plantes provenant des environs de cette ville.

Docteur Ferreira. — Les collections du docteur portugais Alexandre Rodriguez Ferreira sont déposées à Lisbonne. Ce naturaliste fut envoyé en 1785 par le ministre de la marine pour faire des observations d’histoire naturelle et former des collections dans les provinces de Para, Rio-Negro et Matto- Grosso. 11 arriva en octobre à Para, où il resta, ainsi que dans File de Marajo, pendant une année entière. L’année suivante, il remonta l’Amazone, accompagnant le gouverneur de Para, et visita le Rio-Negro et le Rio-Rranco, aux limites nordouest du Rrésil. En août 1788, il s’embarqua sur la rivière Madeira, et après un voyage pénible, qui dura treize mois, il arriva à Villa-Rella, capitale de la province de Matto-Grosso. 11 retourna à Para en 4 795. Là, il embarqua ses collections de zoologie, de botanique, de minéralogie, etc., pour Lisbonne, où il fut nommé directeur du Muséum d’histoire naturelle et du jardin botanique.

Sieber. — Sieber fut le premier Allemand qui recueillit des plantes dans le Brésil. Le comte d’Hofïmansegg, connu par ses voyages en Portugal, envoya Sieber au Brésil pour collecter des insectes, et il rapporta une collection considérable de plantes sèches, quelques-unes des environs de Para, et d’autres de Villa-Viçosa (autrefois Cameta) sur la gauche du Tocantins.

Docteur Gomez. — Freijo. — Le docteur Bernard ino-Antonio Gomez a décrit en 4 812 plusieurs plantes intéressantes du Brésil qu’il avait recueillies pendant sa résidence dans cette contrée.

En autre Portugais, Joam da Silva Freijo, a publié à Rio de Janeiro, en 4 84 5, des notes sur l’histoire naturelle de la pro~

vince de Ceara, où il résida plusieurs années, après avoir fait un voyage aux îles du Cap-Vert.

M. le prince deNeuwiecL — -M. le prince Maximilien de Neuwied visite le Brésil de 4 815 à 1817, et parcourt la cote qui s’étend au nord de Rio de Janeiro jusqu’à Bahia. Ayant quitté Londres le 15 mai i 81 5, il arrive à Rio de Janeiro et se prépare à son voyage dans l'intérieur. Deux naturalistes, Sellow et Freyreiss, devaient accompagner M. le prince de Neuwied le long de la côte orientale jusqu’à Caravellas et l’aider dans ses recherches.

De Rio de Janeiro, d’où ils partent le 4 août, nos voyageurs se dirigent vers le cap Frio par Praya-Grande, la Serra de Inua et San-Pedro ; se rendent à Villa de San-Salvador, sur la rive méridionale du Parahyba, continuent leur voyage au nord le long de la côte, arrivent au Rio Itapemirim et à Viîla-Velha do Espirito-Santo, dans la province d’Espirito- Santo, séjournent dans cette ville, font une excursion au Rio- Doce, du Rio-Doce à Caravellas, au Rio d’Alcobaça et au Mucuri.

Le 25 juillet 4 816, MM. Freyreiss et Sellow étant restés sur le Mucuri, M. le prince de Neuwied se rend de Caravellas au Rio-Grande de Belmonte par Porto-Seguro et Villa da Santa- Cruz, et séjourne sur le Rio et chez les Botocudos. 11 fait ensuite un voyage au Rio dos-IIheos et à San-Pedro d’Alcantara, dernier établissement en remontant le fleuve, et se dispose, dans le mois de janvier 4 84 7, à se rendre, à travers les forêts, à Barra-da-Vareda dans le Sertao (désert) jusqu’aux confins de la province de Minas-Geraes, et de là à Bahia par Arrayal da Conquista. 11 effectue ce voyage, fait un court séjour à Bahia, et s’embarque le 4 0 mai pour revenir en Europe.

M. Freyreiss. — M. G.-W. Freyreiss, de Francfort, employé quelque temps comme aide-naturaliste auprès de M. Langsdorff, suivit M. le prince de Neuwied dans une partie du voyage que nous venons de mentionner. 11 fit aussi, aux frais

du consul de Suède, des collections pour les herbiers d’Upsal et de Stockholm. Après un voyage à Minas-Geraes, il se rendit avec un de ses compatriotes, M. Sauerlander, aux Iiheos, d’où ils envoyèrent des collections d’histoire naturelle à l’institution de Senkenberg, dans leur ville natale.

