DISPOSITION DE LA BIBLIOTHEQUE BOTANIQUE DE
Nous avons vu, dans la première partie de ce livre, les plantes de l’herbier de M. Delessert classées et rangées, et nous avons pu apprécier l’étendue considérable de cette collection ; il nous reste maintenant à jeter un coup d’œil sur la bibliothèque qui renferme les ouvrages généraux et particuliers écrits à diverses époques et dans des langues différentes sur toutes les plantes, depuis l’humble mousse jusqu’au palmier gigantesque, et sur toutes les parties de la science depuis les livres les plus élémentaires jusqu’aux plus hautes dissertations scientifiques.
Plusieurs galeries du musée de M. Delessert sont occupées par les livres classés aussi méthodiquement que le permet le format d’ouvrages si différents et si variés. Le format qui tend de plus en plus à s’agrandir par suite des perfectionnements apportés dans la fabrication du papier, est tellement exagéré pour quelques-uns des volumes de la bibliothèque, que leur
placement est devenu impossible même dans les corps de bibliothèque qui reçoivent les plus grands in-folios d’autrefois.
Pour mieux saisir l’ensemble de cette grande réunion de livres, nous partagerons les matières dont ils traitent en plusieurs divisions : la première comprendra les livres élémentaires qui nous enseignent les principes sur lesquels reposent l’étude et la connaissance de la botanique, et nous donnent les moyens de distinguer et de classer les plantes. Viendra ensuite la physique végétale , qui s’occupe de la structure intérieure des végétaux, et nous fait pénétrer dans les mystères de leur organisation. Ces notions indispensables une fois acquises permettent d’étudier isolément les plantes, de les déterminer à l’aide des livres où leur classification et leur signalement sont établis, et voici, après les ouvrages généraux descriptifs, les flores qui ont pour objet la description des plantes appartenant à une localité déterminée, et les monographies, c’est-à-dire les mémoires qui traitent, d'une manière toute spéciale, d’un objet particulier, et qui en présentent l’histoire complète. Ailleurs, les végétaux seront observés sous un point de vue différent : celui de leur dissémination à la surface de la terre, ce qui amène l’examen des causes physiques qui influent sur l’existence de telle plante ou de tel groupe de plantes dans une localité ou une région indiquée, et constitue cette branche de la science, à laquelle on a donné le nom de géographie botanique.
La botanique appliquée considère les végétaux dans leurs rapports avec l’homme. Elle se subdivise en plusieurs sections, que leurs noms désignent suffisamment, tels que botanique médicale , agricole , industrielle, etc.
Les poèmes, les histoires de la science, les éloges, etc., composent une sorte de littérature botanique que nous ferons entrer dans une section séparée.
Les ouvrages consacrés aux plantes cryptogames et aux végétaux fossiles , formeront encore de nouvelles divisions Après • 53
les dictionnaires d’histoire naturelle, les journaux de botanique, les mémoires des Académies et des Sociétés savantes, nous arrivons aux traités généraux , aux livres qui s’occupent de l’histoire naturelle des pays, et aux nombreuses relations de voyages, qui toutes ont un rapport plus ou moins direct avec la botanique.
Envisagées de cette manière, les grandes divisions que nous venons d’établir pourraient, afin d’être mieux saisies, se trouver rapprochées comme nous essayons de le montrer dans le tableau suivant.