MM. Mikan , Sclioit et Pohl. — Le mariage du prince royal Don Pedro donna lieu, en 4817, à l’expédition des naturalistes autrichiens que MM. de Martius et Spix accompagnèrent, comme on l’a vu précédemment, page 250. Le professeur J. -G. Mikan de Prague, M. Henri Schott, depuis inspecteur du jardin impérial de botanique de Schœnbrunn, le docteur Pohl, et M. Ruchberger, botaniste peintre, avaient été chargés de la partie botanique du voyage. M. Mikan, pendant une résidence d’une année, observa particulièrement la flore des environs de Rio de Janeiro, et voyagea ensuite le long de la côte jusqu’au cap Frio. 11 a publié quelques-unes de ses découvertes dans son bel ouvrage intitulé : Delectus FLoræ et Faunœ Brasiliensis.

M. Schott herborisa aux environs de Rio de Janeiro et envoya des plantes vivantes au jardin impérial de Vienne. Il fit en outre plusieurs excursions depuis Rio jusqu’aux Campos sur les rivières Parahiba et Parahibuna, au travers du district de Canto-Gallo et jusqu’au Macacu. 11 fut ensuite aidé par le jardinier Schucht, et un herbier de plusieurs milliers de plantes rares et intéressantes fut le résultat de ces travaux.

Le docteur Pohl entreprit un voyage plus étendu. Parti de Rio de Janeiro, il visite la ville d’Angra dos Reys, et entre dans la province de Minas-Geraes. Après avoir traversé San- Joaô-del-Rey, San-Pedro de Alcantara, Paracatu-do-Principe et les déserts du Rio San-Marco, il pénètre par les monts de Cristal (serra dos Cristaes) dans la province de Goyaz. Ayant parcouru principalement le pays qui s’étend à l’ouest du Rio- Claro, et pris sa route vers le nord, il arriva par Pilar, Trahiras, etc., jusqu’à la ville de Palma près du fleuve de ce nom. Il continue son voyage par terre jusqu’à l’extrémité de

îa province, et descend le fleuve Maranham ou Tocantins jusqu a l’Aldea des Indiens sauvages, Cocal-Grande. Revenant sur ses pas, il se dirige à l’orient par Carmo, Natividade, Cavalcante, etc. ; rentre dans la province de Minas-Geraes, se rend à Villa-doBom-Successo, et traversant le district de Minas- Novas, parvient près de la petite rivière de Jiquitinhonha jusqu’aux cataractes de Salto-Grande, au delà du hameau de San-MigueS, voisin du pays des sauvages Botocudos. 11 revint ensuite à Rio de Janeiro par Fanado, Villa-do-Principe et Villa-Rica.

Pohl évaluait à 40,000 le nombre des échantillons de plantes qu’il avait rapportés de ce voyage, parmi lesquels il comptait 5,000 espèces, la plupart nouvelles.

J. Raddi. — A la même époque où les naturalistes autrichiens se rendaient au Brésil, le grand-duc de Toscane y envoyait de son côté le botaniste Joseph Baddi. Ce savant séjourna au Brésil pendant les années 1 81 7 et 1 81 8, et y forma des collections de zoologie et de botanique.

Envoyé en Égypte pour en observer les productions naturelles, Raddi est mort à Rhodes en 1829 après avoir achevé son expédition. 11 revenait alors d’Égypte en Toscane.

MM. Langsdorff et Riedel. — M. Langsdorff, qui a résidé à Rio de Janeiro comme consul général de Russie, a recueilli les productions du district de Rio, particulièrement celles de la montagne des Orgues et d’une partie de la côte à Cabo- Frio. Il s’était embarqué en 1822 avec une colonie de Badois destinée à cultiver les vastes propriétés qu’il possédait au Brésil.

Mais là ne se sont point bornés les voyages de M. Langsdorff dans cette partie de l’Amérique méridionale.

L’expédition russe qui, en 1820, fut placée sous sa direction était chargée d’explorer le Brésil sous le rapport de l’histoire naturelle. M. L. Riedel faisait partie de cette expédition comme botaniste.

Embarqué à Saint-Pétersbourg dans l’automne de l’année

4 820, M. Riedel se trouva au Brésil au commencement de 1821 . Ses premières recherches s’étendirent dans la province de Bahia et à la comarca dos Ilheos. Il voyagea ensuite'sur les bords des rivières Una et Itahype jusqu’à ce qu’il arrivât aux immenses forêts primitives habitées par les sauvages Kamakans, et rejoignit l’expédition à Rio de Janeiro. Dans l’année 1825 il borna ses excursions à la province de Rio de Janeiro, et l’année suivante il entreprit un voyage dans la province de Minas-Geraes ; il en visita les montagnes ainsi que celles du district des Diamants. De Rio de* Janeiro, où il était revenu, il partit en 4 825 pour la province de Saint-Paul, en suivant d’abord la rivière Parahiba. 11 rejoignit M. Langsdorff à la ville de Saint-Paul, et dirigea ses recherches vers les environs de Campinas, Ytu, Sorocaba et Ypanema. L’année suivante il se rendit dans les parties méridionales de cette province, et traversa le tropique du Capricorne.

Dans le mois d’avril de la même année, il passa de nouveau à Ypanema et arriva à Porto-Feliz, où il joignit M. Langsdorff, et s’embarqua avec lui et toute l’expédition sur le Tiété. Au bout de deux mois ils atteignirent la rivière Parana et se dirigèrent vers la grande cataracte d’Urupupunga ( salto du Yiubu-Pungu). Après un voyage de deux mois sur le Rio-Pardo, un des tributaires du Parana, ils arrivèrent sur le sommet de la montagne Camapuan et séjournèrent un mois dans les environs, où M. Riedel recueillit une riche collection de plantes. Il s’embarque ensuite sur la rivière Cochim, descend le Taguary , arrive à l’embouchure du San Lourenço, et voyage sept mois en remontant ce fleuve. En septembre 4 827, M. Langsdorff se détermine à faire un voyage sur les rivières Arinos et Topayos, et sur l’Amazone; mais, pour étendre cette nouvelle entreprise sur une plus large échelle, M,. Riedel convient avec lui qu’il entreprendra un voyage séparément à Matto-Grosso, et qu’il prendra de là sa direction sur les rivières Guaporé, Mamoré et Madeira jusqu’à l’Amazone ; les deux voyageurs devaient se réunir après

sept à dix mois de séparation à la villa de San-José do Rio- Negro. Arrivé à la villa de Borba, ML Riedel apprend que M. Langsdorff se. trouvait à Santarem dangereusement ma lade ; il se rend à San-José, espérant y trouver un navire pour Santarem ou Para ; il ne peut s’embarquer que deux mois après sur un grand bateau qu’il achète. Il arrive à Santarem. M. Langsdorff avait quitté cette ville depuis quatre mois, se dirigeant sur Para. M. Riedel reste plusieurs semaines à Santarem, parcourant tous les environs, s’embarque le ^décembre, et arrive à Para le 10 janvier 1829. Il y trouve M. Langsdorff très-malade et hors d’état de continuer le voyage qu’ils avaient projeté sur l’Amazone et le Rio-Negro. L’expédition reprend la route de Rio de Janeiro. M. Riedel reste quelques mois dans cette ville occupé à préparer une collection de plantes vivantes pour le jardin impérial de botanique de Saint-Pétersbourg, et s’embarque dans le mois de mai -1 850.

Avant cette expédition, M. Riedel avait fait à ses frais un voyage dans la province de Bahia. Les plantes qu’il y recueillit, jointes à celles qu’il avait été autorisé à conserver pour lui-même dans l’expédition de M Langsdorff, s’élevaient à près de 60,000 échantillons et 8,000 espèces environ. En arrivant à Saint-Pétersbourg, il offrit cette grande collection au Musée dujardin impérial de botanique.

Chargé d’entreprendre un second voyage au Brésil, M. Riedel partit de Saint-Pétersbourg dans les premiers jours du mois de mars 184J, et visita particulièrement la province de Goyaz.

Mistriss Graham.— Une dame anglaise, mistriss Maria Graham, maintenant lady Calcott, a envoyé aux naturalistes anglais des plantes sèches et des dessins qu’elle a faits pendant son séjour au Brésil. Partie en juillet 1821, elle passe à Madère et à Ténériffe, et arrive en septembre à Pernambouc, d’où elle se rendit à Bahia et à Rio de Janeiro. Elle était dans cette dernière ville le 4 5 décembre. Lady Calcott revint

une seconde fois à Rio de Janeiro en J 825, et fit une excursion à Santa-Cruz.

M. Burchell. — M. Burcheii, bien connu par son voyage en Afrique, a parcouru le Brésil, toujours dans un but scientifique. Il avait formé le plan d’un voyage au travers du continent de l’Amérique méridionale, depuis Rio de Janeiro jusqu’au Pérou, revenant par Mendoza et Buenos-Ayres. Pour accomplir son projet, M. Burchell quitte l’Angleterre en mars 1825, accompagnant sir Charles Stuart qui se rendait à Rio de Janeiro, chargé d’une mission diplomatique. M. Burchell emportait avec lui, entre autres objets, une collection d’instruments de mathématiques et d’astronomie. Il passe deux mois à Lisbonne et dans le voisinage, et débarque en juillet à Rio de Janeiro, où il reste jusqu’en septembre J 820. Pendant ce temps il prépare des collections de botanique, d’entomologie, de géologie, etc., et se livre à des observations astronomiques et géodésiques. 11 visite aussi une portion de la province de Minas-Geraes. De Rio M. Burchell se rend par mer à Santos, où il reste trois mois explorant les districts environnants. Il s’établit, à Cubatao, dans une hutte solitaire, au milieu des forêts, pour être plus à portée d’étudier les productions de la grande chaîne de montagnes au pied de laquelle il se trouve ; il y reste deux mois. 11 se rend ensuite à la ville de Saint-Paul (San-Pauîo), presque sous le tropique du Capricorne, et de là pendant sept mois il étend ses recherches dans diverses directions. Prenant sa route vers le nord, il séjourne neuf mois à Goyaz ; c’est le premier Anglais qui soit entré dans la province de ce nom. 11 y passe la saison des pluies, en 1827, et continue à faire de nombreuses collections. Dans le mois d’avril 1828 il calculait que son herbier renfermait plus de 5,000 espèces; la partie entomologique était huit ou neuf fois plus considérable que celle qu’il avait recueillie en Afrique*

Des circonstances particulières Payant forcé de modifier le plan de son voyage, M. Burchell prend le parti, au lieu de

terminer par Buenos-Ayres, de se rendre à Para et de s’y embarquer pour l’Angleterre. De Goyaz, M. Burchell se dirigea vers le nord, et en 1828 il atteignit Porto-Real. Obligé d’attendre la saison convenable pour s’embarquer et descendre la rivière, il en profita pour compléter ses observations astronomiques et former des collections dans des lieux qu’aucun voyageur scientifique n’avait encore visités. 11 arriva enfin à la ville de Para en juin 1 829, où il attendit, jusqu’au mois de février suivant, l’occasion de s’embarquer pour l’Angleterre.

Le nombre des plantes récoltées par M. Burchell lui-même

dans leur lieu natal et dans diverses parties du monde a été évalué par lui à 15,000 espèces. Les plantes provenant de son voyage au Brésil s’élèveraient à 7,000 espèces, y compris le petit nombre de celles qu’il a recueillies dans le Portugal, à Madère et à Ténériffe.

il/. Morin. — Le voyageur prussien Moritz, qui se proposait de descendre le haut Orénoque jusqu’au Rio-Negro et jusqu’à Varinas, n’ayant pu accomplir son projet, est resté plusieurs mois dans les établissements des missionnaires sur la rivière Carani ; il est revenu en Europe en 1857, rapportant avec lui des collections considérables de botanique et de zoologie qui ont été ajoutées au Muséum et au jardin botanique de Berlin.

Voyageurs divers. — Frey Leandro de Sacramento, de l’ordre des carmélites, professeur à l’école de médecine de Rio de Janeiro, a envoyé quelques collections de plantes sèches au Muséum d’histoire naturelle de Paris et à l’Académie royale des sciences de Munich. — MM. Lund, docteur Dollinger, Luschnacht, à Rio de Janeiro; M. Beyrich, envoyé par le jardin de Berlin, ont transmis des plantes du Brésil qui se trouvent décrites dans différents ouvrages.— M. Lhotsky a fait parvenir des plantes recueillies par le médecin A -L. Patricio da Silva Monse pendant une résidence de plusieurs années à Cujaba* — M. le baron de Karwinski a visité Rio de Janeiro et herborisé dans les montagnes des Orgues. — Des

envois de plantes sèches recueillies par le docteur Kegnell, médecin et naturaliste suisse, au Brésil (Villa de Caldas), sont arrivés en Europe dans les premiers mois de l’année 1845.

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